Affaires FIFA : le procès Blatter-Platini. Pourquoi Michel Platini doit être acquitté (1)
2 juin 2022
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Les lecteurs de L’1Dex le savent. Je n’ai pas toujours eu le mot gentil vers Michel Platini. On peut même dire que je l’ai méchamment égratigné à quelques reprises. On ne peut dès lors pas me qualifier de partial si je parvenais à vous convaincre de l’innocence pénale de l’enfant de Joeuf.
Les faits sont connus. Résumons. Quelque dix ans après avoir oeuvré en tant que travailleur ou de prestataire de services pour le compte de la FIFA, Michel Platini exige le versement d’une juste rémunération de près de deux millions de francs suisses. Sepp Blatter acquiesce à cette demande et verse à l’ancienne star de la Juventus le montant exigé. Le ministère public de la confédération, dans la foulée des autres incriminations helvético-américaines de l’époque, ouvre une enquête pénale contre Sepp et contre Platoche pour gestion déloyale. Et le procès s’ouvre enfin à Bellinzone ce 8 juin prochain.
La défense de Blatter est simple : la FIFA a versé une somme due correspondant à des prestations effectuées. Platini, de même, ne voit rien d’illégal dans l’opération.
Le souci de Blatter n’est pas rien. Pourquoi avoir osé payer une créance prescrite et avoir ainsi peut-être commis un acte pénalement répréhensible ? En effet, la créance de la FIFA, née soit d’un contrat de travail soit d’un mandat, était prescrite cinq ans après la fin de l’activité déployée par Platini. S’acquitter d’une créance prescrite de quelque deux millions, ce n’est peut-être pas défendre les intérêts financiers de la FIFA ! L’acquittement de Blatter passe alors nécessairement par la constatation que l’invocation de la prescription eût été civilement un abus de droit. La loyauté commerciale aurait ainsi imposé au Viégeois de payer l’enfant de Joeuf ! Que ne dirait-on pas pour innocenter un ami de longue date.
Le cas de Platini, sauf à imaginer que les deux compères ont agi ensemble et en commun dans l’intention de flouer la FIFA, est plus simple. Mandataire ou employé, il avait tout simplement le droit de tenter de recouvrer une créance personnelle. Il a donc fait sa demande, qui a été satisfaite en conformité avec le travail passé réalisé. Platini n’avait pas à connaître la durée de la prescription, ni les subtilités régissant un contrat de mandat ou de travail, ni même les obligations associatives des organes de la FIFA. Au moment de la réception des fonds, Platini était semblable à un sommeiller injustement oublié par son patron hôtelier après plusieurs saisons à son service.
Le principe dubio pro duriore pouvait in fine autoriser le parquet fédéral à conduire Michel Platini devant un juge statuant sur le fond de la cause. Mais le principe in dubio pro reo imposera de considérer que l’ancien joueur de Saint-Etienne n’a jamais été animé d’une intention criminelle, le doute devant là profiter massivement à l’accusé.
A chacun pour le reste de savoir si Sepp Blatter est crédible lorsqu’il soutient avoir la conscience pure (cf. WalliserBote du jour). Qu’au crépuscule de sa vie un homme ayant flirté avec l’Olympe du football puisse s’épargner toute critique envers lui-même devrait inquiéter les justes. Mais nous savons tous, ici à L’1Dex, que le droit et la justice ne sont pas souvent les amants de la vérité.
Ce procès devrait être aussi lors des plaidoiries finales celui du ministère public de la confédération. Le parquet fédéral a sans le moindre doute possible côtoyé lors des rencontres secrètes de Berne les champs de la déloyauté procédurale, de la chicane malsaine et de l’amitié tordue, ce que certains en France voudraient assimiler au trafic d’influences. Les invités à ces séances occultes ayant perdu la mémoire, Carla Ponte parle de faux témoignages caractérisés, seuls des romanciers imaginatifs pourront éclairer le chemin menant à la vraie vérité. On leur conseille de lire la Chronologie de L’1Dex en cliquant ici.
Gianni Infantino, le Brigand, quant à lui, sourit et prépare le Qatar 2022. Les Hauts-Valaisans espèrent que Rinaldo Arnold sera son invité aux festivités lors de la finale et qu’il postera quelques selfies à l’attention de son chef de la Rue des Vergers. Nicolas Dubuis, en état de surcharge émotionnelle, préférera se reposer dans son nid saviésan.
Post Scriptum :
La question devient ainsi la suivante : les juges fédéraux voudront-ils donner une fessée supplémentaire au ministère public de la confédération ?