(PAR VINGTRAS)
Le titre du film de Luis Bunuel (adapté par Raymond Queneau d’un roman de José-André Lacour) me semble correspondre tout à fait à ce que nous sommes en train de vivre, dans cette atmosphère lugubre de fin du monde où tout est chamboulé mais sans l’espoir d’un véritable changement, car ce virus n’est qu’un agent morbide…
…et le paradoxe de la situation de ce printemps 2020, c’est l’arrivée d’un Printemps somptueux, paré d’un feu d’artifices floral à nul autre pareil, qui fait de notre planète un jardin aussi beau que celui des Hespérides !
Un jardin sublime, avec ses vergers empanachés de blanc et de rose, que les malheureux êtres humains sont condamnés à admirer derrière les vitres de leurs appartements ou de leurs maisons, puisqu’ils sont confinés dans leurs gîtes afin d’échapper à la contamination du virus covid 19.
En effet, à l’extérieur où la beauté explose, la mort rode et se précipite sur toutes les proies qui se présentent !
Et cet oxymore civilisationnel n’est pas fortuit. Il est probablement la conséquence d’un dysfonctionnement des écosystèmes qui maintenaient jusqu’à présent, un équilibre provisoire de la survie de l’espèce humaine dans une nature généreuse mais pas inépuisable.
De la mythologie à l’ère numérique, nous avons défié l’avenir et nous nous sommes adaptés à toutes les problématiques induites par le progrès.
Mais aujourd’hui où le présent a un furieux besoin des leçons mémorielles pour y voir clair, n’hésitons pas à regarder vers le passé pour y trouver des repères et aussi les substrats des innovations que nous allons imaginer…
Le destin de l’homme n’est pas la soumission à une inéluctable servitude.
La vie est un bien précieux ; ne la gâchons pas !
Bravo et merci, Vingtras, pour ce juste parallèle entre ce film que j’ai beaucoup aimé au temps de ma lointaine jeunesse et mon vécu actuel de nonagénaire nostalgique et admiratif.