PHILIPPE LORETAN ET LE CAS SEMBRANCHER. LE CHEVALIER PARDAILLAN, SLOBA ET LES ROIS DE LA PARTOUZE
24 mai 2020
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Le chevalier de Pardaillan
J’ai un point commun avec Jean-Paul Sartre, j’ai commencé à aimer la lecture en lisant les aventures du Chevalier Pardaillan, le héros de Michel Zévaco. L’auteur de cette fresque romanesque devait parfois prendre le lecteur par la main pour lui rappeler qu’il avait, quelques chapitres auparavant, abandonné le vaillant Pardaillan, dans un cachot, entre les mains expertes de la redoutable Fausta Borgia.
Sloba Schneider, la conservatrice du RF de Martigny, avait donc refusé de me donner accès à l’acte de vente d’un terrain que la commune de Sembrancher venait d’acheter de ERAC SA, dont l’administrateur principal est Adolphe Ribordy, plus connu à Sembrancher sous le sobriquet de Dodo, au motif que, simple citoyen, et non pas avocat, ni notaire mandaté, ni partie, ni rien du tout, je ne pouvais pas être un intéressé, au sens juridique du mot, à qui elle pourrait donner accès au registre des actes, ni aux pièces justificatives, ayant permis à deux nouveaux copropriétaires de devenir les bienheureux inscrits en lieu et place de la commune de Sembrancher.
J’aime bien les digressions. Je quitte donc le récit qui captive les amis de Pardaillan pour vous dire que plusieurs esprits de talent m’ont proposé, pour résoudre l’énigme du terrain revendu, de descendre moi-même séduire Sloba, qui me remettrait forcément une copie de l’acte, puisque mon seul titre de notaire la ferait chavirer. Mais cette idée, toute simple, était en vérité une très mauvaise idée, non pas que le sourire de Sloba ne soit pas irrésistible, mais parce que je tiens, moi, à mon petit sceau de notaire. Il semble que certain confrère sédunois veuille s’incendier lui-même; n’ayant guère l’âme pyromane, je craignais même, enfant, de faire briller une allumette bengale aux abords de l’Hôtel du Parc les soirs de premier août, je me forçai ainsi à rester patiemment chez moi pendant cette période de confinement. Mais, je pourrais aujourd’hui, à nouveau, écrire à Sloba, et lui demander une autre attestation qu’elle n’a pas pu me remettre récemment, celle disant que je n’avais fait aucune demande écrite d’extrait avant que « l’improbable » Philippe Lorétan, par la Chambre de surveillance, librement et follement, me transmette cet acte divin par lequel Erac SA vendait ses biens-fonds à la commune de Sembrancher, et la remplacer donc par une autre demande exigeant qu’elle atteste aujourd’hui que je n’ai pas même consulté visuellement ce nouvel acte dans ses bureaux de Martigny. Mais je ne crois pas qu’il faille importuner sans vraie raison une fonctionnaire d’État bienveillante et respectueuse des justes formalités mises en place par le législateur que d’aucuns violent à longueur de journée. Quand on approche une dame, il faut, si l’on n’est pas un malotru, s’assurer de son libre consentement.
Aujourd’hui, ma patience a été remerciée. À mon réveil, – en fait, la chose s’est produite avant que je ne m’endorme -, l’acte de vente immobilière auquel Sloba me refusait l’accès, croyant, peut-être à tort, que je ne méritais pas d’y toucher, comme si je ne savais pas bien me comporter avec une pépite, m’a été transmis, par deux canaux séparés. La grosse, l’acte, pas la femme, oh non !, est sous mes yeux. Elle mérite d’être admirée, caressée et bénie.
Michel Zévaco n’oubliait jamais son Chevalier Pardaillan, ni la terrible Fausta ( au fond, ces deux s’aimaient passionnément, je vous le dis). L’imitant, sans son génie de l’embrouille, je dois rappeler au lecteur impénitent, à Sloba aussi si elle me lit, car on peut-être au cœur de l’intrigue et ne rien voir des avances que l’on reçoit, que le conseil communal avait finalement cédé à celles de Dodo Ribordy qui agissait pour Erac SA. Ce personnage, accessoire dans nos aventures, qui aurait voulu que mon cœur le préfèrât au sourire de Sloba, avait su convaincre son nouvel ami Bernard Giovanola que le prix et les conditions étaient bonnes tant pour l’acheteur, la commune, que pour Erac SA, la venderesse. Les gentilshommes du conseil communal se réunirent donc et décidèrent de plaire à Dodo Le Beau, et aux actionnaires de la société.
