Rémi Dupré, journaliste au Monde, qui a lu la chronologie parue à L’1Dex (cliquer ici), signe ce jour dans le quotidien français un article intitulé « L’ancien numéro deux de la FIFA, Jérôme Valcke, dans l’attente de la décision de la justice suisse » (cliquer ici [pour les abonnés au journal Le Monde]). Le Tribunal pénal fédéral rend son jugement cevendredi. Trente-six mois de prison avec sursis partiel ont été requis contre l’ancien secrétaire général de la Fédération internationale de football.
Extraits significatifs
M. Valcke, 60 ans, est poursuivi pour « gestion déloyale aggravée », « faux dans les titres », et « corruption passive » par le ministère public de la confédération helvétique (MPC). En septembre, lors du procès, le parquet suisse a requis contre lui trente-six mois de prison avec sursis partiel dans le cadre de l’enquête sur l’octroi aux groupes qataris Al-Jazira et BeIN Media des droits de diffusion pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient des Coupes du monde de football de 2026 et de 2030.
Le MPC reproche à M. Valcke d’avoir reçu de Nasser Al-Khelaïfi, en contrepartie de cette attribution, des avantages d’une valeur comprise entre 1,4 million et 2,3 millions d’euros, parmi lesquels « l’usage exclusif de la Villa Bianca » en Sardaigne, de mars 2014 à septembre 2015.
Lors du procès, M. Valcke est longuement revenu sur son parcours, de son apogée comme numéro deux de la FIFA (de 2007 à 2015) à sa dégringolade professionnelle, en passant par ses dettes abyssales et par la vente de ses biens immobiliers en Suisse. « Mon parcours est un peu comparable au jeu du Monopoly, dit-il au Monde. J’ai commencé petit pour finalement terminer rue de la Paix, puis retour au départ en passant par plusieurs cartes chance. » « Il n’a pas retrouvé de travail après la FIFA », a reconnu le procureur Joël Pahud.
Tout a été écrit sur les bonus que lui a versés la FIFA, sur son train de vie fastueux, son goût du luxe et son attrait pour les belles voitures et les yachts (mis en évidence par les « Panama Papers ») – un « train de vie de cigale », a souligné le MPC.
De nombreux observateurs de l’instance considèrent que l’actuel président de la FIFA, Gianni Infantino, verrait d’un bon œil une condamnation pénale du Français et de Sepp Blatter, son prédécesseur, 84 ans.
Pour sa part, le camp Valcke dénonce les rencontres secrètes ayant eu lieu en 2016 et en 2017 entre M. Infantino et l’ancien procureur général helvétique, Michael Lauber : des rendez-vous informels qui valent au président de la FIFA et à M. Lauber de faire l’objet d’une procédure pénale en Suisse. En 2019, M. Valcke et ses avocats avaient obtenu la récusation du magistrat, dessaisi des enquêtes sur la Fédération internationale.
La lecture de la chronologie de l’Affaire FIFA fera l’objet d’un élargissement prochainement. Cette chronologie dit sans ambiguïté le caractère mafieux de cette organisation sportive aux rendements financiers incomparables et aux pots-de-vin détonants.