Un étudiant HEC Lausanne, dernière année de master, a été amené à étudier, hors cadre de ses études, la pertinence d’un rapport d’audit administratif relatif à une entreprise valaisanne de bonne renommée et les effets procéduraux des contrôles effectués. Son travail pointu, scrupuleux et approfondi a pointé un nombre impressionnant d’erreurs factuelles, logiques ou de simple bon sens dans les « analyses » effectuées par des fonctionnaires ou/et magistrats dont le métier est le service public et le respect de la loi. Je ne vais pas révéler le nom du service, ni moins encore les noms des fonctionnaires ou/et magistrats qui, s’ils étaient dénoncés ici publiquement, pourraient ne plus parvenir à avaler leur salive et voudraient se cacher sous leur lit de peur que leur face ne soit disséminée sur les réseaux sociaux.
Mais le point décisif de cet audit estudiantin est ailleurs. J’écris ce billet parce que ce qui a étonné le plus l’étudiant aux connaissances limitées dans le champ formel et procédural fut le fait que l’autorité fixait dans le dossier audité des délais qu’il jugeait courts, 10 ou 30 jours, et qu’elle même répondait cinq, huit ou quinze mois plus tard. Le jugement limpide de l’étudiant était péremptoire : « c’est tout simplement irrespectueux ». Peut-être ai-je un peu souri intérieurement : qu’eût-il dit du Tribunal cantonal qui peine à rendre ses jugements deux ans après des appels ou des recours !
Voilà un citoyen entrant dans la vie active confronté à la honte judiciaire, l’absence totale d’empressement, le dédain de la célérité, la lenteur procédurale érigée en dogme de la paresse, de l’incompétence ou de l’indignité. Les mots vous paressent être marqués du sceau de l’excès ? Rabattez-vous alors sur celui choisi par cet étudiant universitaire, irrespectueux, et demandez-vous si cet irrespect m’est pas déjà une tumeur indigne pour une démocratie où devraient régner l’équité et la justice ?
La Cité, l’Ordre des Avocats, la COJU, les citoyens semblent se contenter de cette justice de façade adossée au parapet de l’iniquité ? Pourquoi dès lors en faire tout un fromage ?
Peut-être, simplement, parce que j’aime tous les fromages.
Oh non Stéphane tu n’es pas le seul, mais je pense qu’on se sent malheureusement très seul quand on aime l’équité et la justice. Quelqu’un a dit (je ne sais plus qui), en parlant de notre époque, que la vérité y était devenue une simple opinion…
Et bonjour aux masqués qui passent ici et se reconnaissent dans ces pratiques souvent volontaires.
Super billet, toi l’étudiant, tu n’es plus froid maintenant !!!
Oh non Stéphane tu n’es pas le seul, mais je pense qu’on se sent malheureusement très seul quand on aime l’équité et la justice. Quelqu’un a dit (je ne sais plus qui), en parlant de notre époque, que la vérité y était devenue une simple opinion…