François Corthay, Eloi Rossier et Frédéric Perraudin : les fossoyeurs de l’Ours du Châble et leur ultime frasque

5 juin 2021

Au moment même où mes doigts s’enfoncent sur mon clavier d’ordinateur pour vous conter cette chose, je ne parviens pas à y croire. Pourtant, après plus de mille articles sur le Verbiergate, je devrais être habitué, me direz-vous, à ces vilenies. Et bien, non ! Je ne m’y fais pas, et je me dis que, oui, il y a un Etat de droit, il y a des organes institutionnels pour appliquer les lois, et il doit y avoir, sur terre et pas dans les cieux, une sorte de justice pour les braves. A l’évidence, à Verbier, il y a essentiellement un lieu où sévissent les hors-la-loi, les tricheurs et les nobles menteurs.

Nous étions quelques-uns à penser que les vilains feraient acte de contrition lors du procès tenu récemment au Palais de Justice de Sion sous la houlette du Juge de l’Entremont. Nous avons dû déchanter quand nous avons eu connaissance de ces mensonges diffusés dans l’allégresse du déni assumé par quelques-uns.

Et voici que L’1Dex, toujours aussi bien informé, se retrouve avec un document officiel … étonnant. Pour que vous puissiez savourer avec moi la qualité de ce papier administratif, il est nécessaire de proposer un flash-back.

Le 9 novembre 2015 était dénoncé par Gabriel Luisier le cas du chalet de François Corthay, alors vice-président de la commune de Bagnes. Apparaissant à la télévision, ce brave soldat du bon dieu avait dit, en montrant sa parcelle, qu’il ne pourrait jamais réaliser son rêve d’enfant, construire sur ce bout de terrain qui venait de ses ancêtres, parce que le peuple suisse, dans sa majorité, avait cassé son rêve. Mais François Le Malin n’a pas craint d’affronter la loi et a construit ce chalet que, bientôt, l’autorité ne lui permit plus de fréquenter : il était en effet interdit de construire une résidence secondaire. Il fut alors contraint de louer son bien. J’avais résumé ainsi la chose le 4 avril 2016 : « Corthay, c’est un peu le Maradona de Verbier : Dieu a choisi la main de Diego pour faire plier les Anglais et a donné le chemin à suivre à François, l’ancien basketteur bagnard, pour dribbler et feinter tous les puissants protecteurs de la loi de chez nous. Je vous l’accorde, c’est plus facile de scorer un panier quand l’arbitre est absent et l’adversaire complaisant envers vous-même puisque vous jouez les deux rôles à la fois. Corthay, et c’est certainement sa force, est resté un enfant : il déplace dans son fort en bois en même temps les cowboys et les indiens et, à sa guise, avec l’aide de ses sous-fifres, il va pouvoir au gré de ses fantaisies enfantines faire triompher les Apaches ou les soldats émérites porteurs de carabines. Il est scénariste, acteur et spectateur de ses exploits fantastiques. »

Le lecteur attentif aura ainsi compris que le cas du chalet de François Corthay a été dénoncé à l’autorité communale par un employé communal le 9 novembre 2015 et que la décision de résilier les rapports de service de ce fonctionnaire est intervenu le … 10 novembre 2015 ! Je ne sais pas vous, mais moi, j’appelle ça une exécution commise par des hors-la-loi [1].

Dès l’instant où un bien est occupé puis loué, pensait-on naïvement, la commune avait délivré un permis d’habitation. Personne n’imaginerait qu’une autorité responsable, en plein scandale débutant du Verbiergate, puisse permettre d’ordonner à son vice-président de ne plus fréquenter lui-même son chalet, mais de se contenter de le louer sans avoir simultanément vérifié qu’un permis d’habitation avait été régulièrement délivré. A tout le moins, penseront les naïfs, ce permis, dans l’hypothèse farfelue où il n’aurait pas encore été délivré à ce mini nain de Verbier, aura été accordé et les responsables auront fait rapidement le nécessaire pour régulariser le dossier administratif.

