La Grande Haine de Maurice Samuel

6 mai 2022

Un ami de la littérature, du monde de l’édition, des langues et surtout des écrivains m’a confié le manuscrit en langue française non édité du livre anglais de Maurice Samuel, La Grande Haine (The Great Hatred), édité en langue anglaise chez University Press of America. Cet ouvrage, celui que j’ai lu, magnifiquement traduit, n’a à ce jour jamais trouvé un éditeur en langue française pour une raison qui échappe à mon entendement.

Voici, toujours en langue française, le résumé synthétique qu’en a fait l’éditeur américain : « N’écrivant ni pour défendre les Juifs, ni dans l’espoir de convertir les antisémites, l’auteur rejette comme inadéquate et dangereuse l’interprétation économique et sociologique de l’antisémitisme. Il n’y voit pas une forme d’intolérance raciale ordinaire, de bigoterie religieuse ou de tromperie politique, mais une condition beaucoup plus profonde de l’esprit chrétien occidental. » [1]

Je ne veux pas ici convaincre les nazis, les fascistes, les nazis-fascistes selon le syntagme de la traductrice, les antisémites de nature, les réactionnaires attardés, ni même les libéraux sans cervelles ou les communistes vraiment bêtes, de partager les vues de Maurice Samuel. Celui-ci, me semble-t-il, s’adresse à l’homme occidental capable de faire sienne la morale du Christ et de distinguer les divergences d’âme qui existent entre les réactionnaires et les progressistes. Pour faciliter la compréhension de ces deux signifiants importants, l’auteur informe le lecteur que, dans l’acception qui est la sienne, il nomme réactionnaire l’homme qui entend résoudre les divergences par la force ou la violence, et progressiste celui qui tente, tant bien que mal, de résoudre la même problématique par la parole ou par des actes non violents.

Homme de conviction, faisant une grande distinction entre l’anti-judaïsme et l’anti-sémitisme, Maurice Samuel croit au pouvoir de la morale, qui n’est pas sans lien avec la parole du Christ des Evangiles.

La phrase clef du livre, selon moi, est magnifique : « Répondre à l’immoralité par le renoncement à la morale, voilà le stade ultime de la déchéance ».

La compréhension de l’anti-sémitisme tel que dégagé dans La Grande Haine par Maurice Samuel devrait guider tous les hommes éclairés qui, dans leur vie quotidienne, ont à juger, décider, convaincre.

La Grande Haine est un livre magistral, qui terrorisera les haineux de la morale du Christ et des Juifs, et qui sera un socle de fermeté, morale, politique et démocratique, pour tous ceux qui veulent exercer sur cette terre leur métier, leur métier d’homme [2].

[1] « Writing neither in defense of the Jews! nor in the hope of converting Anti-Semites! the author rejects as inadequate and dangerous the economic and sociological interpretation of Anti-Semitism. He sees in it! not a form of ordinary racial intolerance or religious bigotry or political trickery! but a far deeper condition of the Western Christian mind ».

[2] J’espère que mes enfants liront ce livre.

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

One thought on “La Grande Haine de Maurice Samuel”
  1. “NOUS, les Juifs, Nous sommes des destructeurs et nous resterons les destructeurs pour toujours. Rien de ce que vous ferez ne satisfera jamais nos besoins ni nos demandes. Nous détruirons parce que nous voulons notre propre monde.“

    Maurice Samuel dans son livre « Vous les Gentils » page 155.

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