Mais s’est-on jamais vraiment intéressé à la volonté réelle de la commune de Sembrancher ? Je fais ici observer avec toute la délicatesse nécessaire, que la volonté de la commune n’est pas celle de son président et de son secrétaire, elle n’est pas celle de Dodo Ribordy, son conseiller communal, et elle est encore moins celle du notaire Lorétan. La volonté de la commune est celle du conseil communal in corpore et celle de l’assemblée primaire, lesquelles doivent être similaires. Dans le triolisme, que ni le Chevalier Pardaillan ni moi-même ne pratiquons, tous les partenaires doivent être consentants.
Et, précisément, dans mon stock d’informations « improbables », je disposais du désir exprimé et consentant de la commune : le prix des terrains, 100 francs pour une partie (1), 140 francs pour le solde; ERAC, donc Ribordy, devait s’occupait de rompre les contrats de baux avec les propriétaires de mobil-homes pour le 31 décembre avec l’obligation de libérer le terrain pour le 31 décembre 2017.
L’ami de Pardaillan qui aurait perdu sa mémoire au fil de la lecture, qui se trouverait alors un peu dans la position des lecteurs de Miquel de Palol lisant le Jardin des Sept Crépuscules aux 25o personnages, doit se retourner et relire l’ouverture du feuilleton de « Philippe Lorétan et le Filougate », dans lequel les conditions réelles de l’acte sont exposées. Il constatera que la volonté du conseil communal, exprimée dans le procés-verbal (1) n’est pas du tout la même que celle ténorisée dans l’acte notarial dressé par Philippe Lorétan et ne pouvait pas être la même que celle de l’assemblée primaire puisque celle-ci n’était pas encore arrivée au lieu de la « partouze », des locaux situés à l’Avenue du Ritz 33, à Sion, en face des bureaux du Registre foncier de Sion et en face de la poste du Nord, lieu réceptionnant notamment les dénonciations pénales en cascades rédigées sur le trottoir d’en face.
N’étant point puritain, ni moraliste sur ces choses de la vie, je ne suis pas opposé aux « partouzes ». Mais j’entends qu’on me permette de ne pas y participer, puisque tel n’est pas mon désir. Chacun son truc, comme dirait l’autre. En revanche, je considère qu’un participant à une « partouze » doit être certain que les filles qui y sont n’y sont pas amenées par contrainte et qu’elles acceptent toutes les pratiques qu’elles pourraient y subir. Une fellation peut, par exemple, être acceptée, sans que la dame ne veuille être sodomisée. S’il s’aperçoit que certains participants s’engagent sur une voie parallèle sans avoir le plein accord des personnes qui l’accompagnent, il doit, avec fermeté, s’opposer à ce déplacement interdit. S’il ne le fait pas, le sachant ou devant le savoir, il devient le complice d’un crime qui pourrait se commettre. J’essaie ici de démontrer avec une métaphore qu’il peut être dangereux d’exercer ses charmes au sein d’un groupe de chenapans. Se tenir à l’écart est alors un signe d’intelligence pulsionnelle.
Nous voilà donc certains aujourd’hui que le 9 septembre 2015, en l’Etude du Ritz, les participants juridiques à l’acte n’étaient pas en accord. Je ne dis pas encore que Philippe Lorétan, Dodo Ribordy, son compère du conseil d’administrtion de ERAC SA, Bernard Pierre Louis Giovanol et Daniel Emonet, n’étaient en osmose jouissive avec la chose; je dis simplement que ERAC SA, la Commune de Sembrancher et le notaire ont signé un acte qui ne correspondait pas à la volonté de la commune, telle qu’exigée par le conseil communal de Sembrancher. Je dis aussi que tous les participants à cette « partouze notariale » savaient que le prix de vente voulu par tous n’était pas celui fixé dans l’acte.
Pourtant, et le lecteur ayant encore quelque grain de neurone dans sa vieille carcasse, aura compris que l’auteur de ce feuilleton l’a chahuté sur les à-côtés de la route et ne l’a pas encore conduit à son terme. Il a raison, car je n’ai pas encore évoqué l’acte que refusait à ma vue la belle Sloba. Je dois ici me mettre à nu et offrir au citoyen valaisan un coin du spectacle qui m’a été gratuitement offert hier soir :
La question qui se pose maintenant est finalement assez simple, et elle est adressée, dans le système institutionnel suisse, exclusivement aux Sembranchards : Aviez-vous, librement et en toute conscience, accepté de participer à la « partouze » à laquelle vous ont conviés, ensemble et d’un commun accord, votre président, votre secrétaire, votre conseiller communal et votre avocat et notaire ?
