SARAH CONSTANTIN : « NON, JE NE REGRETTE RIEN »

25 novembre 2019

MAREZ-VOUS SANS BALET, DIXIT SARAH CONSTANTIN

 

1.

 

Les victoires féminines à Genève, Vaud, Fribourg sont-elles de même nature que celle de Marianne Maret en Valais ?

Si la question insinue que la victoire des femmes dans les autres cantons est d’une nature différente de celle de Marianne Maret, je dirais qu’il est compliqué de comparer les scrutins des différents États. Les enjeux sont variés en termes de représentation hommes/femmes, forces conservatrices/progressives ou encore particularités cantonales. Toutefois, ils avaient de commun la question de la représentativité des genres qui était centrale. La victoire de Marianne Maret n’a pas moins de valeur que celles des autres femmes élues au Conseil des États.

 

2.

 

Si c’était à refaire, auriez-vous retenu votre langue jouissive contre le balai orange ?

Non, c’était une bonne manière de mettre en avant les différentes manières d’être une politicienne. De tout temps les électeurs ont eu le choix entre de nombreuses personnalités masculines, il n’était pas juste de demander aux femmes valaisannes de se reconnaître en une seule. Le jour où les politiciennes seront équitablement représentées en politique, le peuple aura un réel choix.

 

3.

 

Auriez-vous espéré, après votre « gaffe » sur facebook, que Marianne Maret prenne publiquement votre défense par solidarité féminine ?

À aucun moment cela m’a traversé l’esprit. Dans le sens où je n’ai pas commis de faux-pas politique, je n’ai pas besoin que l’on prenne ma défense, ni par solidarité féminine ni par solidarité partisane. 

 

 

4.

 

La victoire féminine en Valais lors de l’élection au Conseil aux Etats n’est-elle pas une vraie défaite pour les féministes valaisannes ?

Tout dépend de la définition du féminisme, qui est, selon moi, pluriel. Élire une femme n’est pas un échec en tant que tel, car les jeunes filles ont besoin d’exemples qui montrent que c’est possible, et Marianne Maret en est un. Élire Mathias Reynard aurait été en accord avec mes valeurs, dont ma vision du féminisme. À mon avis, la cause féministe telle que je l’entends aurait été mieux défendue par mon camarade. Ici réside l’essence de la question qui a tiraillé nombre d’électrices : devons-nous nous cantonner exclusivement à la représentation des genres alors qu’un candidat propose justement un bilan concret pour faire avancer une équitable représentation de ceux-ci ?

 

 

5.

 

Votre sens « masturbatoire » du coup d’éclat ne devrait-il pas vous inciter à présenter votre candidature au PS pour remplacer votre camarade Esther, dans la mesure où l’on ne sent pas une extrême motivation chez Mathias Reynard ?

Si le sens du coup d’éclat suffisait à être élue, ça se saurait. Et ça serait un peu navrant car réducteur de la diversité des engagements politiques. Le mien se base avant tout sur le travail que je fournis au Grand Conseil pour faire avancer les causes que je défends. Ce travail ne faisant que commencer, j’ai encore plusieurs jalons à poser avant d’envisager une carrière au parlement fédéral ou à l’exécutif cantonal. Et, heureusement, le PSVR ne se limite pas à deux personnalités.

 

 

6.

 

Ne devez-vous pas admettre que l’on peut être femme, ne pas craindre la masturbation et ne pas être en accord avec Solidarité Femmes ?

L’essentiel est que l’on puisse être femme, homme ou autre et penser ce que l’on veut. Donc non seulement je l’admets, mais j’en suis convaincue. Il existe de nombreuses associations féministes en Valais, du moins suffisamment pour que chacun/e qui désire s’engager puisse se reconnaître dans l’une d’elles.

 

7.

 

Votre trait d’esprit langagier a-t-il eu des conséquences dans le cadre de votre activité professionnelle ?

Comme dans tous les milieux, cela a engendré des réactions diverses. Cependant, mon engagement politique est parfaitement dissocié de mon travail et il ne m’a jamais valu de conséquences négatives.

 

 

8.

 

Franchement, à qui pouvez-vous faire gober le fait que votre démission de Solidarité Femmes puisse être sans lien avec les critiques qui se sont abattues sur votre personne à la suite de votre intervention sur les réseaux sociaux ?

