Affaire Jean-Marie Bornet. « La confiance ébranlée » du procureur général

18 février 2022

Comme L’1Dex via le compte facebook de Jean-Marie Bornet le révèle ce 18 février 2022, l’ancien porte-parole de la police cantonale vide son sac et explique les causes de l’ébranlement professionnel qui fut le sien, preuves à l’appui. Et ça fait boum !

En effet, qu’apprend-on par l’historique documentée fournie par Jean-Marie Bornet ? Qu’à l’origine du processus qui a conduit au renvoi de Jean-Marie Bornet se trouve le procureur général Nicolas Dubuis qui a fait part à l’institution de sa conviction selon laquelle la confiance en Jean-Marie Bornet était définitivement ébranlée, ce qui a conduit à la rupture ultérieure des rapports de service.

Personnellement cette séquence politico-judiciaire m’écoeure. Car voilà un procureur général qui a franchi toutes les limites de la décence dans les affaires que l’on connaît qui ose dézinguer un « subordonné » encombrant en « oubliant » ses propres comportements, cachés ou sus.

Aujourd’hui nous savons qu’objectivement le procureur général, dans l’affaire Dominique Giroud, avait commis deux infractions graves, une gestion déloyale des intérêts publics et un abus d’autorité. Certes, subjectivement, a dit Dick Marty en sa qualité de procureur ad hoc extraordinaire, il n’était pas coupable, puisqu’il a agi sans intention, soit par négligence, celle-ci consistant soit en un excès de précipitation, soit par un manque d’empressement (le dol éventuel a passé aux oubliettes !). Mais, voilà, ces actes, réellement commis, ont été objectivement commis par le plus haut magistrat cantonal. On se rappelle également que le même procureur général a bénéficié de la part d’un autre procureur ad hoc extraordinaire, Monsieur Cornut, d’une autre ordonnance de classement, bénéficiant, petit miracle, d’une irresponsabilité pénale avérée empêchant sa condamnation (aux oubliettes le principe in dubio pro duriore !).

Voilà donc ce même homme, à qui l’institution a fait des fleurs au-delà de toute clémence, qui met sur le bûcher un membre de la police cantonale qui aurait ébranlé sa confiance. Vous imaginez le spectacle, la confiance du procureur général ébranlée, oui ébranlée, par l’attitude de Jean-Marie Bornet.

Cette petite farce a continué avec la « rupture » subséquente émanant du commandant de la police cantonale qui, lui aussi, dans l’affaire célébrissime du caillou, avait – justement – bénéficié d’une clémence politique et avait pu conserver sa fonction et son poste de commandant de la police cantonale.

Dire que la confiance générale dans le procureur général a été ébranlée est un euphémisme puisqu’à mes yeux elle n’existe plus depuis ce jour où cet homme, adoubé à l’origine par le parlement cantonal unanime – oui, unanime ! –, a su dire qu’un prévenu qu’il allait incarcérer était un menteur, – oui un gros et sale menteur -, sur le seul vu du mouvement de la pupille de son oeil droit.

Alors voyez-vous un homme de justice, s’il doit choisir entre Nicolas Dubuis et Jean-Marie Bornet, n’aura pas à hésiter un seul millième de seconde. Est-ce donc la raison pour laquelle la dominance du Valais s’est débarrassé dans un si grand fracas de Monsieur Jean-Marie Bornet et a sauvé in extremis cet étourdissant procureur général ?

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

3 thoughts on “Affaire Jean-Marie Bornet. « La confiance ébranlée » du procureur général”
  1. Ils se branlent pour les institutions qui maltraitent des enfants des années et parle d’ébranlage lorsqu’il faut sortir en vitesse hallucinante des non-coopérants aux systèmes de domination voulu.

    Quel ministère minant le Valais avec une justice minablement formidable !

  2. Un véritable bordel dans nos instances de justice et police. A l’époque déjà, l’histoire du caillou prélevé de Turquie relevait d’un véritable imbroglio. D’abord, c’était le fils Varone selon son père . Une histoire à se moquer du monde.
    Pas compris, malgré ce problème relevant de mensonges puérils, que Monsieur ait été nommé commandant de notre police.
    Une aberration, mais c’est le Valais quoi !!

  3. Surprenant, depuis quelques semaines, la vérité est en train de faire surface :
    en Valais
    en Suisse
    en Europe
    dans le monde !!!

    courage à tous. et merci à l’1dex.

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