Etat du Valais. Préposé à la transparence : encore une prochaine nomination à la mode valaisanne

27 octobre 2022

Le Grand Conseil a démontré il y a peu avec la reconduction du mandat du procureur général (60 voix pour – 60 voix contre) qu’il ne craignait pas d’octroyer à quelques élus des primes à l’incompétence ou des facilités aux petits copains (voir aussi les déclarations fracassantes de Me Alain Cottagnoud à MPCM).

Sébastien Nendaz (Parti socialiste) et ses camarades de la commission du Grand Conseil chargée de la protection des données et la transparence, pressurisé par des gens de la gouvernance, a décidé tantôt que Me Sébastien Fanti, dont le savoir dans ce champ singulier de la connaissance juridique était reconnu par tous, ne remplissait plus les critères appropriés, financiers et juridiques, pour être maintenu dans cette fonction importante. On reprochait notamment, et ceci n’est pas sans intérêt pour la suite, d’exercer la profession d’avocat, ce qui n’est pas compatible avec les exigences du poste. Dont acte.

Il a donc fallu organiser une mise au concours. Et il apparaît aujourd’hui que le choix de la commission du Grand Conseil, non encore validé par le plenum, s’est porté sur …

A tout le moins deux autres candidats, une femme du Haut-Valais et un assistant universitaire spécialisé dans le domaine, avaient un profil de compétence supérieure au prochain éventuel futur élu.

Mais qu’est-ce qui coince alors ?

Me Lauris Loat est avocat à Lausanne et quoique habitant à Troistorrents il n’a pas d’étude en Valais. On reprochait à Sébastien Fanti  d’être avocat, ce qui n’est pas compatible avec la fonction de préposé à la protection des données et à la transparence, et voilà que l’on voudrait désigner un homme exerçant la même fonction sans avoir de bureau dans le canton.

On reprochait à Sébastien Fanti de ne pas maîtriser suffisamment la langue allemande. Il a alors engagé une assistante répondant à cette exigence. Et voilà que l’on nomme une personne dont la première qualité n’est pas de savoir rédiger en langue allemande (on peut aujourd’hui s’interroger au temps de Deepl Pro de l’utilité de ce talent !).

Mais où le bât blesse terriblement est le fait, connu tardivement, que le compagnon de vie de l’heureux élu est la députée socialiste Anne-Laure Secco, très proche politiquement de Sébastien Nendaz. Approchés, trois préposés cantonaux, l’ancien préposé fédéral suppléante et  une cheffe de section du préposé fédéral soutiennent l’existence d’un conflit d’intérêts patent. En effet, dame Secco est Vice-Cheffe de Groupe PS au parlement et Vice-présidente PSVR; même si elle voudra se récuser lors des votes le conflit d’intérêts subsiste dès lors que le parlement est l’employeur du préposé et qu’il est soumis à son contrôle. On peut encore imaginer que la dame démissionne. Mais cette hypothèse n’a pas pu être abordée puisque cette relation intime n’était pas connue des membres de la commission qui ne l’ont su que plus tard. On peut imaginer que ce manque de transparence d’un préposé à la transparence puisse inquiéter ou choquer.

Ce qui est remarquable dans la situation est que le copinage éloigné des critères de compétences, de formation, d’indépendance et d’absence de tout conflit d’intérêts au moment de la nomination est une caractéristique qui ne se limite pas au PDC (Parti Du Centre) mais à d’autres formations politiques desquelles on pourrait s’attendre à plus d’attention aux intérêts de la chose publique. Mais tout cela ne semble guère angoisser le législatif.

D’aucuns espèrent que le parlement retournera la veste de la commission et ne craindra pas de nommer une dame ou un homme qui ne plongera pas le canton dans une autre procédure de récusation de laquelle, par manque de courage, le Grand Conseil n’a déjà pas su s’extraire dans l’affaire liée à la commune de Sembrancher.

En conclusion, je rappelle la position ferme de L’1Dex exprimée dans plusieurs articles : le préposé à la protection des données et la transparence doit être compétent, avoir vocation à ce savoir juridique particulier, être indépendant, ne pas craindre d’affronter les institutions et pouvoir bénéficier d’une fonction étatique stable et bien rémunérée. A l’évidence, le Grand Conseil a des « exigences » différentes. On appelle cela l’autonomie cantonale, si chère à la Suisse fédérale.

Bonjour à tous ceux qui s’interrogent sur les qualités nécessaires aux membres de la fonction publique.

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

3 thoughts on “Etat du Valais. Préposé à la transparence : encore une prochaine nomination à la mode valaisanne”
  1. Je traduis le mot transparence en Valais .
    Dîner avec Judas ! * la firme ; l état letal trop incarcere dans la docte association de malfrats nee du mensonge d un ex juge . L adoration …

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