Mathias Reynard fait donc tout ce qui est possible pour lui pour ne pas être conseiller d’État. Il se sent si bien à Berne qu’il en profite pour éviter de siéger à la Planta. Il ne veut donc pas participer à la fin d’un PDC orange majoritaire et outrageusement dominateur dans les carnotzets. À moins qu’il choisisse ce chemin parce qu’il se sent bien dans cette assise de simple opposant qui ne gouvetne pas.
Mathias Reynard est donc une locomotive électorale qui ne veut pas se lancer dans un combat titanesque devant aboutir à un changement de régime pour forcer le Valais à s’extirper de l’Ancien-Régime.
Pourtant le PDC est en grand danger de minorisation, à tel point que, perdu pour perdu, il tenterait le grand chelem à l’envers : présenter Sieur Pfammater dans le district de Brigue, refuser ainsi l’accès au Conseil d’État à l’UDC Ruppen et foncer vers la formule 4 – 1, Frédéric Favre jouant le rôle alors du trouffion de service.
Face à ce risque, peut-être majeur, la riposte d’alliés tacticiens un brin courageux et cohérents, serait de constituer une liste d’entente démocratique partagée, incluant Ruppen, une écologiste du Haut-Valais, Favre pour le PLR, Reynard pour le PS et une femme bas-valaisanne proche des amis de la Constituante. On se promet un vote compact tactique et tous les PDC se trouvent à la rue par la grâce du système majoritaire : 5 – 0.
Le Valais de l’Ancien-Régime orange doit être abandonné, cet objectif ne mérite-t-il pas quelques efforts ponctuels, ce qui rendrait ses lettres de noblesse d’ailleurs à un parlement si peu considéré à La Planta.
Ceux qui vous diront que cet acte révolutionnaire est impossible à concrétiser sont ceux qui se complaisent dans l’appropriation de leurs petits privilèges ouatés, et qui ne veulent pas utiliser l’arme du système majoritaire pour abolir à jamais le système institutionnel réel du clan, du carnotzet et de l’embrouille du confessionnal.
Et que l’on ne me parle d’une possibilité ouverte pour le second tour : c’est au premier que se jouera l’avenir du Valais.
Alors, devant sa glace, un de ces jours, un de ces jours pas si lointain, Mathias Reynard devra s’interroger sur ce qu’est un homme politique : un combattant qui sait se jeter dans la boue au moment opportun ou un homme qui surge sur les hauteurs des concepts crasseux ou joyeux en druides se contentant de servir aux gouvernants des idées de bien-pensants bourgeoisement calfeutrés sur son paillasson doré.
Le nouveau président du PDC, Rausis d’Orsières, attaché à l’intégrisme orange comme l’est Reynard au rouge de la rose, a déjà annoncer son programme : conserver le Valais dans une majorité orange. Il ne faut pas être un grand prophète pour savoir que ce brave homme si proche de Maurice Tornay géographiquement saura ne pas oublier que le système majoritaire lui permettra d’écrabouiller des adversaires éclatés.
Sérieusement, Mathias, tu veux rester sur la touche ? Barbara, wake up and boogie !
Bonjour à tous les fins stratèges de l’ombre lumineuse !
Bien loin est le temps (1956 sauf erreur) où, à Nendaz, l’alliance de radicaux et des socialistes permettait de faire dégager de la présidence de la commune l’indéboulonnable PDC.Mais, au fait, quelle différence y a-t-il désormais entre PDC, UDC et PLR? Ils mangent tous dans la même soupière sans trop se gêner les uns les autres et se retrouvent tous à la même messe du dimanche matin.