PHILIPPE LORETAN ET LE CAS SEMBRANCHER. Sloba, l’obséquieux, le brusque, le sincère et le juste

27 mai 2020

L’obséquiosité cache très souvent la plus vile méchanceté. La civilité feinte aspirant toute trace de sincérité est le miroir mauvais de la fausseté. L’apparence rance pue et éloigne le franc, le vrai et le libre. Certains avocats se fondent tellement dans ce rôle du mielleux courbaturé par ses penchants de rats serviles qu’ils suscitent en moi plus qu’un rire prudent, l’étonnement naïf de l’humain qui n’en croit pas ses yeux.

A l’opposé, le brusque et le rustre seront critiqués pour leur manque de forme, leurs carences en souplesse relationnelle et leurs énoncés un peu trop rugueux que les susceptibles refuseront et que les niais éviteront.

Entre ces deux structures de personnalité bien éloignées se tiennent les affables, les vrais polis et les bien éduqués qui, sans fuir la franchise et la sincérité, sauront la maquiller de mots empreints d’un profond tact.

Voulant simultanément fuir ces filous de l’aplat-ventrisme et les rois de la carambole, j’ai pris ce jour ma plus belle plume pour écrire à Sloba. Pourquoi ? Vous le découvrirez non sans que je ne vous aie préalablement dit que ma secrétaire, pourtant UDC, a ce ton parfait qui sied à un moment d’incompréhension qui pourrait saisir son interlocuteur. Elle a réglé la chose sans m’inquiéter; mais mon esprit un peu aventureux a complété son mouvement dans sa lettre corrigée du jour adressée au Registre foncier de Martigny :

« CONCERNE : RECENTE DEMANDE D’EXTRAIT

Madame la Conservatrice,

Un léger malentendu semblant s’être produit en lien avec une demande d’extrait du Registre foncier, je veux ici vous certifier que toutes les demandes formées par mon étude auprès de votre Registre foncier sont en lien avec ma pratique notariale ou de barreau.

Comme vous le savez, à deux reprises, pour les motifs que vous connaissez, puisque vous avez disposé de l’intégralité de la documentation appropriée, deux demandes, d’extrait puis de transmission d’une pièce justificative, étaient dictées par mon seul intérêt personnel, de citoyen pris à partie de curieuse manière par un avocat sédunois mandaté par la commune de Sembrancher. Vous avez justement délivré l’extrait, puis refusé de me communiquer la pièce justificative, que j’ai pu obtenir quelques jours plus tard par un citoyen de l’Entremont soucieux certainement du respect de la loi sur sa terre et d’un zeste de véracité.

Sur la base de ces considérations, vous pouvez sans autre informer vos collaboratrices que je n’entends obtenir d’extraits du RF et des PJ que dans le cadre strict de ma pratique professionnelle. Si tel n’était pas le cas, je ne manquerai pas de vous l’indiquer avec une grande précision, comme je l’ai fait récemment.

Le cas évoqué au premier paragraphe a pu être réglé, si j’en crois ma secrétaire, par une commande directe de mon mandant, le propriétaire du bien.

Veuillez agréer, Madame la Conservatrice, l’expression de ma meilleure considération. »

Machiavel a dit un truc du genre : « si la bienveillance ne suffit pas, choisissez d’être craint ».

La bienveillance est un mot féminin; il me sied aujourd’hui pour apprivoiser la justice. A elle, pénale, administrative, publique ou civile, demain, de savoir, si elle veut être tondue par des mots.

Demain est imprévisible, mais le pire n’est pas toujours certain.

Bonjour aux Sembranchards qui hésitent encore à s’abonner !

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