COMMUNE DE SION. AMBULANCES : LE PRESIDENT ET LES LANCEURS D’ALERTE (6)

25 septembre 2020

Deux points, essentiels, seront abordés dans cet épisode : la réaction présidentielle liée au déclenchement du feuilleton et l’angoisse récurrente des victimes réelles et des lanceurs d’alerte, réels et imaginaires.

 

I

Le président

 

Philippe Varone, qui veut être réélu en octobre, lit L’1Dex. Il a donc réagi.

Avant de lui donner brièvement la parole (les sages savent être concis dans l’action), il sied ici de dire que le responsable des ambulances, le chef de service, le conseiller communal en charge du dicastère et le secrétaire communal avaient ou devaient avoir connaissance des récriminations, justifiées comme nous le démontrerons, du personnel infirmier.

Le président a été également informé.

De quoi ? That is the question.

En tout état de cause, il a lu, avec plus ou moins de plaisir, les premiers chapitres du feuilleton des « Ambulances » sédunoises.

Et il se veut rassurant, actif et même déterminé.

 

« Cher Stéphane,

Je ne peux que t’assurer que toutes les mesures seront prises pour restaurer un climat de travail serein au sein des ambulances de Sion. Bonne journée et bien à toi ».

De ce mot, je retiens le choix du futur du verbe être et le désir d’instauration d’un climat serein.

Dans la mesure où il en va de la sécurité et de la protection des usagers, personne ne va croire que le conseil communal ne fasse pas immédiatement une juste priorité du dossier des « Ambulances ».

II

Les lanceurs d’alerte

 

Un automatisme de répétition inquiétant s’installe en Valais lors de la révélation publique de graves dysfonctionnements d’une institution, d’un service, d’une unité publics. Les hommes de pouvoir ne s’interrogent pas beaucoup sur la nature, les causes et le contenu des reproches émis, mais sont bouillants d’impatience de dénicher les traîtres à la source des révélations :

A) dans le Verbiergate, l’employé communal ayant fait part des irrégularités manifestes est licencié;

B) dans l’affaire de la Résidence des Sources, des malheurs inqualifiables s’abattent sur l’infirmier apparaissant à visage découvert pour dénoncer des actes de maltraitance avérés commis sur les résidents;

C) dans l’affaire Statistiques-VS, un haut fonctionnaire est traité comme un malpropre et un criminel, alors même que les illicéités n’ont jamais été les siennes. Dans cette affaire, Roberto Schmidt ose le dénoncer alors même qu’il est curieusement muet envers son ami du Haut-Valais, Sergio Biondo, dont les actes illicites ont été démontrés par Gabriel Luisier dans le Verbiergate;

D) doit-on évoquer le cas de Joël Rossier au service de l’environnement dans le Lonzagate et l’affaire du mercure, alors même que Jacques Melly et Frédéric Favre sont d’une clémence stratosphérique envers Maurice Chevrier qui a franchi toutes les limites de la décence administrative;

E) dans l’affaire de harcèlement à l’ESCS de Sierre, la principale victime et dénonciatrice est éloignée du conseil de l’école par la nouvelle direction de l’époque à fin, a-t-on osé dire, d’apaisement;

F) dans l’une des affaires du préposé à la protection des données et la transparence, le procureur général a rapidement ouvert une enquête pour violation du secret de fonction pour déterminer d’où venaient les fuites;

 

G) Dans « Le Cas Sembrancher », l’avocat de la commune, au lieu de collaborer avec le préposé à la protection des données et la transparence et de convaincre la commune de fournir la documentation officielle requise, s’engage dans une procédure improbable de récusation, refusant de fournir les documents officiels demandés par … Le Nouvelliste;

H) le sommet du blues a peut-être été atteint lorsque Jacques Melly s’est offusqué dans l’affaire des constructions illicites que le Rapport de la COGEST ait fait l’objet d’une révélation à la presse dominicale, en osant évoquer un irrespect des institutions; on croit rêver (1).

Ce que j’entends aujourd’hui, ce contre quoi je lutterai toujours, est cette insidieuse et perverse manière de vouloir connaître l’origine des renseignements obtenus par les médias révélant une situation délétère et de se désintéresser des actes qui ont conduit de courageux lanceurs d’alerte à révéler ce qu’ils ne pouvaient plus supporter, la violation répétée de la loi.

J’en viens aujourd’hui à devoir dire que je ne connais pas d’ambulanciers, ni d’ambulancières, que je ne connais pas le chef de service, ni le responsable des ambulances, que je n’ai pas eu le moindre contact avec le président, ni un conseiller communal, ni même avec Rui Pinto que tout citoyen démocrate devrait défendre. Je ne savais même pas qu’il existait des ambulancières. La première fois que j’ai eu connaissance du nom de Stéphane Glassey est en lien avec la très grave affaire de la Résidence des Sources. Je me suis également intéressé en revanche de très près au programme de planning de l’Hôpital du Valais dont l’application a posé de graves problèmes d’exploitation du personnel. Un planning géré sans prise en considération de la Loi sur le travail peut provoquer des risques inconsidérés pour les patients. Très souvent aussi ces désorganisations dans la planification existent en parallèle avec des attitudes de harcèlement sur le personnel.

Un autre point ne doit pas être oublié par ces dominants tout puissants, c’est que l’accès aux données prétendument sensibles est souvent très facile pour ceux qui manifestent de l’intérêt pour une question singulière. Et je crois pouvoir dire aux lecteurs de L’1Dex que je suis l’un de ceux qui s’intéressent depuis le plus longtemps à ce champ du harcèlement, ayant même créé une page facebook en lien avec le harcèlement après la parution de ce livre tant apprécié par Philippe Varone, « J’aurais préféré Baudelaire heureux ».

