La présomption d’innocence n’aura duré que l’espace d’un instant : la commune de Sion et l’État du Valais annoncent qu’ils n’entendent plus soutenir la compagnie Interface. La fin de la pièce est d’une tristesse sans nom, inscrite depuis longtemps dans des actes qui ne pouvaient un jour qu’éclater en pleine lumière obscure dans la cité culturelle.
Lorsque L’AGEFI titra « Tout le monde savait », le Grand Argentier cantonal, Hans Wyer, un chrétien-social, jaune du Haut, s’empressa de dire qu’il ne savait rien. Qui le crut ?
Après que L’1Dex affirma, en lien avec l’affaire Interface, que « Tout le monde savait », les distributeurs de l’argent public, la commune de Sion et l’État du Valais, s’empressèrent de répliquer : « Nous ne savions rien ». Qui croit ces bonnes gens ? A tout le moins pas cette artiste dont la voix résuma sa pensée : « Un secret de polichinelle ». Les hommes et les femmes politiques sont imbibés de la vie de la Cité; ce sont eux qui distribuent les subventions, les subsides, les prix, destinés au monde culturel. Ils, elles fréquentent ces lieux, quelques-uns avec assiduité. Peut-on dès lors penser avec quelque sérieux qu’ils ne savaient RIEN ? Qu’ils n’avaient jamais laissé traîné leurs oreilles ici ou lâ ? Je me réjouis de lire ces procès-verbaux d’auditions de tous ces importants disant qu’ils ignoraient tout de tout ça et que seule une enquête journalistique a illuminé leur connaissance de ce qui était totalement caché à leur curiosité inexistante.
Un autre aspect de la chose m’interpelle vivement. Nous avons compris qu’en mode réactif survitaminé le politique, en ces temps où le sexuel non consenti est fui comme la peste, a dit vouloir prendre sans délai toutes les mesures de précaution pour que la loi ne soit pas ignorée et que l’argent public ne soit pas dilapidé dans des jouissances non consentantes interdites. Vous le constaterez, les braves de la Rue des Vergers s’empresseront aujourd’hui d’aller fouiner dans les culottes de ces gens-là. Mais …
Mais, y aurait-il quelqu’un pour m’expliquer alors l’extraordinaire manque d’empressement de la justice politique, administrative, institutionnelle, pénale, dans ces affaires financières scandaleuses qui ont agité le canton ? Un exemple ? Le Verbiergate !
On a tous compris que le fric doit être protégé, le cul pouvant servir à l’occasion de paravent révélant l’empressement de la magistrature politico-judiciaire.
Si les statistiques judiciaires étaient accessibles et fiables, je parierais sans trop de risque de me tromper que les affaires à connotation sexuelle marquée sont traitées avec plus de diligence empressée que les affaires de pognon, surtout si celles-ci ont trait au clan du copain de l’ami fidèle d’en face.
Ce que je soutiens dans le champ de la politique pénale – ne demandez surtout pas au procureur général ce dont il s’agit, il bégaierait et prendrait une semaine de congé pour éviter un burn-out – est assez simple : le ministère public doit être pro actif dans tous les champs du droit pénal. En Valais, il est grossièrement passif, lent, sans curiosité et, surtout, dépourvu d’une qualité essentielle, l’intuition.
Je le concède, le flair judiciaire n’est pas donné à tous. Mais, à la chasse à courre, on préfère un Beagle ou un Braque de Weimar à un Berger blanc âgé à l’arrière-train endommagé. Il semblerait que le Valais parlementaire n’aime que la chasse aux bouquetins.
Bonjour à tous les bons nez.
Le droit de cuissage existe encore ? Le sexe alibi ou friandise, qui est le druide ?