Sloba, en sa qualité de conservatrice du Registre foncier de Martign, et moi-même en qualité de rédacteur en chef de L’1Dex, ne sommes que les éclaireurs de ce moment de vérité de la vie souterraine valaisanne.
Pour être franc, mais le lecteur de ce feuilleton l’aura déjà compris, Sloba, de par sa fonction, a été contrainte d’exiger une décision de l’assemblée primaire, celle prise le 15 décembre 2015, et moi-même j’étais libre d’aller voir ailleurs.
Libre ? Pas sûr ! Car, comme je l’ai dit récemment à l’Ours de Bagnes et à un gouvernant éclairé, je n’ai vraiment pas aimé que des « tarés » (2) soient venus m’importuner jusque dans l’East Side de Manhattan, à New-York.
Les vraiment gentils, les méchants ne les voient pas venir (3).
KEEP CALM AND ENJOY LE SHOW.
(1) « La société ERAC SA, par M. Adolphe Ribordy, souhaite vendre leurs propriétés de la Chapalette à la commune aux conditions suivantes :
– Le terrain nécessaire à la prolongation de la route d’accès jusqu’au pont de l’Ilon au prix de fr. 100.00 m2.
– Le solde au prix de fr. 140.00 m2.
– ERAC s’occupe de rompre les contrats de bail des propriétaire de mobil-homes pour le 31 décembre avec l’obligation de libérer le terrain pour le 31 décembre 2017.
– Le paiement se fera à raison d’un tiers à la signature de l’acte, un tiers en 2016 et le solde en 2017.
Le conseil accepte.
Le président contactera également la société La Prairie Sembrancher SA pour acquérir également le terrain nécessaire à accéder au pont de l’Ilon. »
(2) Le concept de « taré » est la composante et l’amalgame réunissant chez certains, sans que l’on puisse définir avec exactitude la part de ces éléments, l’incompétence, la malhonnêteté, la bêtise, la connerie et l’insanité. Les « tarés », ça ose tout, et sont totalement imprévisibles. Récemment, une connaissance, un très haut fonctionnaire, m’a regardé dans les yeux et m’a dit : « tu es tellement prévisible ». Il ne savait pas qu’il venait de me faire un vrai compliment.
(3) Les vrais gentils sont très sereins à l’égard de l’effet Papillon de leurs actes, nés d’une obligation d’estime vis-à-vis d’eux-mêmes. La défense de la justice est un combat.
10 thoughts on “PHILIPPE LORETAN ET LE CAS SEMBRANCHER. LE CHEVALIER PARDAILLAN, SLOBA ET LES ROIS DE LA PARTOUZE”
Cette bande de rapiats auraient, dans leur dos, sodomisés les Sembranchards avec ce dossier ?
Dodo, celui qui venait vous insulter l’autre jour ? On va sortir un peu du réel, seul les symbolistes pourront comprendre :
On dit que dans la ville de New York, il y aurait une âme protectrice qui flotte et que seuls les colombiers s’occupant avec attention des pigeons pourraient la percevoir. Ceci reste à vérifier. Le problème est qu’il faudrait d’abord avoir la chance de rêver d’une poursuite d’un rossignol,… Alors, au dodo !
L’effet Papillon,… Ceci est le titre de mon film favoris, qui a plusieurs fins ! Donc un battement d’aile à New York peut provoquer une catastrophe en Valais ?
« Ce que l’on conçoit bien, s’énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément ».
Nicolas Boileau «Chant I» dans L’Art poétique.
« Et ce qui fait que le tyran est maître de moi, c’est que je respecte au lieu d’examiner. C’est par croire que les hommes sont esclaves ».
Alain, Propos sur les pouvoirs (sous-titré Éléments d’éthique politique).
A lire l’1dex on en arrive à se demander si l’illégalité n’est pas institutionnalisée en Valais. La question est ici maïeutique. Evidemment.
