FC Sion. Barthélémy, la dope, la direction sportive et la mouche

15 avril 2021

Barthélémy Constantin a déposé une plaine pénale pour diffamation à l’encontre de Michael Gay des Combes coupable à ses yeux d’avoir diffusé sur sa page instagram dixneuf_20 un mème [1] l’assimilant, selon le fils de Cri Cri d’amour, à un « drogué » [2].

Barthélémy, planais-tu au moment où tu t’es exprimé ? Penses-tu sincèrement que – c’est une hypothèse bien sûr !! – un directeur sportif camé ou sniffeur impénitent n’est peut-être pas apte à prendre des décisions intelligentes ou susceptibles de propulser l’entreprise qui l’emploie vers les sommets sportifs auxquels aspirerait le président du club ? La fonction de directeur sportif, qui pourrait en disconvenir, peut être gravement affectée si elle était tenue par un « drogué ». Par conséquent, l’homme-directeur-sportif d’une société anonyme active dans le football pourrait être même susceptible d’un renvoi avec effet immédiat pour justes motifs si son employeur pouvait établir que cette personne ne respectait pas la loi fédérale sur les stupéfiants.

Mais, Barthélémy, comme tu es aussi clean que moi dans le champ stupéfiant des substances illicites, tu n’auras guère de peine à convaincre le Valais tout entier que tu n’es ni cocaïnomane, ni amateur de haschisch, ni sniffeur invétéré; tu produiras ainsi sans peine à la face du Valais un copie récente de ton casier judiciaire vierge et une analyse de laboratoire établissant la pureté de ton corps. Je m’engage, par souci de réciprocité, à établir in concreto que le responsable du site de L’1Dex est aussi propre que toi en publiant la même documentation que tu ne manqueras pas de transmettre à la presse valaisanne pour démontrer ta bonne foi que quelques méchants ou vilains semblent mettre en doute.

Nous sommes tous deux fils d’Ayentôts, et nous savons que nos parents seraient si déçus de savoir que nous snifferions que nous n’avons jamais envisagé ne serait-ce que l’hypothèse de fumer de la marijuana ou de s’adonner aux plaisirs de la poudre blanche. Nous avons suffisamment d’autres défauts que nous savons cacher à ceux qui ne nous aiment pas.

Et puis, comme le savent les héros de la série des Valeskovars, ce n’est tout de même pas parce que nous aimons les belles voitures que nous nous adonnerions, en roulant ou calmement assis sur un confortable divan dans notre salon, aux plaisirs de la coke, de la morphine ou de la marie-jeanne. Non, mais qui oserait nous pousser dans cette direction, holà ! Stop !

Cela dit, passons aux choses sérieuses, Barthélémy. Tu sais bien que Michael [3], tout comme moi, peut-être avec moins de ferveur, est un fan du FC Sion. Et nous nous faisons tous deux beaucoup de souci sur l’avenir en Super League des Rouge et Blanc. Alors, on s’interroge : à qui la faute ? Et il se trouve, tu le concèderas, que tu es directeur sportif. En cette qualité, me semble-t-il, ta responsabilité est certainement plus engagée qu’un diffuseur de mèmes ou qu’un rédacteur de blog-média. Et, dans ce cadre, dans un élan d’imagination, un brin excessive selon Michael, carrément malhonnête selon toi, un fervent supporter, ne maîtrisant pas la métaphore avec dextérité, a cru déceler l’origine des erreurs du management sportif par la faute à l’absorption inopinée ou incontrôlée d’une substance interdite ? L’extension est ici excessive pour quiconque ne possèderait aucune preuve de son allégation. Mais un Constantin, par nature, n’est pas susceptible ! Alors, bon dieu, quelle mouche [4] t’a piqué et t’a convaincu de déposer une plainte pénale à l’encontre de ce supporter de longue date qu’est Michael ?!

La bonne nouvelle, dans cette séquence, est que nous savons enfin tous que tu n’es pas un consommateur de came; car, le serais-tu, tu serais aussi un sacré bougnoule d’avoir tenté ta cible d’apporter la preuve de la vérité en requérant du procureur en charge du cas la production de ton casier judiciaire et de tes antécédents de laboratoire. Mais, comme je le dis, ouf, tu es clean de chez clean, aussi propre que le plus propre des Valeskos, aussi innocent que le plus innocent des innocents de l’Evangile, et tu sauras, à l’aide simplement de la caféine, parler avec conviction à Marco Walker, ou au prochain coach, pour que le FC Sion resplendisse à nouveau à Tourbillon et dans tous les stades de Suiss.

