Super League. Gianni Infantino : opportuniste, cynique, caméléon, un Haut-Valaisan

23 avril 2021

Rémi Dupré, du quotidien Le Monde, est allé enquêter dans les couleurs de l’UEFA et de la FIFA au sujet du positionnement réel de Gianni Infantino dans la séquence liée à la création – avortée – de la Super League (cf. article du Monde du 23 avril 2021, à 10 heures).

Rémi Dupré a consulté une note transitoire de 18 pages intitulée « Proposition de Super Ligue »; il est écrit que la « Super Ligue s’engagera à envoyer 12 clubs européens pour disputer la nouvelle Coupe du monde des clubs annuelle ».

Les deux paragraphes suivants démontrent « l’habileté » du Brigand, dont les qualités de Haut-Valaisan sont bien connues de Sepp Blatter et de Roberto Schmid :

« Dans les couloirs de l’UEFA, on souligne « l’opportunisme et le cynisme de Gianni, qui est un grand stratège ». Depuis le temps où il officiait en tant que secrétaire général de l’UEFA, M. Infantino et l’un de ses principaux conseillers, l’Italien Mario Gallavotti, entretiennent de très bonnes relations avec le président du Real Madrid, Florentino Pérez, grand ordonnateur de la Super Ligue.

Un fin observateur du football mondial s’interroge : « A-t-il fait quelque chose pour empêcher ce projet ou l’a-t-il au contraire encouragé jusqu’à s’apercevoir que la vague de désapprobation était de cette ampleur-là ? » Un autre dirigeant influent résume : « Infantino semblait gagnant dans tous les cas et pouvait jouer sur les deux tableaux » : « Si la Super Ligue se faisait, l’UEFA aurait été affaiblie, Ceferin discrédité » ; dans le cas contraire – c’est ce qui est survenu quand le projet de Super Ligue a disparu aussi vite qu’annoncé –, M. Infantino pouvait apparaître « comme celui qui rassemble la famille du football, l’opinion publique voyant qu’il y a un problème au niveau du foot européen ». »

Gianni Infantino, c’est un peu le Boris Johnson du football : « Boris Johnson avait écrit deux tribunes avant le Brexit, une en faveur de l’Europe, et l’autre contre ». C’est aussi le Roberto Schmidt de la politique footeuse, celui qui peut simultanément être pour et contre le Verbiergate, lui-même étant pour et contre l’excès de fric dans le foot. Son avis divergera en fonction de son interlocuteur.

Une sorte de sincérité ponctuelle à l’état pur.

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

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