Verbiergate, Les Arcades. Spaghettis au thon et absolution

18 juillet 2021

Les huit années de l’ère Rossier, qui s’étendent de 2012 à 2020 et qui recouvrent une grande partie de la petite histoire de L’1Dex, resteront à jamais gravées comme celles de l’incompétence et de la malhonnêteté cumulées.

Les 1000 épisodes du Verbiergate attestent cette réalité funeste. Ils sont complétés aujourd’hui par la tonitruante déroute du Centre médical des Arcades, qui est la démonstration supplémentaire de ce grand n’importe quoi qui a envahi ce conseil communal dépassé, déglingué et décomposé.

Comme le dit avec des mots plus ouatés le président Christophe Maret, on se demande bien quel raisonnement légal a amené la municipalité de Bagnes à devenir un entrepreneur médical, puisque une collectivité locale n’a pas vocation à devenir cabinet médical. On s’interroge mème de savoir comment cette chose connue de tous a pu recevoir l’assentiment du département de la santé publique et a pu même être admise par la Société Médicale du Valais, puisque la viabilité du projet était par essence liée à l’octroi de financements communaux massifs. C’est marrant que dans une commune archi dominée par une droite néo-libérale proche de la jungle financière personne ne se soit vraiment inquiété de cette dérive plus proche de Lénine que de la main invisible du marché chère à Adam Smith.

Comment cela a-t-il été possible ? Chacun répondra de lui-même à cette cruelle question, L’1Dex se contente de renvoyer ses lecteurs, trop nombreux aux yeux de Cratogne, à tout ce qui a été dit au sujet des dérives liées aux constructions illicites, cette affaire dépourvue encore d’acte d’accusation au motif principal qu’à l’éclatement de l’affaire le 21 août 2015 dans Le Nouvelliste le procureur général a fait preuve de ce manque d’intuition si caractéristique de son talent à gérer sans discernement l’impunité et à favoriser des hommes qui ne le méritent pas, et à poursuivre des innocents à cause d’un manque de flair qui devrait grandement inquiéter ceux qui l’ont nommé s’ils avaient un quelconque souci de la chose publique.

Je ne vais pas démontrer ici les raisons évidentes qui devraient conduire à l’ouverture d’une enquête pénale préliminaire pour déterminer si l’infraction pénale de gestion déloyale des intérêts publics a été ou non réalisée, car ce développement autoriserait les pensionnés de la Rue des Vergers à trouver une excuse supplémentaire pour ne pas amener le dossier du Verbiergate devant un tribunal.

Dick Marty a donné le la et montré comment il est facile de s’extraire d’une procédure pénale : il a exclu toute condamnation du procureur général en soutenant dans l’Affaire Dominique Giroud qu’il n’avait pas agi intentionnellement mais par négligence dans un excès de précipitation. Or, que peut-on lire dans Le Nouvelliste du jour : « Mais on peut s’étonner de la précipitation avec laquelle elle s’est lancée dans ces dépenses qui, avec le recul, paraissent si incertaines. » Le président et les conseillers communaux échapperont à toute condamnation puisque l’accusateur public cantonal médiatique a imité Dick Marty et a sorti du chapeau l’objection de la négligence qui permet dans les délits économiques avérés toutes les fantaisies jurisprudentielles.

Et c’est ainsi qu’en Valais et ailleurs on absout les dominants tout en persévérant contre les pauvres qui, dans la précipitation ou avec trop de lenteur, s’achètent gratuitement chez Manor les spaghettis, une boîte de tomates pelées, du thon et un litre d’Evian pour pouvoir s’offrir un vrai repas hebdomadaire.

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

5 thoughts on “Verbiergate, Les Arcades. Spaghettis au thon et absolution”
  1. Quand des élus locaux, dont les comportements sont dictés par l’orgueil, l’incompétence et la “magouille «, se prennent pour de grands maîtres de la politique, cela débouche sur une belle cacophonie et un vrai bordel. A l’époque du far-west, on les enduisait de goudron et de plumes et on les expédiait dans le désert.

  2. Le ponpon c’est quand même l’ambition de convoitise d’une installation d’imagerie médicale dite IRM : une machine contenant des isotopes radioactifs et constamment refroidie à -240 degrés (vous excuserez du peu). Aux dernières nouvelles, la belle machine atomique aurait (re)pris la clé des champs. Vous avez dit ‘autorisation’ ?

  3. C’est étonnant à quel point la réalité est une question de point de vue. A l’époque, chacun a loué les dépenses communales pour lutter contre les déserts médicaux. Et il est même presque certain que la commune a reçu une médaille d’Esther pour avoir capté ses énoncés de politique sanitaire s’étant inquiété de vrais ou faux déserts médicaux. Quelques années plus tard, on conçoit les choses autrement: la commune aurait fait tout faux. En historiographie, on constate également que les historiens changent leur façon de considérer un même évènement au fil du temps. On pourrait enfin renvoyer à Watzlawick et à son ouvrage « La réalité de la réalité » qui invite à concevoir que la définition de ce qu’est la réalité n’est pas chose évidente et n’est jamais définitivement acquise.

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