Barthélémy, concentre-toi sur l’essentiel, oublie Michael et travaille, jour et nuit s’il le faut, sans l’aide d’excitants médicamenteux, juste un petit café bien noir, avec un seul but dans ta tête : comment sauver le FC Sion ! Michael et moi, je le sais, t’apporteraiennt tout le soutien nécessité par ce moment scabreux, si tu nous priais d’éclairer ta lanterne. A toi de voir.

N’hésite pas, Barthélémy, si cet article t’a reboosté, à soutenir L’1Dex en cliquant ici.

Hop Sion !

Bonjour à toutes les mouches, d’ici et d’ailleurs [5].

 

 

[1] Un mème (de l’anglais meme; à ne pas confondre avec le français même) est un élément culturel reconnaissable, reproduit et transmis par l’imitation du comportement d’un individu par d’autres individus. L’Oxford English Dictionary définit le meme comme « un élément d’une culture (prise ici au sens de civilisation) pouvant être considéré comme transmis par des moyens non génétiques, en particulier par l’imitation ». William Seward Burroughs parle de communication virale pour la diffusion de bouche-à-oreille d’information et de concepts. Selon cette hypothèse, toute culture est constituée d’unités échangeables, qu’elle véhicule d’un individu à l’autre, et se maintient ainsi au travers du temps en subissant toutefois des variations. Leur rôle peut être banal (par exemple : marque très connue…) ou crucial pour la vie en société (par exemple : paradigme, protocole…). Un mème peut être largement répandu car il tend à se diffuser par lui-même une fois franchie une masse critique d’utilisateurs du terme (percolation). 

[2] Ce signifiant est utilisé par Barthélémy Constantin et non par la cible de la plainte en diffamation (cf. cliquer ici).

[3] Interview de Michael des Combes

[4] Lire le premier mai, à l’occasion des Dix Ans de L’1Dex, l’article intitulé « La Mouche » et signé par la Fille Presque Parfaite

[5] Mais qui est donc cet avocat qui communique via Instagram avec l’adversaire de son client ?

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

14 thoughts on “FC Sion. Barthélémy, la dope, la direction sportive et la mouche”
  1. En fait je suis un grand fan de votre travail sur l’1Dex mais vraiment j’ai de la peine à comprendre l’acharnement sur Barth. Pas que je veuille le défendre, n’étant pas un grand fan du personnage..

    Je comprends qu’on critique son travail mais de là à lui demander de se faire dépister.. C’est sa vie privée après tout non ?

    1. Ce petit exercice pamphlétaire ne visait qu’à faire comprendre qu’un manager sportif peut être affecté par l’absorption de substances et qu’il est donc faux de raisonner comme le fait Barthélémy.

      Pour le reste, dans le champ pénal qu’il semble avoir choisi comme terrain de jeu, il faut être prêt à être déshabillé. Donc cette plainte n’est peut-être pas une bonne idée.

      Cela posé, je peux vous accorder que sniffer ou fumer appartient au domaine privé; mais, les comportements – en l’occurrence inexistants si j’ai bien compris – peuvent affecter votre travail, même si vous êtes directeur et manager sportif, une fonction éminemment public en Valais.

      1. Bonsoir Me Riand,

        J’ai lu avec intérêt votre texte concernant le fils de M. Constantin.

        Et comme j’aime apprendre, pourriez-vous, s’il vous plaît, m’expliquer les différentes réponses que vous avez faites à « Albert » ce 16 avril 2021 à 14h26 ?

        Je peux comprendre que le fils de M. Contantin raisonne faux (selon vos écrits) et je me dis qu’il est encore jeune et que son père est là pour lui apprendre son métier.

        Vous répondez ensuite, toujours à Albert ceci :  » dans le champ pénal, il faut apprendre à être destabilisé ». Ok, celà je l’ai compris.

        Vous répondez ensuite, toujours à Albert, ceci : « … donc cette plainte n’est peut-être pas une bonne idée ».
        Cette phrase de votre part m’interpelle car je n’arrive pas à comprendre où se situe exactement LA LIGNE à ne pas dépasser pour ne pas se retrouver sous le coup d’une plainte pour diffamation. Comment savez-vous de quel côté de cette ligne vous vous trouvez encore lorsque vous écrivez cette phrase ?

        Heu…. maintenant j’ai un doute entre les 2 mots « diffamation » ou « harcèlement »… mais ma question reste la même. Merci

        D’avance, Me Riand, je vous remercie de vos précieuses explications car j’adore apprendre et continuer de m’instruire même si je ne suis pas dans mon domaine de compétences.

