Les masques du mal : la deuxième chronique de Miquel de Palol (2)
4 mars 2021
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(PAR MIQUEL DE PALOL)
L’animal humain vit expressément pour la quête du plaisir et du bien-être. Ce n’est pas ici mon intention – il me faudrait plus d’espace – d’entrer en profondeur pour rechercher ce qui fascine un être tant opposé à un dessein tel que le Mal, compris de manière primaire comme l’opposition au Bien.
Au-delà de la curiosité, l’aspiration au Mal a un aspect infantile – qui ne le rabaisse pas. Les enfants sont autant capables de dire la vérité sans malice comme de tuer. Le mouvement mental est le même dans un cas comme dans l’autre. C’est dans l’enfance que le Mal est le plus immédiat et possible, plus à notre portée, joueur, expérimental, surprenant, instructif. Innocent dans tous les sens du mot, le plus terrible en premier lieu, quand il laisse une empreinte indélébile. La vie présente deux chemins à partir de quinze ans: vers le Mal ou vers l’ennui.
L’individu mature – il y a quelques années seulement le mâle, maintenant de plus en plus aussi la femelle – s’approprie le secret de Don Juan, celui qui le rend différent et extraordinaire : ne pas avoir peur. Il applique le même état d’esprit aux traités financiers ou sentimentaux, une désimplication émotionnelle pleinement installée dans la désempathie psychopathique, joyeusement méprisante des conséquences, et, comme les anciens anarchistes et les nouveaux fascistes, fanatique de la liberté. Elle saute d’une limite à l’autre comme l’addict au jeu qui ne peut s’empêcher d’augmenter la mise, mais tout ne brille pas dans le château du roi fou de Bavière, cela ne lui coûte rien de conseiller à ses officiers: ne donne pas trop d’argent à tes ouvriers.
Tu en feras des malheureux. Nous sommes à l’époque du petit fascisme prêt à porter.
One thought on “Les masques du mal : la deuxième chronique de Miquel de Palol (2)”
Encore un article contemplatif !
Ce qui suit peut parraître incompréhensif et pourtant,…
Et dire que le mot masque est de genre féminin, c’est finalement dire la vérité sur le mot mensonge et la vérité sur la féminité des mots « mal » et « bien », masqués par une masculinité mensongère imposée pour nous éloigner de la vérité.
Toutefois, je ne pense pas que la mascarade n’est que récente, c’est l’ère numérique qui l’exhibe et la démasque plus efficacement.
Encore un article contemplatif !
Ce qui suit peut parraître incompréhensif et pourtant,…
Et dire que le mot masque est de genre féminin, c’est finalement dire la vérité sur le mot mensonge et la vérité sur la féminité des mots « mal » et « bien », masqués par une masculinité mensongère imposée pour nous éloigner de la vérité.
Toutefois, je ne pense pas que la mascarade n’est que récente, c’est l’ère numérique qui l’exhibe et la démasque plus efficacement.