Liminaire de L’1Dex : LeMatin.Ch, sous la plume de Eric Felley (cf. illustration), reprend l’information publiée le 19 janvier 2021 à L’1Dex.
(PAR ERIC FELLEY [LEMATIN.CH])
«Extrême droite» n’est pas diffamatoire
Uli Windisch, le rédacteur du site «Les Observateurs.ch» avait attaqué pour diffamation le rédacteur du blog L’1dex Stéphane Riand, qui avait qualifié son site «d’extrême droite».
Pour le juge valaisan (1), le fait de qualifier le site «Les Observaterurs.ch» de site «d’extrême-droite» n’est pas attentatoire à l’honneur d’Uli Windisch (2).
Anti-islamiste (3), nationaliste, conservateur, trumpiste (4), politiquement incorrect, le site «Les Observateurs.ch» pouvait-il aussi être qualifié de «site d’extrême-droite.» C’est la question à laquelle a répondu le procureur valaisan Jean-Pierre Greter dans un arrêt communiqué cette semaine aux parties.
Le 25 mars 2019, le fondateur du site «Les Observateurs.ch», Uli Windisch, avait déposé une plainte contre le rédacteur du blog valaisan L’1dex, Stéphane Riand. Celui-ci avait publié un article qualifiant le site du premier «d’extrême-droite». Uli Windisch avait estimé que cette appellation était diffamatoire et qu’elle avait notamment porté préjudice auprès des donateurs du site (5).
Le procureur Jean-Pierre Greter ne l’a pas entendu. Il constate qu’il existe deux courants d’extrême-droite en Suisse: «A savoir les partis populistes de droite d’une part et l’extrémisme de droite d’autre part. Les premiers, les populistes, critiquent régulièrement certaines formes de la démocratie représentative et des principes pluralistes du consensus démocratique de base, mais ils ne s’opposent pas fondamentalement à la démocratie». Et de citer dans l’histoire récente des formations comme l’Action nationale, les Démocrates suisses, Vigilance, l’Union démocratique fédérale (UDF), le Parti des automobilistes ou encore la Lega au Tessin.
Pour les seconds, qui évoluent hors du système démocratique, le magistrat constate: «Les extrémistes de droite par contre se distinguent par une idéologie fondée sur l’exclusion et l’inégalité du fait de la race ou de l’ethnie, qui demandent une homogénéité ethnique des peuples et refusent le principe de l’égalité inscrit dans la Déclaration des droits de l’homme. Ils rejettent le pluralisme des valeurs d’une démocratie libérale et veulent mettre un terme à la démocratisation.» (6)
En distinguant ces deux courants (7), le procureur valaisan a voulu faire la démonstration que le terme «d’extrême-droite» couvrait un spectre politique d’une portée «très large» et ne signifiait pas automatiquement un lien avec «violence ou terrorisme», comme s’en plaignait Uli Windisch. «Partant, l’affaire doit être classée», a-t-il conclu (8).
(1) Note de L’1Dex : plus exactement, ce « juge » est un procureur ayant décidé de classer le dossier, exerçant donc, comme la loi le lui autorise, une fonction de juge. La communication de fin d’enquête va aboutir à une décision de classement.
(2) L’1Dex se situe clairement dans le champ de la liberté d’expression que semble lui dénier dans le cas particulier le professeur.
(3) Il sied de s’interroger : l’expression anti-islamiste est-elle plus ou moins grave que celle d’extrême-droite ?
(4) Par les temps qui courent, n’est-il pas plus agréable d’être qualifié comme appartenant à l’extrême-droite que d’être assimilé à un trumpiste ?
(5) Soutenir un quelconque lien de causalité dans le cas d’espèce signifierait que L’1Dex a obtenu un poids considérable dans la Cité. Que voilà un vrai compliment. Nul besoin de préciser que la preuve du dommage n’a pas même été tentée. On le comprend.
(6) Dans le parlement fédéral, Mathias Reynard devrait-il se situer à la droite de Ueli Windisch ?
(7) Le spectre du syntagme « extrême-droite » est bien plus large que celui examiné dans la communication du procureur. En audience, Ueli Windisch a même tenté de démontrer qu’en utilisant ce syntagme, « extrême-droite », L’1Dex l’avait qualifié de « terroriste », de « nazi », de « fasciste » et j’en passe. Cet excès interprétatif devrait faire l’objet d’un examen plus sérieux. Il y est renoncé.
(8) Voudrait-on un pays dans lequel plus personne ne voudrait s’exprimer que l’on ne s’y prendrait pas autrement.
