PHILIPPE LORETAN ET LE CAS SEMBRANCHER. FREDERIC FAVRE, L’OEIL BORGNE, RETORS OU NIAIS DE VERBIER

18 mai 2020

D’aucuns, un peu légèrement, jugeront que l’affirmation selon laquelle Frédéric Favre se veut loi est un peu crû, un excès de discours pour appâter le chaland. Peut-être à la fin de ce chapitre pressentiront-ils que mon prononcé était encore trop doux.

 

Bagnes n’est pas éloigné de Sembrancher. À l’éclosion de l’apprenti de Vétroz, porté sur son trône par des Oranges made in « OberWallis », qu’il ne connaissait pas une semaine plutôt, a surpris jusqu’aux aficionados de l’élu. Mais les plus réjouis parmi les vainqueurs furent peut-être les vieux briscards PDC de Bagnes. Ces vieux de la vieille devinaient déjà que le karatéka allait devoir payer son écot.

Le Verbiergate, en ces temps-là, avait déjà éclaté. Le NF avait révélé le scandale des constructions illicites bagnardes le 21 août 2015 et Gabriel Luisier avait été fusillé, son contrat de travail pour la municipalité ayant été rompu dans l’indifférence générale. Certes, le rapport Bender & Veuthey avait semé quelques graines de désagréments, mais il suffisait de communiquer avec prudence et tout serait rapidement sous contrôle. En ce temps-là, Éloi Rossier se fiait aux conseils du préposé cantonal à la protection des données et la transparence qui déposa en quelque sorte au pied des bureaux de presse un rapport caviardé qui respectait l’esprit des lumières. Le peuple savait un peu, mais pas trop.

Mais l’Ours de Bagnes comprit, plus ou moins lors de la campagne politique qui balaya Oskar Freysinger, que le conseil communal de Bagnes s’était totalement moqué de lui, ayant commis et laissé commettre des infractions pénales et administratives en série : gestions déloyales des intérêts publics, abus d’autorité, violations répétées de droit administratif, entraves à l’action pénale, corruption active et passive éventuelle, infractions à la LFAIE, et j’en passe et des meilleurs. Frédéric Favre lisait L’1Dex et devinait qu’au beau temps royal succéderaient des orages à répétition. Il pouvait même imaginer que la foudre pourrait s’abattre sur la maison communale du Châble, puisqu’il avait accès au rapport Bender & Veuthey complet, à ses annexes surtout, à ce jour ignorées des citoyens, et qu’il prenait régulièrement, à l’avenue de la Gare, ses dix heures, en compagnie de Maurice Chevrier, l’ancien conseiller national PDC devenu le maître à penser des communes valaisannes par la volonté de Maurice Tornay qui l’a transformé en chef du services des affaires communales du canton du Valais, le remerciant peut-être du second rôle joué parfaitement par l’Évolénard dans le Giroudgate.

Je résume : à un moment donné, bien plus rapidement que ce que l’on nous fera gober prochainement, Frédéric Favre a tout su du Verbiergate. Il a notamment su que l’Ours de Bagnes avait été berné par de fieffés coquins et ne méritait pas son expulsion manu militari de la commune.

Le lecteur ne m’en voudra pas de faire ici une double disgression en lien avec deux syntagmes que j’ai utilisés dans le paragraphe précédent. L’expression « fieffés coquins » renvoie au jugement rendu à la fin des années 1990 par le Tribunal d’arrondissement du district de Sion, composé des juges Yves Tabin, Joseph Pitteloud et Jean-Pierre Derivaz, qui ont employé la même expression pour qualifier les comportements de Jean Dorsaz avant de le condamner à plusieurs années d’emprisonnement, non sans que préalablement un juge d’instruction pénale d’obédience PDC n’ait rendu dans la même affaire une ordonnance de classement ! Quant à l’expression « manu militari », elle est reprise de ce document incomparable dont je vous recommande à nouveau la lecture, « Il est cinq heurs, la justice s’éveille », qui renvoie aux méthodes si bienveillantes de l’Étude du Ritz à l’encontre de l’un des fondateurs, l’Etude du Nord de la ville devenue l’officine de certains dominants, par exemple de la commune de Bagnes dans l’affaire des constructions illicites. Écrivant cet aparté, je m’aperçois aujourd’hui qu’il était inévitable que, grâce à L’1Dex, j’ai pu croiser sur le chemin de ma vie Gabriel Luisier, lui-même expulsé manu militari de la commune de Bagnes par de fieffés coquins. CQFD.