Si je n’avais pas décidé de démissionner à l’entre-deux tours, je n’aurais pas posté cette phrase. N’en déplaise à ceux qui pensent que je l’ai fait sans réfléchir.

 

 

9.

 

Sarah Constantin est une égérie du mouvement des Femen en France. Qui serait son pendant en Valais dans votre esprit ?

Je ne vois pas de pendant à mon homonyme française en Valais, peut-être de par le caractère extraordinaire, au sens propre du terme, de son engagement. Cependant, le Collectif Femmes* Valais a pour ressemblances avec le mouvement Femen son côté apolitique et ses revendications. La manière de les défendre diffère un peu…

 

 

10.

 

Le balai est-il incompatible avec le plaisir solitaire, en l’absence du mari à la maison ?

Tant le balai que le plaisir solitaire (quand bien même ils seraient associés pour une tâche commune) n’ont pas de rapport avec la présence ou non d’un partenaire à la maison.

 

11.

 

On a fondu sur Sarah Constantin et on a accepté le mot de René Berthod sur facebook proposant à Ada Marra de rentrer dans son pays d’origine après sa défaite électorale. Que vous inspire cette comparaison ?

Si je n’étais pas députée, coprésidente de Solidarité Femmes et enseignante, mon post n’aurait pas soulevé tant de réactions. Cependant, nous remarquons qu’un post raciste ne crée que peu d’émoi et c’est cela qui est dramatique. L’onanisme serait-il un tabou et le racisme une norme ?

 

 

12.

 

Que vous inspire une femme d’aujourd’hui qui ne cuisinerait pas du tout ?

Une aubaine pour les restaurateurs locaux ?

Plus sérieusement, rien du tout. L’essentiel étant que chacun/e puisse vivre comme bon lui semble, loin des stéréotypes de genre.

 

13.

 

L’égalité salariale et télévisuelle dans le football suisse serait-elle le nec plus ultra ?

L’égalité salariale et télévisuelle dans le monde du sport en général ne serait pas un luxe.

 

14.

 

La sexualité est-elle un enjeu politique ?

En tant qu’activité de l’ordre de la sphère intime, non. Par contre, la liberté de choix en matière de sexualité et d’identité de genre, oui.

 

Bonjour à toutes les femmes valaisannes.

 

 

LES FEMMES PEUVENT S’ABONNER A L’1DEX

 

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

2 thoughts on “SARAH CONSTANTIN : « NON, JE NE REGRETTE RIEN »”
  1. Je m’oppose tant aux idėes de Mme Maret que celles de Mme Constantin. La dichotomie entre conservateurs/progressistes est un mythe. L’Homme n’a pas attendu les lumières pour innover depuis l’âge de la pierre. Et puis une innovation (technique/sociale) n’est pas forcément du progrės : industrie prolėtarienne, bourse et fintech, OGM, nuclėaire … Le terme progressisme est un terme valise trompeur qui comprend des innovations mais pas forcément du progrės. Bref, pour ma part je ne fait pas de dichotomie progressistes/conservateurs pour distinguer ces deux femmes. Ces deux personnes sont progressistes, l’une moderne, l’autre contemporaine. Le progressisme moderne a une image plus autoritaire et reprėsente à merveille l’imposition flagrante des industries innovantes-polluantes comme la Lonza. Le progressisme contemporain favorise tout autant le capitalisme innovant- destructeur (ėoliennes, smartmeters, attaque des rėseaux de soutien/ ėconomiques comme la famille etc.). La diffėrence avec l’autoritarisme du progressisme moderne, c’est une illusion de prise de pouvoir des parties prenantes (ex : constituante) tout en gardant le statut quo de l’ėlite dominante. Concept d’empowerment bassinnė depuis les annėes 80 dans une rėforme des modèles de gouvernance de la banque mondiale/fmi/trėsor US. Les finalités sont les mêmes, juste le #comment#qui change. Bref, ces deux catėgories progressistes sont dangereuses et contre-productives pour des progrès sociaux implorės depuis des lustres. Le dėbat entre ces deux camps demeure stėrile puisque il reprėsente le ying et le yang du même cercle progressiste. A quand une femme politicienne valaisanne qui saura voir au-delà de ce cercle totalitaire ? J’attends toujours …

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