L’1Dex interroge Pascal Borel confiné dans le Val de Bagnes

31 mars 2020

En quoi votre voix, qui fait le buzz sur les réseaux sociaux, serait-elle moins que du bavardage à l’exemple de celles de beaucoup d’autres ?

Mon intention n’a jamais été de faire le buzz sur les réseaux sociaux. J’ai commencé à faire ces vidéos car de nombreuses connaissances m’appelaient pour me demander ce que je pensais de la situation. Plutôt que de passer ma vie au téléphone, j’ai décidé de mettre à disposition du plus grand nombre une forme de retranscription des discussions que j’ai avec mes correspondants. Ma première vidéo a retenu l’attention de près de deux millions de personnes à travers le monde. Je ne pouvais pas anticiper que celle-ci ferait le tour de la planète aussi rapidement. Je mentionne en effet une deuxième, voire une troisième, réinfection possible car beaucoup de scientifiques en parlent. En effet, on ne se sait pas combien de temps tient l’immunité après une première infection. On ne connait de plus pas réellement les mécanismes qui font en sorte que la première immunité puisse être mise à mal lors d’une exposition secondaire. Sur la base du principe de précaution, je me suis permis de mentionner ces faits. J’espère que la deuxième ou la troisième exposition au virus ne débouchera pas sur une réinfection. En revanche, si c’est le cas et que grâce à mon message les gens peuvent se protéger, cela sauvera des vies. Rassurer le public c’est bien, mais les protéger c’est mieux.

La crédibilité est fondée sur la légitimité et la validité d’une parole. Êtes-vous crédible ?

Mes raisonnements sont accessibles au plus grand nombre sur la base du plus élémentaire bon sens. Dans l’enchevêtrement des informations sous contraintes financières, politiques et idéologiques, je laisse aux auditeurs le choix de ce qui leur semble le plus apte à les protéger dans la situation de pandémie actuelle. Je rappelle ici que les mathématiques nécessaires à comprendre une progression exponentielle, comme dans le cas de la maladie COVID-19, sont accessibles à tous et qu’il n’est pas nécessaire d’avoir gagné le prix Nobel de médecine pour en parler. Il faut arrêter de prendre les gens pour des imbéciles et de leur distiller l’information dans un langage technique qui la rend inintelligible et inutilisable. Dans la modeste mesure de mes moyens, je ne fais que rendre accessibles les informations indispensables pour s’adapter à la situation.

Comment recevez-vous les critiques les plus acerbes qui vous destinées ?

Que les critiques soient bonnes ou mauvaises, c’est toujours une valeur ajoutée. Beaucoup me remercient et me demandent de continuer car je les aide à s’adapter. D’autres n’ont certainement pas pleinement conscience de ce qui nous menace et n’ont pas encore mis en place les ajustements nécessaires au changement d’environnement. Leur critique est la façon dont s’exprime leur désarroi et si je peux être la sonnette d’alarme qui les aide à faire juste, j’aurai déjà réussi ce que j’ai entrepris. Si j’ai tort, cela ne coûtera rien à personne, si j’ai raison, je sauverai des milliers de vies.

Le citoyen ordinaire est en mode désarroi. Les politiques ne le sont-ils pas souvent encore plus ?

Oui car les politiques n’ont fait que gérer au cours des dernières décennies le ronron d’une économie plutôt tranquille. N’ayant jamais été confrontés à des décisions qui engagent à court terme le futur de la nation tant au niveau économique que de la santé, ils sont dans l’impossibilité d’avoir une attitude offensive et d’émettre des directives claires. Ils sont pris entre les contraintes économiques et les contraintes de santé publique. Ils sont en face de deux options : A) Stopper l’économie et les flux financiers immédiatement pour une période de quelques semaines voire de quelques mois et sauver des milliers de vies. B) Ne prendre que des mesures de mitigation en laissant tourner l’économie, comme c‘est le cas aujourd’hui. Ils seront alors responsables de milliers de morts supplémentaires et ils devront quand même arrêter l’économie. Le choix est simple, je le laisse à votre libre appréciation.

Nous osons cette question alarmiste transmise par beaucoup de lecteurs et reprise par wikipedia :  Est-ce qu’on doit croire la Chine quant à l’origine de la pandémie sachant qu’il y a l’Institut de Virologie (P4) à Wuhan qui travaille sur le coronavirus transmis par la chauvesouris ?

Je ne peux pas vous dévoiler les informations qui sont en ma possession aujourd’hui quant à l’origine du virus. Je n’ai pas pu vérifier mes sources et si je les divulgue vous savez comme moi que cela mettrait en danger de mort certaines personnes. Ce que je peux vous dire, c’est que l’année dernière  des chercheurs chinois travaillant au laboratoire de virologie canadien niveau de sécurité 4 de Winnipeg ont été expulsés par les autorités après avoir vraisemblablement communiqué des informations sensibles à des chercheurs chinois. De plus, il semblerait que le directeur du dit laboratoire canadien soit décédé de cause inconnue il y a six semaines en Afrique dans le taxi qui le ramenait du centre de conférence où il parlait d’Ebola à son hôtel. J’espère que tout ceci ne soit que le fruit d’une malheureuse coïncidence…

Quel conseil donnez-vous à un petit épargnant qui a soixante mille francs en liquidités à la banque ?