Confronté à ces agissements sans pareil dans le champ institutionnel, Frédéric Favre eût pu être ce jeune homme soucieux de justice et de rétablissement de la vérité à Bagnes. Il choisit très exactement le chemin opposé. Et il a été récemment acculé par Gabriel Luisier à un choix cornélien : soit il dénonçait pénalement Maurice Chevrier au ministère public, soit il commettait lui-même le délit d’entrave à l’action pénale, ayant refusé de faire application de l’article 35 LACPP.

Pourtant peu avant l’émergence de cette situation peu confortable, Frédéric Favre avait été mis en position de régler autrement ces débordements des hors-la-loi. Que fit-il à chaque fois ? Il proposa à ses collègues du Conseil d’État de rejeter ou de déclarer irrecevables toutes les demandes de Gabriel Luisier. Voici trois exemples caractéristiques des positions prises lors de cette dernière législature par le département de la sécurité et des institutions dirigé par cet apprenti :

A.

24 janvier 2018

B.

18 avril 2018

C.

23 janvier 2019

Ainsi le département de la sécurité et des institutions a initié, proposé et validé toutes les décisions portant sur le cas de l’Ours du Châble.

Le sommet de l’art de la gouvernance  vu par Frédéric Favre fut peut-être ce moment où le chef de la sécurité et des institutions du canton du Valais osa parler d’une inadvertance commise par Maurice Chevrier qui avait osé ne pas lire une écriture développant les mensonges crasses du président de Bagnes et avait ainsi fait fi du contenu d’une clef USB démontrant de parfaite manière les démonstrations apportées dans son écriture par le mandataire de Gabriel Luisier.

Un abus d’autorité crasse est ainsi transformé en une petite ereur sans conséquence,  les manipulateurs oubliant que le Tribunal cantonal lui-même, que personne ne qualifiera de rebelle à la dominance PDC, qualifia de très graves les manquements du Service cantonal des affaires intérieures et communales, avant de renvoyer tout le dossier au Conseil d’Etat en exigeant de cette autorité de ne plus tarder pour rendre justice à un Ours très fâché.

Frédéric Favre est-il borgne, retors ou niais ?

Personnellement, poursuivant la comparaison initiée ci-dessus, je renverrai le lecteur à ce moment de ma vie, que Jean Bonnard n’a pas oublié, où, à la Gare de Sion, un dimanche de bonne heure, je vis une affiche du Matin d’alors sur laquelle était écrit en grosses lettres « Hans Wyer a menti ».

La parole de Frédéric Favre, dans cette affaire, ne fut pas seulement un élément de langage, elle correspondit très exactement à un mensonge avéré que des politologues avertis sauront assimiler sans trop de peine au paiement de l’écot dû au PDC à titre de remerciement pour sa « remarquable » élection en 2017.

Avant la transmission de ces immondices administratives à l’exécutif cantonal, Frédéric Favre sut se faire assister par d’éminents juristes.

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

3 thoughts on “PHILIPPE LORETAN ET LE CAS SEMBRANCHER. FREDERIC FAVRE, L’OEIL BORGNE, RETORS OU NIAIS DE VERBIER”
  1. L’état du Conseil d’État est stupidement statique,… L’ABC de la dominance !

    Quant à la question posée, je dirai que c’est un apprenti sorcier en baraterie.

  2. Le karaté véhicule certaines valeurs que Frédéric Favre ne respecte plus. S’il faisait partie de notre club, il y aurait discussion pour une éviction ou un blâme.

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