Théâtre. Au Kabaret de Chalais. L’heure bleue … et peut-être un peu jaune

17 mars 2022

Questions de L’1Dex à Flavie Tapparel, metteure en scène de « L’heure bleue »

 

Comment de jeunes étudiantes sont-elles venues à créer une compagnie théâtrale ?

Nous étions tous dans la troupe de notre collège. Durant nos dernières années au LCC, nous avions conscience que nous allions bientôt devoir la quitter mais nous voulions continuer à avoir des projets théâtraux. Nous avons donc décidé de créer cette troupe, à la fois pour continuer de travailler ensemble et pour pouvoir apprendre à gérer un projet dans sa globalité. La création de notre propre compagnie nous permet de toucher à plusieurs aspects relatifs au spectacle, comme l’écriture, le jeu, la composition musicale, la vidéo, la création des décors et celle des costumes. Elle nous offre ainsi une grande liberté, qui nous permet d’affiner nos gouts artistiques. En bref, nous sommes de jeunes passionnés ne cherchant qu’à créer, à apprendre et surtout à partager notre univers avec les spectateurs.

Ce premier projet de création complète s’inscrit-il dans la durée, tel un projet de vie ?

Nous avons tous le même objectif avec PARHELIA : continuer de proposer annuellement des créations théâtrales ! Il y a donc une volonté évidente de faire perdurer cet espace d’apprentissage et de travail. En revanche, les ambitions artistiques des membres de la troupe diffèrent. En effet, trois d’entre nous souhaitons faire de l’art notre métier. Notre musicien, Jérémie, désire poursuivre dans le domaine musical, en devenant ingénieur son et compositeur. Fiona, qui s’occupe de la vidéo et du graphisme, a elle aussi une aspiration artistique. Et de mon côté, j’aimerais entrer dans une école de théâtre afin de devenir metteure en scène.

L’espace onirique appartient-il à la vraie vie ?

L’espace onirique crée une part de la « vraie vie ». Chacun façonne sa perception de la réalité avec les spécificités de son regard. Et ce regard, justement, est fait non seulement des éléments et des souvenirs de la « vraie vie », bien sûr, mais il est aussi fait de toute la part d’imagination et de rêverie propre à chacun. En concevant la pièce à trois, nous pouvions donc mêler nos différentes approches de ce lien particulier et donner au projet de nombreuses voix et facettes. Ainsi, nous tentons de rendre sa granularité et sa diversité à l’espace du rêve. Avec L’Heure bleue, nous montrons des personnages qui se sont perdus dans cette part onirique, qui n’ont plus réussi à doser le vrai et le faux.

Quelle est l’importance à vos yeux du Prix du public obtenu à Friscènes ?

Au-delà du prix, Friscènes a été un véritable moteur pour nous. Au tout début, nous nous sommes immédiatement fixé un objectif : aller au festival international de Théâtre de Friscènes. Cela nous a poussé à donner le meilleur de nous-mêmes dans des délais courts et prédéfinis. La réalisation de cet objectif a permis à la troupe de voir que l’investissement et la motivation étaient payants.  Nous étions heureux d’avoir l’occasion de confronter pour la première fois notre travail à la fois à des professionnels, mais surtout à un public. Si je dis « surtout », c’est parce que le public est au cœur de nos créations. Le théâtre est un art vivant et n’existe qu’en présence des spectateurs. Lorsque nous créons un spectacle, nous voulons ainsi qu’il amène le spectateur dans un autre univers, qu’il l’émerveille et lui parle. Le fait d’avoir été récompensés par le public lors de notre premier contact avec lui est pour nous un évident signe d’encouragement.

 

Comment faites-vous pour coordonner vos études, vos vies professionnelles et le théâtre?

Nous sommes tous très motivés. En effet, les membres de la troupe participent au projet parce qu’il y voit de l’importance. Un sens. Chacun fait donc tout son possible pour s’organiser au mieux. Nous travaillons sous forme de week-ends intensifs une fois par mois, durant lesquels nous nous voyons du vendredi soir au dimanche. Ces week-ends permettent de concentrer notre énergie dans la création. D’autre part, nous avons aussi une politique de répartition du travail au sein de la troupe. C’est donc un travail collectif qui marche parce que chacun de nous veut produire le meilleur spectacle possible et sait que, dans ce but, il doit mettre ses qualités au service de la compagnie.

Le théâtre est un peu l’antonyme de la rentabilité. Comment vous inscrivez vous dans cette opposition ?

Etant une troupe amateure dont le théâtre n’est pas notre revenu, notre volonté n’est donc pas de gagner de l’argent. Nous jouons dans le but de partager notre passion et d’offrir un divertissement réfléchi au spectateur. Evidemment, un projet de la sorte entraîne des dépenses, surtout pour assurer sa qualité : l’argent détient donc toujours une importance. Mais notre unique but est de pouvoir rembourser nos frais, afin de continuer à proposer des productions culturelles au public.

L’heure bleue existe-t-elle ?

Oui, l’heure bleue existe. C’est le moment de la journée durant lequel la lumière est tout simplement plus bleue qu’en temps normal. Cette période advient entre le coucher du soleil et la nuit, ou entre la nuit et le lever de soleil. Etant liée au crépuscule ou à l’aube, située dans l’entre chien et loup, l’Heure bleue nous semblait ainsi être un titre qui traduisait parfaitement l’état dans lequel se trouve nos personnages. Oscillant entre rêve et réalité, il est toujours temps pour le spectateur de se demander si pour Moïra, Ophélie et Elle, le soleil approche ou si, au contraire, c’est le début d’une nouvelle nuit ?

 

Le 8 avril 2022 la Fondation Gianadda reçoit le pianiste russe Grigori Sokolov.

L’1Dex a choisi de se rendre à la même heure à Chalais pour l’heure bleue qui sera un peu jaune, aussi.

Réservez vos billets et soutenez la compagnie Parhelia.

Bonjour à tous ceux qui assisteront à l’heure bleue.

 

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