PATATRAS. Le regard de Gérard Poussin sur le parent préféré (202)

6 février 2021

Gérard Poussin est professeur honoraire de l’Université Grenoble Alpes. Il a écrit un nombre respectable de livres portant sur la famille, notamment Les enfants du divorce, psychologie de la séparation parentale, La fonction parentale, Un seul parent dans la famille et Réussir la garde alternée. Simplifions pour les magistrats, les avocats et les psychologues, d’ici et d’ailleurs, à tout le moins en Valais et dans le canton de Vaud, qui croient disposer des vertus appropriées pour fonctionner au mieux dans ces affaires si chargées de difficultés diverses : l’expertise de ce professeur n’est pas feinte.

Ce professeur et docteur en psychologie, dans l’un de ses ouvrages, s’exprimant sur la question de l’aliénation parentale, s’exprime de la manière suivante :

« Souvent le parent en voie de rejet est frappé par le caractère adultisé des propos de son enfant. Cela l’amène à lui faire remarquer que ce qu’il dit ne vient pas de lui, mais du parent préféré. L’enfant qui a besoin de se sentir autonome n’a pas conscience de cela et considère ces remarques comme offensantes à son égard. L’effet est en général contraire à celui attendu : non seulement l’enfant n’est pas convaincu qu’il soit manipulé par le parent préféré, mais il se sent conforté dans l’idée que le « mauvais » parent doit être rejeté … »

Les articles parus dans la série des Patatras ont été bien lus par beaucoup de personnes différentes. Que ce bref article puisse être lu par ceux qui sont en charge aujourd’hui de ces dossiers si chargés d’émotion, de contestation, de mensonges et d’instrumentalisation.

Un bonjour particulier à ces « expertes psychologues », il y en a quelques-unes, qui ont abandonné leur mission si singulière et ardue pour se complaire avec pas mal de servilité dans les interstices du pouvoir institutionnel, dans lesquels d’aucuns se sentent en parfaite sécurité, convaincus de leur fluide intangibilité (1), (2), (3), (4), (5).

 

(1) Les experts internationaux (cf. précédents Patatras) privilégient la garde alternée et sont convaincus que le système réduit du droit de visite limité à quatre jours par mois peut être totalement opposé au bien-être de l’enfant.

(2) Certains dossiers imposent un rejet ferme de tout garde alternée; ceci est provoqué par exemple par des comportements franchement délétères d’un parent à l’égard de l’autre; dans ces situations, il n’est pas rare que des tiers, intervenants ou proches de l’un des parents, exercent un rôle « inapproprié » [doux terme qui recouvre parfois des états d’extrême gravité].

(3) Lorsque l’un des parents choisit de rejoindre son pays d’origine avec les enfants, ce qui est son droit, il doit être à même de contribuer à un maintien fort des relations avec l’autre parent, et à admettre que les vacances scolaires de l’autre parent puissent vraiment maintenir ce lien entre l’enfant et le parent éloigné.

(4) Une extrême attention doit être portée par les autorités, les auxiliaires de justice et tous les intervenants sur ces situations dans lesquelles l’un des parents, avec ou sans l’assistance de tiers, institutionnels ou familiaux, dénonce des abus commis par l’autre parent. L’ouverture d’une procédure pénale, par exemple, peut provoquer des suspensions délétères, parfois létales, de l’exercice du droit de visite ou de la garde alternée. Je pense ici par exemple à ce cas extrême où un magistrat, pourtant expérimenté, s’est totalement fourvoyé sur l’état de la mère, souffrant selon toute vraisemblance d’une grave psychose paranoïaque, qui a dénoncé un père, ce qui a entraîné l’ouverture d’une procédure pénale, puis une quinzaine de mois plus tard le suicide de la mère. L’enfant, qui avait passé les six premières années de sa vie avec son père, mise en institution, ne voudra plus avoir le moindre rapport avec son père, pourtant déclaré totalement innocent par la justice pénale.

(5) L’expérience indique que seul l’examen au cas par cas, sans aucun préjugé, est à même d’éviter des dégâts irréparables. L’exclusion de tout à priori dans l’analyse de ces choses qui appartiennent au plus intime de chacun est peut-être la condition basique permettant la réussite de la séparationl

One thought on “PATATRAS. Le regard de Gérard Poussin sur le parent préféré (202)”
  1. La mauvaise branche sur laquelle sont assises ces « mainteneurs de malheur » pour en tirer des salaires,… sera brisée par ceux qui savent véritablement voler,….

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