Culture VS, Reynard c. Sutermeister. Le grand guignolv (3)

1 juillet 2022

Anne-Catherine Sutermeister a donc offert sa démission à Mathias Reynard. La cheffe de la culture s’est exprimée ainsi : «J’ai choisi de partir pour préserver l’institution». Le chef du département de la culture confirme : « Elle a rapidement pris cette décision par souci de loyauté et pour que l’institution ne soit pas trop impactée ». Le Nouvelliste, l’agence de communication gouvernementale, relaie cette double prise de position identique. La presse est elle en vacances.

 

Sergio Biondo, chef du Service juridique du registre foncier, en dépit du nombre d’illicéités en matière LFAIE commises par son service, reste en fonction, pour préserver le droit fédéral.

Adrian Zumstein, le maître-gourou du Verbiergate cantonal et le chef de camp du Lonzagate, en dépit du fait que Joël Rossier a eu 9 fois sur 10 raison contre lui, reste en fonction, pour préserver cette institution qu’il chérit.

Maurice Chevrier, l’ancien conseiller national PDC nommé chef du Service des Affaires Intérieures et Communales (SAIC) de l’Etat du Valais, reste en fonction, pour lire toutes les écritures de recours qu’il a oublié d’analyser avant de proposer des décisions administratives soumises à la ratification du gouvernement.

Nicolas Dubuis, le procureur général du canton du Valais, en dépit de l’encouragement de 60 députés à ce qu’il déguerpisse, reste en fonction, pour sauver l’office central du ministère public cantonal.

Frédéric Favre, le chef des Institutions, en dépit du chaos existant au sein des APEA et du déclenchement inopiné d’une favrose inquiétante, reste en fonction, pour améliorer la Constituante.

Christophe Darbellay, le chef du département de la formation, en dépit des carences récurrentes de l’OPE, reste en fonction, pour mieux participer à l’éducation de notre jeunesse cantonale.

Roberto Schmidt, le chef du département des finances, en dépit de son immense bienveillance à l’égard des contribuables hauts-valaisans et envers son ami Sergio, reste en fonction, pour préserver les états comptables du canton.

Franz Ruppen, le chef du département des finances, bien drillé par Joël Rossier, est ici épargné.

Le conseil d’Etat in corpore reste en fonction, en dépit des claques à répétition qu’il reçoit du Tribunal cantonal, pour sauver la politique valaisanne.

Sepp Blatter, ancien président de la FIFA, est resté en fonction, en dépit de la volonté sournoise de Michel Platini de lui succéder, pour continuer à unir les amoureux du football.

Gianni Infantino, président de la FIFA, en dépit de l’assaut de complotistes documentés, reste en fonction, pour plaire toujours davantage à ses amis Qatari et aux familles des travailleurs accidentés et décédés lors de la construction des stades climatisés.

Rinaldo Arnold, premier procureur du Haut-Valais, en dépit de cadeaux ciblés et bien répertoriés, reste en fonction, pour assister dans les jours difficiles son ami Nicolas de la Rue des Vergers.

Devant cette liste lacunaire partielle, L’1Dex tient à féliciter Christian Constantin qui, en dépit de quolibets gracieux et nombreux, reste en fonction, dans le souci de continuer à verser chaque jour à l’institution du FC Sion, 20’000 francs, participant ainsi bénévolement à l’éclat du ballon rond en Valais.

Nous venons de comprendre, ici à L’1Dex, que Madame Anne-Catherine Sutermeister a dû commettre l’irréparable pour mériter, contrairement à tous les braves précités, cette pénitence consistant à ne plus pouvoir être rémunérée par l’Etat du Valais à des fins de préservation de l’Institution. Elle a exprimé ainsi sa loyauté. Les autres seraient-ils alors déloyaux envers les institutions ? Ou n’expriment-ils ainsi pas simplement leur envie de préservation de leur noble rémunération ?

Au fait, l’Institution préservée n’est pas un objet indistinct, elle est incarnée par un sujet précis, Saviésan comme le procureur général, le très populaire chef du département de la santé et de la culture. Je traduis donc ainsi le départ de Anne-Catherine Sutermeister : « J’ai choisi de partir pour préserver Mathias Reynard ».

En France, lorsque la femme premier ministre, ancienne socialiste, offre sa démission à Emmanuel Macron, celui-ci a la délicatesse de la refuser. En Valais, le Roi du boniment n’épargne pas la Reine de la culture.

Pour ne pas épargner trop gravement l’Institution, n’est-ce pas Anne-Catherine ?

Bonjour à tous les subventionnés  culturels et à la Fondation Fellini.

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

5 thoughts on “Culture VS, Reynard c. Sutermeister. Le grand guignolv (3)”
  1. Pauvre Valais
    Miné par les délits dans un fouillis de liens familiaux rendant les conflits d’intérêts omniprésents.
    Miné par une oligarchie élective constituée de clans familiaux ne pensant qu’à l’argent et au pouvoir.
    Miné par querelles entre avocats s’efforçant de saper le processus judiciaire dans leur lutte intestine portée aux couleurs fantasques du Comte de Montecristo.
    Miné par des girouettes s’orientant selon le vent des puissants, tel le préposé cantonal à la protection des données.
    Pauvre Valais

  2. L’ancienne garde a manifestement démissionné en cascade après le remplacement d’un ancien chef de service par une nouvelle cheffe de service. Mathias Reynard aurait dû soutenir le renouveau, plutôt que de céder face à la résistance à celui-ci. L’inertie est dommageable pour le canton et ici pour le service de la culture.

    1. Bravo à Reynard sur ce coup- ci pour son soutien d’employés sous pression. Cela me fait penser à l’autre directrice à Sion, pédagogo hors-sol, experte en leadership qui n’avait pas su être efficace (zizanie)sur le terrain malgré un CV lourd comme du plomb.

  3. Le préposé cantonal à la protection des données s’était engagé dans la voie du caviardage des papiers sur la pollution industrielle en vue de les publier. Puis, le préposé a demandé des dizaines de milliers de francs pour y procéder . Enfin, la mise à disposition de ces papiers d’intérêt public n’a été effectuée (manifestement en raison de ce motif vénal). C’est dommage, car cela aurait éclairé ce qui advient dans les services de l’administration. La même transparence eût été souhaitable ici.

  4. Dans la mise en oeuvre de son projet culturel, la cheffe du service de la culture a manifestement nui involontairement à de puissants intérêts. En effet, dans le maillage de liens claniques familiaux constituant le canton, il peut être nui involontairement au membre d’un clan. Par exemple, dans le cadre de décisions concernant l’attribution de subventions. Invariablement, la violence et les clans du Valais rendent ce lieu éminemment dangereux pour tout officier de droit public.

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