JOËL JENZER, LE HITCHCOCK VALAISAN CULOTTÉ DU STRING ODORANT

22 décembre 2019

Joèj Jenzer, journaliste, est aussi écrivain. Mais, avec Serial Sniffer, le lecteur attentif apprendra que Joèl Jenzer est aussi un personnage de roman, puisque, cinéphile averti, le romancier n’a pas hésité, imitant Hitchcock, de faire côtoyer dans son livre l’homme de plume qu’il est avec le héros de ses aventures, le dénommé Tom Locker, comme le cinéaste ne craignait pas dans un bref clin d’oeil d’inclure dans son oeuvre, aux côtés de Gary Grant, son propre double. À dire vrai, le critique que je suis ici n’est pas certain de ne pas se fourvoyer, car il n’est pas dit que le héros de Joël Jenzer ne soit pas plutôt Philippe Kohler, l’informaticien, qui a préféré dans le roman faire supporter aa passion pour les petites culottes à son pseudo, le couard mais salace Tom Locker, suivant en cela le conseil de l’une de ses amies dont je tairais le nom. Là encore, le lecteur devra y mettre du sien pour retrouver le nom de celle qui a incité le programmeur à ne pas être trop visible sur les réseaux sociaux, de crainte d’apparaître comme un défenseur acharné de Harvey Weinstein, addict ès harcèlement sexuel intensif. 

Une certitude s’extrait de Serial Sniffer : Joël Jenzer, le romancier, pas le journaliste, est courageux, peut-être même téméraire. En ces temps de l’an 2019 où le risque masculin de balader son seul regard dans les rayons de lingerue d’un grand magasin de la place du Misi à Sion ne saurait être contesté. Monsieur Jenzer ne craint pas de se livrer, avec des mots crus et un vocabulaire choisi, à la mise en lumière d’un renifleur patenté de strings parfumés au sexe féminin, un chercheur assumé d’éjaculations vénérables provoquées par cette odeur à nulle autre pareille. 

Le suspense, de nature policière je vous le promets, – je, mentant ici effrontément -, est dans la tête du lecteur, qui devra, s’il n’est pas un goujat invétéré, tâche ardue pour le mâle dévergondé, choisir sa préférée, Sophie la pénible, la Bourgeoise slovaque très peu catholique, la masseuse au cul lumineux, Célia, fan de Benfica ou de Porto (le bon critique est aussi en droit de semer de faux indices), d’autres encore que vous ne manquerez pas de découvrir dans les souvenirs, inventés ou réels de Philippe Kohler, alias Tom Locker. 

Si l’auteur pensait encore une seconde que L’1Dex ne fait pas un travail sérieux de lecture avant de s’essayer à une critique impossible, il devrait renoncer à cette éventualité, dès l’instant où il aura lu que le citoyen valaisan moyen, donc nous tous qui aimons la vérité, découvrira dans Serial Sniffeur une description fidèle des raisons d’être de la Foire de Martigny et du Giorgio de la Rue des Remparts. Je ne vais pourtant pas vous spoiler la fin du récit, me contentant de vous dire que ma préférée à moi, c’est Chloé (même Joël Jenzer hésitera devant le pourquoi).

Bonjour à ceux qui achèteront le livre à La Liseuse. 

Post Scriptum : « Stéphane, tu as osé conseiller ce livre, t’es rayé de ma vie ». Mais pourquoi ne pas souligner la posture courageuse de l’écrivain qui, à travers des mots crus, suscitera un débat nourri ?

Joèl Jenzer, Serial Sniffer, Éditions 180°, 2019

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

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