Frédéric Favre, Roberto Schmidt et les trois autres membres du Conseil d’Etat ont dépassé depuis longtemps toutes les bornes de l’admissible dans le scandale honteux des constructions illicites de Bagnes. A leur vaine décharge, il faut reconnaître que Jacques Melly, probablement trop occupé à déminer le Lonzagate, avait su ne rien entreprendre lors de sa présence au gouvernement qui puisse indisposer ces hauts fonctionnaires cantonaux et communaux bien connus des lecteurs de L’1Dex.
L’épouse de Fredo, Annelore, a reconnu sur Rhône FM au micro de Sébastien Rey que son homme, et sa famille s’en moquait, avait changé son look au-delà de tout ce à quoi on pouvait s’attendre dans la Cité. Il faut ici reconnaître que l’habit de la fonction, Fredo le porte avec la conviction d’apparaître tel un vrai phénix.
Aujourd’hui Fredo a approfondi la chose. Il porte un chapeau qu’il pose sur sa tête avec cette délicatesse remarquable que l’on voudrait qu’il applique à soigner sa connaissance des dossiers.
La forme, avec ce vêtement presque insolite dans la plaine valaisanne, est maîtrisée. Merci à sa styliste.
Mais la forme n’a de sens que si elle accompagne avec solidité et robustesse un vrai fond.
Hélas pour Fredo, la prochaine étape, inéluctable dans le Verbiergate, à moins de penser que l’ensemble de l’institution judiciaire de chez nous se moque de la loi suisse comme Poutine du droit international, sera pour son coach de lui apprendre à manger son chapeau.
Il semblerait que cette expression, j’en ai fait l’expérience autour de moi, est méconnue des citoyens. Alors, peut-être, est-il opportun de s’appuyer sur notre assistant Google :
se déjuger ; se renier ; convenir de s’être trompé ; ravaler sa fierté ; reconnaître son erreur
Origine et définition
Cette expression récente en France est une traduction littérale de l’anglais « I’ll eat my hat if… » qui dit quelque chose comme « Je mangerai / je veux bien manger mon chapeau si… ». Elle s’emploie lorsqu’une personne, après avoir affirmé quelque chose de faux, est contrainte de reconnaître son erreur lorsque celle-ci est avérée.
Quand on sait (mais il faut avoir essayé) à quel point avaler un chapeau est difficile, on imagine bien l’ardeur avec laquelle le fautif accepte son erreur.
La première version écrite connue d’une formule approchante se trouve chez Charles Dickens en 1837 dans « The Pickwick Papers » où il dit « If I knew as little of life as that, I’d eat my hat and swallow the buckle whole », ce qui peut se traduire par « Si j’en savais aussi peu sur la vie que cela, je mangerais mon chapeau et avalerais la boucle en entier ».
La particularité de cette version, c’est qu’en plus du chapeau, le locuteur s’engage aussi à avaler la boucle de la sangle qui permet de maintenir le chapeau sur la tête. On lui souhaite bon appétit !
Compléments
Une autre explication évoque la confusion entre les verbes ‘avaler’ et ‘manger’, le premier voulant dire autrefois ‘abaisser’ ou ‘descendre’.
« Abaisser son chapeau » c’était donc prendre une position de respect, d’humilité face à quelqu’un. Tout comme celui qui reconnaît son erreur doit faire preuve d’humilité ou doit ‘ravaler’ sa fierté.
Mais il ne semble pas y avoir de trace de cette expression, que ce soit avec ‘avaler’ ou ‘manger’, qui soit contemporaine de ce sens aujourd’hui disparu.
Exemples
« […]Dans plusieurs discours, il a multiplié les gages pour expliquer que la France ne serait pas inféodée à l’Amérique s’il est élu Président. Et, lors de son congrès d’investiture du 14 janvier, il s’est fendu d’un mea culpa avec cet hommage tardif : « Jacques Chirac a fait honneur à la France quand il s’est opposé à la guerre en Irak, qui était une faute. » Ce qui s’appelle manger son chapeau. »
Libération, le 25/01/2007 dans un article intitulé « Chez Bush, la bourde de Sarkozy l’Américain »« .
Se fiant sans prudence à ses deux fonctionnaires chéris, l’Evolénard Maurice Chevrier et le Haut-Valaisan Sergio Biondo, Fredo va devoir inéluctablement – sous les réserves de l’existence d’un tyran judiciaire à la mode Poutine – apprendre à manger son chapeau. En fait, le président du gouvernement devra en avaler plusieurs.
Faut-il espérer pour lui que tous les chapeaux qu’il croquera dans sa maison à l’abri des regards à titre d’entraînement lui seront offerts par ceux-là mêmes qu’il a couverts par ses « éléments de langage » qui sont au Verbiergate ce que des chapeaux de marque peuvent être à des souliers impeccablement cirés, des excroissances immatérielles sans bénéfice pour l’amélioration de l’intelligence des neurones abritées.
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Post Scriptum : mon premier lecteur suggère que Fredo remplace son chapeau par un gros bonnet d’Anne.