Elections au Tribunal cantonal. Le nouveau parlement devant ses responsabilités politiques

3 mai 2021

Hypothèse imaginaire : le procureur Dubuis est un brillant juriste désirant finir sa carrière au Tribunal cantonal : doit-il être élu ? La seule réponse politique acceptable est non. Voici pourquoi.

Le Valais a choisi pour son gouvernement une proportionnelle de facto : 2-1-1-1.

Pour placer Dubuis au TC, le PDC voudrait 7 magistrats sur 12, alors qu’il n’en a « droit » qu’à 5. Les Oranges veulent exclure Les Verts de l’Avenue Mathieu Schiner. Pour ce faire, ils font la cour à l’ancien apprenti de Vétroz, devenu chef de salle, qui, en fidèle dévot du Ritz et de leur ami Nico, ne voit rien d’insolite à accorder 7 sièges au PDC qui l’a tant aimé lors des dernières élections cantonales, alors que le PDC vient de perdre … 7 sièges au Grand Conseil. Ainsi, le PLR s’orangidifie et voudrait accorder 58,3 % des sièges du TC au PDC (7 sur 12), qui représente seulement 36,9 % des sièges parlementaires (48 députés pour 130 sièges = 36,9 %). Une telle hypothèse réalisée serait la démonstration finale selon laquelle le PDC, contrairement aux chiffres, est sorti renforcé de ces élections, puisque Fredo et ses potes auraient accepté de voter pour le plus piètre des candidats en lice, simplement parce que certains esprits peu éclairés auraient agi en coulisses dans ce sens.

 

Le peuple a clairement dit vouloir passer à une proportionnelle de fait. Les députés, qui accorderaient plus de cinq sièges au PDC au Tribunal cantonal, démontreraient leur peu de foi dans la volonté populaire. Et si, par hasard, ils auraient l’idée d’accepter la désignation de sept juges PDC, en y incluant Nicolas Dubuis, ils afficheraient encore plus leur dédain envers les électeurs.

Mais, respirons. L’hypothèse de la brillance du procureur général bute devant la réalité, celle écrite à L’1Dex ce 25 avril (cliquer ici), et transmise aujourd’hui et demain à chaque député, tous bords confondus.

Il ne saurait donc y avoir de surprise : le Grand Conseil saura simultanément respecter les répartitions politiques et élire des gens compétents.

Bye bye Nico. Un au revoir mérité puisque en deux législatures le ministère public s’est désagrégé, ne parvenant à maîtriser ni le décollage des dossiers, ni le suivi des délits dans les airs, ni l’atterrissage devant les juges. Il est donc grand temps de changer aussi le pilote en chef de la Rue des Vergers, l’amateur du pistolet à air comprimé.

A moins de penser que tout ce beau monde se soucie de la justice comme de leur dernière liquette. … On verra tout ça ce mercredi au Grand-Pont, en même temps que la députée suppléante verte Elodie Praz, informée par courriel des qualités infinies du procureur général à 22 heurs 51 ce lundi soir. Elodie ne manquera d’échanger à ce sujet avec les siens et avec d’autres.

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

2 thoughts on “Elections au Tribunal cantonal. Le nouveau parlement devant ses responsabilités politiques”
  1. Que les députés démontrent le courage d’un changement nécessaire !

    Sérieux et compétence de la part de nos représentants de la Justice !

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