JUSTICE ECOLOGIQUE. CARNAVAL A LA COUR

14 janvier 2020

L’un des arguments les plus probants qui m’a été présenté pour contrer les thèses des climato-sceptiques est le fait que les scientifiques représentant ce bord de l’opinion écologique n’adressent pas leurs écrits à des revues sérieuses répertoriant les analyses effectuées de leurs matières respectives, car ils savent leurs conclusions fragiles et bien peu documentées. Imaginons que cette réflexion soit sérieuse.

Alors me vient cette certitude : quel comité rédactionnel d’une revue juridique ayant pignon sur rue accepterait de publier dans ses colonnes le jugement proprement carnavalesque que vient de rendre un juge vaudois, dont l’identité jusqu’à ce jour n’avait été connue que de ceux qui privilégiaient en droit pénal le principe in dubio pro reo et qui refusaient que la présomption d’innocence soit jetée aux orties (cf. notamment Affaire Légeret) ?

Invoquer l’urgence climatique pour permettre à des activistes soucieux de sa défense d’organiser une partie de tennis humoristique et accepter que, dans un tel cas, l’état de nécessité licite puisse être invoqué tient uniquement du burlesque, de l’ironie déjantée et du folklore procédural vaudois.

Cela n’a tout simplement que peu à faire avec le droit.

Mais, entendant déjà les contestations franches des défenseurs de cette nouvelle religion planétaire, je leur suggère, avec le plus grand sérieux, de faire pression sur Roger Federer pour que celui-ci propose au Crédit Suisse de recourir absolument contre ce jugement fantasque afin que nous sachions tous ce que dira le Tribunal fédéral. Il serait en effet bien malheureux qu’aucun recours en matière pénale ne soit déposé en l’espèce, puisque ce serait l’occasion unique de « contraindre » le Tribunal fédéral à dire le droit en matière écologique et de protection du climat.

Dans l’intervalle, je vais m’empresser, en tant que citoyen libre et responsable, d’installer à la porte d’entrée de la maison communale de Bagnes un panier de basketball et d’organiser des compétitions de trois contre trois pour expliquer à la Cité à quel point les autorités communales bagnardes ont franchi toutes les limites de la loi en matière de constructions illicites. Le premier match pourrait opposer les acquittés écologiques vaudois opposés à la bande à l’Ours du Châble. Connaissant particulièrement bien les règles de ce sport, je m’engage à venir arbitrer la première rencontre. Le dommage serait encore moindre qu’à Lausanne puisque la zone d’accès à la porte d’entrée de la maison communale est totalement publique contrairement aux locaux privés de la banque.

L’1Dex, depuis le 1er mai 2011, défend l’idée que l’état de droit a disparu des cours de justice et que les magistrats ne sont parfois que les bras armés de causes politiques, partisanes ou claniques. A la loterie valaisannes des cours de justice, voilà que lui répond une cour vaudoise soudainement soucieuse de l’avenir de la planète qui passerait par le bon usage de raquettes de tennis et de l’image de Roger Federer au remarquable bilan carbone personnel.

La justice pénale en Valais lit la culpabilité des prévenus dans le mouvement de la pupille droite des justiciables, sa soeur en terre vaudoise acquitte en considérant la qualité des revers croisés de sincères activistes climatiques.

Le droit, mais quiconque a lu Le Capital de Karl Marx le sait depuis longtemps, est devenu le terrain de jeux des croupiers puissants, donc du hasard déterminé, et celui des petits malins, qui se soucient de la loi comme le juge Philippe Colelough autant que des caractéristiques biologiques du foin de campagne.

Bonjour à tous les joueurs de cornemuse qui s’exprimeront au petit matin pour réveiller tous les travailleurs de l’ombre peu soucieux de faire le tri des déchets en plastique.

 

S’abonner à L’1Dex, c’est privilégier l’état de droit et exclure le carnaval des cours de justice

 

3 thoughts on “JUSTICE ECOLOGIQUE. CARNAVAL A LA COUR”
  1. Très très alambiqué et confus comme papier… je l’ai lu 2x et je ne suis toujours pas sûr d’avoir compris ce que Stéphane Riand veut dire. C’est possible d’avoir un éditorial clair sur cette question ? Je pose la question sans ironie, ça m’intéresse vraiment. Parce que là, ça donne l’impression d’être l’édito de quelqu’un qui ne veut pas vraiment se mouiller, ou pire : qu’il ne sait pas ce qu’il pense.

    1. Je veux bien comprendre la critique. Y a-t-il pour vous une seule question fermée : admettez-vous, oui ou non, que le réchauffement climatique résulte d’une cause anthropique ? Merci de m’éclairer pour que je ne me méprenne pas sur votre critique.

  2. Bien sûr que je l’admets ! Je suis tout à fait favorable aux mouvements pro-climat, mais un peu plus réservé sur Extinction Rebellion et le principe de désobéissance civile en l’occurrence. C’est pour ça que ce genre d’éditos m’intéresse… mais j’avoue tout penaud n’avoir pas très bien compris où vous vouliez en venir. Bref, mon message n’était pas une opinion (j’aimerais bien en avoir une plus claire…), mais une demande de clarification. Merci !

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