A la Maison de Commune de Bagnes, on ose tout. En effet, constatant l’illicéité, connue de tous, de la construction du chalet du vice-président, sachant que ce bien était occupé, voilà que la municipalité, sous la direction factuelle de ce duo sans peur et sans reproche composé du président Eloi Rossier et du Gardien des Traditions Frédéric Perraudin ne s’inquiète nullement de vérifier quoi que ce soit. Ou presque. En tout état de cause, la commune de Bagnes a délivré le permis d’habitation de François Corthey uniquement le …

… Quelle date pensez-vous correspond à celle de la délivrance de ce permis d’habitation ?

Avant le 9 novembre 2015 ? Soit avant le départ de l’Ours du Châble ?

En février 2016, à la date fictive à laquelle la commune, sous l’égide du duo des caïds Rossier et Perraudin, a fait la peau de Gabriel Luisier ?

Avant la réélection du président en 2017 ?

En 2018, au moment où tout cela commençait à sentir le roussi pourri ?

En 2019, quand tout était déjà perdu, mais où les bobets et courtisans de là-haut pensaient que la justice pénale renoncerait à les maltraiter ?

Au début de l’année 2020, lorsque le Conseil d’Etat commençait à s’énerver vraiment dans les coulisses du pouvoir ?

Désolé, vous avez tout faux : le permis d’habitation pour le chalet illégal de François Corthay, le premier héros du Verbiergate, a été délivré le 30 novembre 2020.

Le 30 novembre 2020 !

Le 30 novembre 2020 !

Le 30 novembre 2020 !

La question insolite est aujourd’hui la suivante : la commune du Val de Bagnes va-t-elle exiger du bienheureux propriétaire la restitution des gains illicites, puisque celui-ci a bénéficié jusqu’à cette date illégalement du produit des loyers versés pour un bien dépourvu du permis d’habitation ?

L’équité voudrait que cet argent versé dans la caisse communale puisse servir à indemniser un peu l’Ours du Châble, Monsieur Gabriel Luisier, employé communal en devenir ?

Qu’en pensez-vous, Monsieur François Corthay ?

Répondra-t-il à L’1Dex ?

On verra [2].

 

 

[1] A dire vrai, ce syntagme de « hors-la-loi » eût pu être aisément remplacé par toute une série de qualificatifs bien moins élogieux qui, tous, s’arriment à la sémantique de la criminalité économique de bas-étage, qui mériterait des sanctions pénales exemplaires, fondées notamment sur ces abus d’autorité caractérisés au sens de l’article 312 du code pénal.

[2] Quel magistrat valaisan, quel avocat, quel greffier, quel juriste, oserait soutenir l’absence de tout soupçon de commission d’abus d’autorité commis par François Corthay et ses camarades lors de la résiliation des rapports de travail de Gabriel Luisier en date du 10 novembre 2015 ? Question dès lors au procureur général : eu égard au fait que le tribunal fédéral vous autorise à exercer votre métier, allez-vous ouvrir une enquête préliminaire à l’encontre de tout ce beau monde ?

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

4 thoughts on “François Corthay, Eloi Rossier et Frédéric Perraudin : les fossoyeurs de l’Ours du Châble et leur ultime frasque”
  1. Il s’agit d’être clairs et de savoir que lorsque l’on vit dans un milieu où tout est permis, où il n’y a plus de limites, où chacun fait ce qu’il veut comme il veut et que de risque de sanction il n’y a point, on vit alors au milieu des fous, ou des démons, de ceux qui n’ont ni conscience et ni morale.

    Ce règne-là existe de l’autre côté de la lumière.

  2. En 1857, le Dr Benedict A. Morel a écrit : Le traité des dégénérescences physiques, intellectuelles et morales de l’espèce humaine.

    Peut-être y aurait-il quelque réponse à chercher dans ces écrits ?

  3. Tout simplement scandaleux, immoral, incroyable.
    Des fourbes, des vauriens, voilà ce que sont certaines vedettes mécréantes de la politique du Val de Bagnes.
    Quant à la réaction attendue et espérée de la nouvelle gouvernance, je n’y crois pas du tout. Ils sont trop copains comme « cochons ».
    Monsieur Corthay enseignait, à un moment donné, au collège de Bagnes. Y enseignait-il le droit peut-être !?

  4. Eh bien, la lecture de l’1dex a appris une expression: «copains comme cochons», saisissante face à la corruption minant les organes publics et de justice en Valais.

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