Affaires FIFA, le procès Blatter – Platini. Les tricheurs et les mauvais perdants (59)
20 juillet 2022
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L’1Dex souffre d’une navrante naïveté. Démontrant les conséquences délétères du dépôt d’un appel, j’avais conclu à la probabilité que ni le MPC ni la FIFA ne déploieraient leurs ailes pour affronter le tribunal d’appel. Thomas Hildbrand et Gianni Infanino, mauvais perdants, ont formé une annonce d’appel dans le délai légal de dix jours et se réservent ainsi de rédiger une déclaration d’appel dans les vingt jours à réception du jugement motivé. Certes, l’annonce d’appel n’entraîne pas la certitude du dépôt d’un appel. Mais l’expérience enseigne qu’une annonce d’appel est presque toujours suivie du dépôt formel de l’appel lui-même. Ainsi la Cour d’appel du Tribunal pénal de Bellinzone, présidée par Olivier Thormann, qui devra se récuser, statuera sur le sort de Sepp Blatter et de Michel Platini
Les arguments qui plaidaient en faveur de l’acceptation du jugement par le parquet fédéral n’ont pas survécu à la défaite importante subie par Thomas Hildbrand dont toutes les conclusions ont été balayées par le tribunal pénal de Bellinzone en première instance. Le procureur général de la confédération, Stefan B., le successeur de M. Lauber, a donc lâché la bride à son subordonné Thomas Hildbrand et permet à celui-ci de redorer son blason terni par la déroute de première instance.
La FIFA, elle, qui ne disait dans le passé que vouloir défendre ses droits civils et suivre le MPC, a déposé, sans l’annoncer publiquement, une annonce d’appel au tribunal pénal de Bellinzone, selon les informations obtenues par L’1Dex.
Ce double dépôt d’annonce d’appel dit une fois encore la proximité entre le MPC et la FIFA. On rappelle que ces deux entités, à l’initiative de Rinaldo Arnold, le premier procureur du Haut-Valais, qui fait aujourd’hui l’objet d’une plainte disciplinaire déposée auprès du Conseil de la Magistrature, avaient organisé des rencontres secrètes tenues sans procès-verbal hors les bureaux du parquet. Certes, tous les braves participants à ces séances occultes de méditation transcendantale ne se souviennent plus du contenu de leurs discussions. Cette perte de mémoire extraordinaire a été assimilée par l’ancien procureur général de la Confédération et du TPI, à une volonté d’organiser de faux témoignages. On voit ici à quel point, même pour des personnes aussi intègres que Madame Carla Del Ponte, les relations entre le MPC et la FIFA étaient incestueuses, dictées par ces amitiés claniques haut-valaisannes qui déroutent tous ceux qui croient encore en une saine pratique de la justice.
L’avenir plus ou moins rapproché dira si un nouveau procès se tiendra devant la juridiction d’appel. Mais cette probabilité est aujourd’hui très forte.
Les parties auront la possibilité de récuser in corpore la Cour d’appel de Bellinzone dans la mesure où celle-ci est formée intégralement par des collègues de travail de Olivier Thormann, dont le rôle a été majeur dans l’instruction de la cause. Les avocats de Michel Platini vont certainement examiner la question de l’opportunité d’une telle démarche, dans la mesure où les magistrats saisis prennent peut-être tous les jours le café et le croissant avec Thormann, dont ils pourraient partager le point de vue avant même d’avoir lu le dossier. Et d’ailleurs on peut se demander si le fait même d’être collègue d’un ancien procureur en charge de l’affaire Blatter – Platini n’est pas en lui-même la démonstration de l’impossibilité pour tous ces juges de la Cour d’appel de se prononcer sur l’appel du parquet et, par extension, sur celui de la partie civile. L’apparence d’impartialité fait grandement défaut.
Ni l’institution judiciaire fédérale, ni la FIFA n’ont vraiment intérêt à un nouveau procès. Mais il apparaît que les intérêts individuels de Thomas Hildbrand et de Gianni Infantino pèsent d’un poids marqué dans ce dilemme.
Quand donc se tiendra ce nouveau procès ? A une date indéterminée comme ne l’a pas confié à L’1Dex l’huissier du TPF. Pronostiquons : six mois après la réception du jugement motivé.
Sepp Blatter et Michel Platini ont tout de même droit à un brin de célérité de la part d’une institution judiciaire suisse gravement défaillante.
Bonjour au greffier qui assume la rédaction des considérants.