Le risque de dévaluation de la monnaie sera au plus haut dans les mois qui viennent. A force d’injecter du cash pour maintenir le système financier dans lequel nous évoluons, nous finirons de toute façon par en payer le prix un jour. Il me semble que posséder des actifs tangibles du type métaux précieux, immobilier ou terrain devrait être la meilleure façon de protéger le capital.

Quelle est votre appréciation sur le risque d’une montée du totalitarisme dans certains pays occidentaux pour couvrir la faillite des états à gérer correctement cette crise ?

Je rappelle que la Suisse a une démocratie depuis plus d’un demi millénaire avant la France, alors que celle-ci a été le moteur de l’expansion des démocraties dans toute l’Europe occidentale. De ce fait, je ne crains pas la perte de liberté due au totalitarisme en Suisse. Par contre, je me fais beaucoup plus de souci pour nos voisins.  Ce qui peut sauver la France, c’est leur tradition révolutionnaire. Si l’Etat leur vole leurs libertés plus qu’ils ne le font déjà aujourd’hui, nous assisterons à une révolution qui mènera à une refonte constitutionnelle complète de leur République.

Combien de temps l’économie mondiale peut-elle résister à la baisse de l’activité lié au confinement sans plonger dans une nouvelle crise économique pire que celle de 2008 ?

Nous sommes déjà dans une crise bien pire que celle de 2008. Ne pas s’en rendre compte, c’est être aveugle. Celle-ci ne va faire que s’amplifier dans les mois qui viennent car le virus n’est pas près de nous lâcher. De plus, les solutions de nos politiques pour enrayer la crise financière sont les mêmes que celles utilisées en 2008, à savoir diminution des taux d’intérêts et injection massive de liquidités (assouplissement quantitatif) dans les systèmes financiers. Nous ne pouvons plus baisser les taux d’intérêt qui sont au plancher depuis plus de cinq ans. Leur seul remède est donc d’injecter du cash, ce qui pose le problème de l’inflation et surtout de la dévaluation potentielle lorsque les monnaies affaiblies se feront attaquer par les investisseurs professionnels à l’image de la livre sterling attaquée par Georges Soros et le reste du marché au début des années nonante.

Politiquement, n’allons-nous pas assister à une pléthore de mouvements apolitiques, au-delà des nationalités ?

Oui, notre capacité à communiquer de façon globale va nous pousser à nous serrer les coudes et à nous faire comprendre que nous sommes tous à une échelle planétaire dans le même bateau. Nous ne pourrons plus laisser les intérêts politiques d’un groupuscule d’êtres humains à la tête d’un système dictatorial comme le parti communiste chinois mettre en danger la totalité des êtres humains de la planète. J’ai donc l’espoir que nous saurons comprendre nos intérêts communs et que nous saurons nous unir au-delà des nations pour les défendre.

Envisagez-vous des responsabilités judiciaires au niveau mondial eu égard aux modalités de gestion de la présente crise ?

Oui. Du fait de la rapidité de sa propagation, la pandémie actuelle du COVID-19 a de fortes chances d’engendrer des millions de morts à travers le monde, à l’image de la grippe espagnole de 1918-19. S’il peut être démontré que l’absence de décision ferme visant à protéger la santé des citoyens est responsable du décès d’un nombre injustifié d’êtres humains, les décideurs risquent d’être accusés d’homicide par négligence. Au minimum, leur carrière politique sera morte et enterrée, au pire ils seront jugés et condamnés !

Quelle est votre appréciation quant à la suppression totale pendant une certaine période de toute charge fiscale selon des modalités à fixer ? Une telle mesure ne serait-elle pas plus équitable que des aides extraordinairement ciblées ?

Oui, le gel total de tous les flux financiers est la seule façon de réussir une quarantaine équitable pour tous. Cela revient à créer les mêmes conditions économiques pour tous les acteurs devant traverser cette crise hors favoritisme et copinage. C’est un scénario que nous n’avons jamais même envisagé mais qui est le seul qui permettra l’équité de traitement entre les indépendante et les PME qui représentent 75 à 80% de l’économie réelle et les entreprises cotées en Suisse. Très courageusement, l’Italie a pris ce type de mesures dès le premier jour de quarantaine et les applique à l’heure actuelle. Bravo.

Comment le citoyen lambda peut-il contraindre les autorités politiques à contribuer à une prise en compte des intérêts de tous ?

En votant à l’avenir pour des personnes courageuses qui agissent dans le sens du bien commun plutôt que de ne comprendre et de ne défendre que les intérêts politiques et financiers qui sont trop souvent les leurs.

 

2 thoughts on “L’1Dex interroge Pascal Borel confiné dans le Val de Bagnes”
  1. Et le revenu de base ?
    Arrêtons les emplâtres.

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    initiative-revenudebase.ch
    Initiative fédérale « Pour un revenu de base inconditionnel ». Federal initiative. Un vote historique en Suisse !
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