        Bien à vous,
        Rosita Morelato-Reynard

  2. Mais tu es qui toi Stéphane Riand pour demander à un individu, avec lequel tu n’as bien entendu aucune relation, de produire un test de quelconque nature que ce soit !
    Je ris.. mais je pleure aussi.. de la bêtise humaine. Et j’ai peur ! Peur car force est de constaté que cela provient souvent de personnes âgées.
    Un abonnement au club et/ou votre ancienne fonction ne sont bien entendu pas considérées comme relation légitime a cela.
    J’espère sincèrement qu’il ne s’abaissera pas à répondre à une demande provenant d’une frustration et d’un acharnement inhumain.

    1. Bah, il aurait certainement été préférable que Barth accepte le droit de s’exprimer de ce « dessinateur » et prendre ce dessin à la rigolade plutôt que de piquer la mouche comme il l’a fait !
      Après, s’il préfère porter plainte contre ce « dessinateur » pour diffamation, calomnie ou je ne sais quoi d’autres , en aller au bout de sa plainte, il me semble , tout à fait logique , qu’il doive démontrer que ce « dessin » (ouvert à différentes interprétations) serait effectivement une calomnie ou une diffamation et qu’il n’est certainement pas ce que « dessin » pourrait faire croire qu’il est ! (Un consommateur ou pas).
      Maintenant, est ce que c’est vraiment S. Riand qui demande à Barth de produire un test négatif ou ne serait-ce pas plutôt une demande légitime qui lui tombera dessus , dans la suite logique de sa propre plainte porté contre ce dessinateur ??
      À voir

      1. Bon, ben….. j’avais juste poliment posé une question dans le but d’apprendre, de m’instruire…. j’aurai pas la réponse. Pas grave. Je peux très bien vivre avec. Merci

        1. Selon mon appréciation, toute personnelle, la plainte pour diffamation ou calomnie, est une sorte de dernière mesure pour signifier à travers l’institution judiciaire que la toxicité de l’autre n’est plus supportable. Dit gentiment, puisque certains semblent s’amouracher de Barthélémy, le fils de Cri Cri d’amour est sur ce coup un peu susceptible. Mais bon, grand bien lui fasse de penser qu’un juge va pouvoir réparer ce qu’il a estimé être une atteinte pénale à son honneur. Qu’il compare avec d’autres procès similaire, peut-être verra-t-il l’intérêt à retirer sa plainte. Cela dit, on peut avoir une opinion strictement contraire. Envie de dire : à chacun sa susceptibilité. Il semblerait que celle-ci ne soit pas spécialement transmise par les gênes. Mais, là encore, on peut se tromper. Bonne journée.

          1. Grand Merci Me Riand pour votre réponse.

            Que celà est complexe ….

            Bien à vous,
            Rosita Morelato-Reynard

  3. L’inconfort ressenti par certains à la lecture de l’article est peut-être dû au fait d’être confronté à des allégués situés à cheval entre domaine privé et public, ce qui interroge la pertinence d’un article, car la circonstance peut faire craindre un lynchage. Cette crainte serait d’autant plus grande s’il s’agissait d’un émigré de première ou seconde génération. Mais cette crainte vaut aussi ici. D’une part, il semble que les considérants contiennent en filigrane la disposition du code pénal correspondant à l’article 173 al. 2 (ci-dessous). D’autre part, il demeure la question de la distinction entre domaine privé et public. Enfin, il se pose la question de la délimitation entre «personne publique» et «personne non publique», que nous concédons être dans l’incapacité d’établir totalement.

    Art. 173 CP
    2. L’inculpé n’encourra aucune peine s’il prouve que les allégations qu’il a articulées ou propagées sont conformes à la vérité ou qu’il avait des raisons sérieuses de les tenir de bonne foi pour vraies.

  4. Si nous nous souvenions de la déclaration du père de Barth d’il y a quelques mois, je cite de mémoire:
    « il préférable qu’un jeune tape du ballon au FC Sion, ça lui évitera de se droguer derrière la gare ». Fin de citation.
    Une vision manichéenne, toute dans la subtilité, plus binaire tu meurs…
    Et si cette pharse, ops phrase (laspus révélateur) avait à voir avec l’origine du « meme » attaqué ? Si ce n’est pas le cas, c’est la première idée qui m’est apparue.

    1. après si il y avait moins de drogue à disposition et à tentation dans tous les recoins de gares, forêts et autres quartiers glauques de ce Canton, le nombre de consommateurs et de personnes y exposées serait moins important ! La consommation de stupéfiants est devenue courante et trop banale dans tous les milieux, tous, et oui… ce qui n’arrange rien vu que nous produisons déjà passablement de pinard !
      le mélange peut-être parfois explosif et destructeur.

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