En lisant l’1dex ces derniers jours, on souhaite se remémorer conjointement les dix commandements. https://ledroitcriminel.fr/la_science_criminelle/philosophes/theologie_morale/decalogue.htm
Un seul Dieu tu adoreras et aimeras parfaitement
Son saint nom tu respecteras, fuyant blasphème et faux serment
Le jour du Seigneur garderas, en servant Dieu dévotement
Tes père et mère honoreras, tes supérieurs pareillement
Tu ne tueras pas.
Tu ne commettras pas d’adultère.
Tu ne voleras pas
Tu ne porteras pas de témoignage mensonger contre ton prochain.
Tu ne convoiteras pas la maison ou la femme de ton prochain
Tu ne convoiteras rien de ce qui est à ton prochain
Pourquoi référer à des énoncés tirés d’un livre de la foi qui ne s’impose plus aujourd’hui nécessairement à chacun ? Parce qu’il est principalement question ici de préceptes visant simplement le MAINTIEN DE L’ORDRE.
Particularité stylistique. Mise en abime des faits par symbolique d’une scène réprimée par la morale, dans un canton agité par affaire d’adultère. Particularité stylistique contextuelle propre au canton.
Le canton est manifestement mis «à feu et à sang» par de multiples «affaires». Or, trop «d’affaires» nuit à l’image du canton tout en créant de l’insécurité juridique. Il est temps qu’advienne un sursaut cantonal d’application et de respect de la loi.
Cette bande de rapiats auraient, dans leur dos, sodomisés les Sembranchards avec ce dossier ?
Dodo, celui qui venait vous insulter l’autre jour ? On va sortir un peu du réel, seul les symbolistes pourront comprendre :
On dit que dans la ville de New York, il y aurait une âme protectrice qui flotte et que seuls les colombiers s’occupant avec attention des pigeons pourraient la percevoir. Ceci reste à vérifier. Le problème est qu’il faudrait d’abord avoir la chance de rêver d’une poursuite d’un rossignol,… Alors, au dodo !
L’effet Papillon,… Ceci est le titre de mon film favoris, qui a plusieurs fins ! Donc un battement d’aile à New York peut provoquer une catastrophe en Valais ?
Vivement la suite !
Enfin, mon film favoris avant d’avoir vu Dust !
Mots choisis traitant une malversation commise par un acte violant le droit.
« Ce que l’on conçoit bien, s’énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément ».
Nicolas Boileau «Chant I» dans L’Art poétique.
« Et ce qui fait que le tyran est maître de moi, c’est que je respecte au lieu d’examiner. C’est par croire que les hommes sont esclaves ».
Alain, Propos sur les pouvoirs (sous-titré Éléments d’éthique politique).
A lire l’1dex on en arrive à se demander si l’illégalité n’est pas institutionnalisée en Valais. La question est ici maïeutique. Evidemment.
En lisant l’1dex ces derniers jours, on souhaite se remémorer conjointement les dix commandements.
https://ledroitcriminel.fr/la_science_criminelle/philosophes/theologie_morale/decalogue.htm
Un seul Dieu tu adoreras et aimeras parfaitement
Son saint nom tu respecteras, fuyant blasphème et faux serment
Le jour du Seigneur garderas, en servant Dieu dévotement
Tes père et mère honoreras, tes supérieurs pareillement
Tu ne tueras pas.
Tu ne commettras pas d’adultère.
Tu ne voleras pas
Tu ne porteras pas de témoignage mensonger contre ton prochain.
Tu ne convoiteras pas la maison ou la femme de ton prochain
Tu ne convoiteras rien de ce qui est à ton prochain
Pourquoi référer à des énoncés tirés d’un livre de la foi qui ne s’impose plus aujourd’hui nécessairement à chacun ? Parce qu’il est principalement question ici de préceptes visant simplement le MAINTIEN DE L’ORDRE.
Particularité stylistique. Mise en abime des faits par symbolique d’une scène réprimée par la morale, dans un canton agité par affaire d’adultère. Particularité stylistique contextuelle propre au canton.
A Moyen-Age, certains puissants pouvaient tout se permettre en disposant conjointement d’un «droit de cuissage».
Ce qui sera approfondi dans le prochain épisode, LA PATAUGEOIRE DES TARÉS.
Merci pour l’article surréaliste en libre accès !
Le canton est manifestement mis «à feu et à sang» par de multiples «affaires». Or, trop «d’affaires» nuit à l’image du canton tout en créant de l’insécurité juridique. Il est temps qu’advienne un sursaut cantonal d’application et de respect de la loi.