Après avoir dit tout cela et vous avoir un peu saoulé, je fais observer que je trouve aujourd’hui presque naturel que des clefs USB, des lettres anonymes documentées, des rendez-vous de faux clients soient organisés, débouchant souvent sur la transmission de documents confidentiels et sur la possibilité d’obtention ultérieure d’autres renseignements croisés, émanant parfois d’avocats, de fonctionnaires, de secrétaires, d’employés et même – et oui ! – de très hauts cadres de l’administration. Alors, s’il vous plaît, braves gens de pouvoir, ne soyez pas assez tarés pour perdre votre temps à découvrir ce que vous ne saurez javanais ! Est-ce clair ? Et, bon dieu, ne croyez pas que les informations parvenues à la connaissance de L’1Dex aient été divulguées plus par un ambulancier, une secrétaire, un préposé à la photocopie que par le président lui-même, le secrétaire ou un conseiller communal minoritaire. Soyez un brin malin et occupez-vous du réel du dossier, pas de broutilles insignifiantes !

 

Un président face à des lanceurs d’alerte, légitimes dans leur désir d’un fonctionnement sain de l’unité des « Ambulances » et soucieux de plus de bien-être dans la Cité, doit prendre le dossier en homme sage, impartial, équitable, raisonnable et sans crainte de déplaire à des alliés politiques dont certain(s) membre(s), mâle(s) et masculin(s), (a)ont franchi les limites du supportable.

 

Parce que, oui, les limites de l’acceptable ont été réellement ignorées.

Et le président, d’autres aussi, le savent ! (2)

 

(1) L’1Dex reviendra sur ce dérapage proprement sidérant de la part du chef du département de l’environnement, qui était censé président la commission ad hoc de travail dirigé par Adrián Zumstein.

(2) Le président Varone s’est débarrassé d’une femme qui ne répondait pas à ses attentes dans l’affaire du Cycle de Saint-Guérin. L’avenir dira s’il fera acte de vraie Autorité à l’égard … d’un ou de plusieurs homme(s).

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

10 thoughts on “COMMUNE DE SION. AMBULANCES : LE PRESIDENT ET LES LANCEURS D’ALERTE (6)”
  1. Mais alors, c’est l’occasion de vous « présenter » l’ambulancier… Stéphane Riand que vous ne connaissez pas !

    « Après Alpha-Rhône à Martigny, il s’agit de la deuxième société d’ambulances reprise par l’Hôpital du Valais. 

    Du côté du personnel, désormais engagé par l’Hôpital du Valais, la satisfaction est également de mise.

    «Nous sommes vraiment satisfaits de la solution qui a pu être trouvée», explique STÉPHANE RIAND, AMBULANCIER À SIERRE « Nous nous y retrouvons sur le plan salarial et sommes gagnants du point de vue des conditions sociales et des possibilités de formation.»

    Stéphane Riand
    Ambulancier ES
    Hôpital du ValaisCEFOCA-SFG Centre de formation Catastrophe

    Sniper
    Sniper&Spotter

    1. Par devant moi, Me Stéphane Riand, notaire de résidence à SIon, comparaît Stéphane Riand ….

      Mais non, Spotter, Stéphane Riand n’a pas informé Stéphane Riand.

      L’1Dex est dans le champ de la vérité.

      1. Tout d’abord, c’est Sniper (… un détail) qui a signé ce commentaire, pas Spotter !

        Ensuite, qui a prétendu que l’ambulancier Stéphane Riand était l’informateur ?

        Assurément pas Sniper ni Spotter, aussi dans le champ de la VÉRITÉ !

        Sniper
        Sniper&Spotter

        1. Certains, voulant s’amuser, s’écartent de la vérité :

          Si Stéphane Riand n’est pas l’informateur de la Cité, qui donc a rédigé l’article princeps qui a initié la nécessité pour certains de gérer de manière sérieuse les justes récrimination des ambulancières et des ambulanciers que d’aucuns voudraient diviser pour asseoir leur néfaste abus d’autorité ?

          Dire aussi que Stéphane Riand ne connaît pas Stéphane Riand est une double ânerie. Mais pourquoi vouloir faire boire un âne qui n’a pas soif ? Peut-être simplement parce que l’on penserait qu’en l’abreuvant il donnerait un coup de pied de l’âne à celui qui le mériterait, donc ni à Sniper, ni à Spotter, ni même à Harry Potter.

          Mais à Stéphane, celui de L’1Dex, qui d’autre !

  2. Merci de rappeler le rôle essentiel des courageux lanceurs d’alerte. Le reconnaître publiquement c’est courageux aussi. Merci.
    Se concentrer sur le contenu des révélations plus que de l’auteur, tel est l’enjeu. Prendre conscience que notre cerveau reptilien qui réagit à l’instinct doit vite prendre de la hauteur.
    Léonard Dorsaz lanceur d’alerte sur les dysfonctionnements à la direction du Service de l’agriculture.

  3. Spotter Sniper Vos commentaires sont parfaitement ridicules. Dignes d’un huluberlu qui aime lécher les bottes pour se faire bien voir, tout en sachant qu’il est dans le faux.

    Tout mon soutien aux lanceurs d’alerte courageux et méritants et, malheureusement, critiqués, moqués, discrédités, voire frappés. Grand est leur coeur et leur soif de justice.

    Dénoncer des injustices, des infractions relève du devoir de citoyen.

  4. Lire ,rerelire,<>,après cette relecture je vois mieux et beaucoup plus claire dans ce monde d’injustice et de laisser faire….. Le BORNE coule des jours tranquille avec une sûrement belle retraite .HONTEUX…

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