Christian Constantin est un homme d’éthique. L’éthique du fric, ça le connait. Il confine sur ce plan au génie des Carpates, il est indépassable et a le mérite d’adopter une approche limpide de la résolution des difficultés financières : moi d’abord, les autres peut-être.
Mise en pratique dans le passé, cette stratégie, à laquelle avait dû assister en pénitent déconfit l’ancien président de la ville de Sion. François Mudry, avait donné ceci : a) constat de l’échec sportif au niveau de la Ligue des Champions (rappelez-vous Jean-Jacques Eydelie contre Galatasaray Istanbul pétant les plombs); b) constat de salaires pharaoniques que l’association du FC Sion ne pouvait plus payer; c) départ en fanfare du FC Sion après avoir érigé un statut quasi cinématographique à son glorieux passé; d) refus d’assumer 16 millions de dettes, assumées par les créanciers du club; e) séances privées et secrètes de prières et d’actions de grâce pour que la juge Dayer Schmidt accepte un extraordinaire sursis concordataire et que l’actuel procureur général Nicolas Dubuis laisse prescrire l’action pénale; f) CC est devenu croyant, ayant assisté à un double miracle sans sortir le moindre sou, même à titre d’aumône ou de dons pour les vicaires de la célébration.
Cri Cri d’amour is back : a) constat d’un club à la dérive sportive que le coronavirus ne peut pas sauver; b) championnat arrêté, en fin stratège du pognon des autres, création anticipée du chômage technique et forçage des joueurs d’accepter le salaire minimum; c) sans même accepter de rencontrer les plus hauts salaires pour discuter, renvoi pour justes motifs des récalcitrants, et diminution causale de la masse salariale; d) procès en cascades qui par la grâce de tribunaux coccinelle dureront jusqu’à la fin des temps, économies éternelles assurées; e) obtention du chômage technique partiel pour les plus pauvres footvalleurs; f) exigence de subventions fédérales pour sauver le FC Sion qui, à défaut, n’existerait plus; g) confinement partiel et prières fictives en mode groupal visant à la disparition lente de la pandémie, le temps que ce nouveau sursis soit mis à profit par les dominants pour le rendre plus impérial encore.
Christian Constantin est un homme d’éthique. L’éthique de l’esprit et de la lettre de la loi, ça le connait. En ces temps de chaos économique et institutionnel indépassable, il est l’homme providentiel qui, pour le Valais, doit faire comprendre à Frédéric Favre qu’il est temps pour lui de céder sa place pour le bien de tous.
Ne croyez pas que cette éventualité appartienne au champ du gag, car elle est avant tout une action éthique qui permettra de résoudre le cas de l’Ours du Châble dans le Verbiergate en indemnisant justement l’employé honteusement licencié.
Je ne vois raisonnablement pas d’autre sortie à cette crise des constructions illicites sur terre de Bagnes.
À moins que Paul-Henri Moix, en Zorro de la fonction publique, ne vienne prochainement mettre de l’ordre dans ce bordel viral que les Bagnards, lors des précédentes élections, n’ont pas voulu résoudre en confinant Éloi Rossier strictement à ses affaires domestiques privées.
Refuser de prendre des mesures drastiques dès l’éclatement des virus (sportifs, administratifs, sanitaires, politiques) est le plus sûr chemin vers l’abandon de l’État de droit.
En Valais, nous avons quelques coups d’avances sur les autres, qui ont raté la bonne échappée.
La seule incertitude aujourd’hui est de savoir qui de Cri Cri d’Amour ou de l’Ourson du Châble se présentera en solitaire au sommet de l’Alpe d’Huez.
En ces temps de feinte transparence, il n’est pas sûr que la course ne soit pas arrêtée avant le dernier virage, ce qui permettrait aux grégarios des deux champions de partager à l’arrivée le butin de la déroute commune.
Dommage pour la légende que la fin de course se fasse sans spectateurs.
Bonjour à tous les chroniqueurs qui tenteront de décrire les derniers coups de pédales vers le sommet.
Post Scriptum : Paul-Henri, je reste à disposition pour contribuer à une sortie de crise, j’ai des aptitudes que d’autres, à l’évidence, n’ont pas.