Le titre de l’article nécessite d’emblée une précision sémantique. Le qualificatif dévoyé est ici utilisé dans l’acception de « sorti de son chemin » et n’a pas trait à une absence de moralité. Le citoyen ignore en effet les intentions des âmes de ceux qui ont formé ce conseil de la magistrature et des gens qui s’y sont installés.
Le conseil de la magistrature, en tant qu’institution démocratique, a été déjà mal traité dès l’instant où la dominance a voulu définir une composition qui lui plaisait et n’a pas craint d’éloigner le peuple, les citoyens, la Cité de toute implication dans le processus.
L’1Dex fait partie de ceux qui pensent qu’un conseil de la magistrature un tant soit peu efficace ne doit pas être sclérosé et rendu inerte par la grâce d’une composition ciblée.
Et voilà que l’histoire se rappelle à nous. Un membre, représentant l’ordre des avocats, de qualité haut-valaisanne, a dû présenter sa démission du fait de ses nouveaux liens de mariage avec une magistrate, procureure de son état.
Que dit cette séquence ?
A) Que l’ordre des avocats, prétendument indépendant du pouvoir judiciaire, n’a pas trouvé un membre pouvant se prévaloir de tout lien sérieux avec un sujet appartenant à l’ordre judiciaire.
B) Que l’ordre judiciaire squatte de manière remarquable le seul organe qui pourrait ramener un peu d’ordre, de célérité et de bon sens, notamment dans la justice pénale.
C) Qu’il sied de rappeler que la personne indépendante nommé par l’ineffable Frédéric Favre est elle-même la soeur d’une magistrate oeuvrant au sein du Tribunal cantonal.
D) Que l’on ne doute donc pas une seule seconde que les plaintes, passées et à venir, qui tomberont sur le bureau de la présidente, dont l’expérience pour revêtir une telle charge faisait défaut ab ovo, seront traités avec cette bienveillance que doit accorder aux édiles la plèbe citoyenne représentée par ses plus valeureux congénères.
On ne va donc pas même imaginer que des auditions publiques des magistrats dénoncés pour leur attitude incorrecte, pour leurs retards récurrents, pour leur paresse avérée, pour leurs illégalités manifestes ou pour leur partialité ciblée puissent parcourir la Cité à travers des réseaux sociaux qui se passionneraient pour la chose chez nous avec autant d’entrain qui saisit aujourd’hui les Américains pour le combat opposant Johnny Depp à Amber Heard. On ne voudrait tout de même pas que des exemples de menaces graves, de harcèlements ciblés, d’incompétences diverses répétées puissent être partagés dans la Cité lors d’émissions publiques qui imposeraient alors, même à des personnes cooptées, d’assumer leurs responsabilités.
A bien y réfléchir, il n’est pas sûr que le titre de l’article soit correct : en effet, le chemin choisi a peut-être toujours été de conduire le conseil de la magistrature dans l’impasse de l’aveuglement. Il ne saurait donc s’agir d’une route dévoyée, mais d’une volonté d’intransparence.
Mais heureusement que nous avons des députés compréhensifs.
Bonjour à tous ceux qui n’ont jamais cru à une quelconque efficacité d’un conseil de la magistrature non indépendant.
Post Scriptum : Un espoir : que la Constituante, lors de la seconde lecture, pourra recomposer et remodeler le conseil de la magistrature, qui comportera une représentation vraiment citoyenne et non pas celle du sérail.
Soutenir L’1Dex, c’est s’abonner
De la sérail, oh oui Maître, de la sérail !
Heureusement que les oiseaux sans passeports peuvent encore leur chier sur la tête !
La pie vit le clown et le clown vit la pie ! Tel masque alors ce fit meduse ! Fige moi …