Qatar 2022. Didier Deschamps, le participant qui ne condamne pas
13 novembre 2022
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Didier Deschamps, affrontant l’inévitable question de la nécessité ou non de boycotter la coupe du monde, se croit probablement un grand malin en répondant ainsi : « participer ne veut pas dire cautionner ».
À ce trait réthorique, la réponse est très simple : « participer n’est pas combattre ».
Didier Deschamps appartient à ce champ largement majoritaire en France et dans le monde de ces hommes et de ces femmes qui face à l’injustice la plus avérée prend la décision de ne pas voir, de ne pas dire et de ne pas entendre.
La journaliste Nathalie Ianetta le dit très bien, les sportifs et les fans sont pris en otage par les dirigeants de la FIFA qui ont confié l’organisation de la coupe du monde au Qatar. Mais après avoir fait ce constat doit-on s’abstenir de tout acte de résistance et accepter de collaborer avec un pays qui s’affranchit avec un tel aplomb de tout ce à quoi nos valeurs s’opposent ?
Les modes de résistance des uns et des autres sont divers et variés. On découvrira même après le Mundial des collaborants qui se diront résistants de la première heure.
En fait, la question qui est posée aux amoureux du football plus qu’à tous les autres est très simple : cet amour du ballon rond, de ce jeu universel qu’est le football, ce désir de vivre pleinement cette compétition, doit-il l’emporter sur cet autre amour que peut être la justice et une certaine idée de nos valeurs les plus intimes ? C’est oui ou c’est non, c’est simple.
Ce que nous pouvons tous observer à cet égard est assez édifiant sans que nous n’ayons à passer dans l’un ou l’autre camp comme des moralisateurs.
L’1Dex avec d’autres amoureux du football dit NON et ce n’est pas une invitation de mon frère pour une raclette le jour de la finale qui me fera changer d’opinion. Et croyez-le bien, je suis très triste de ce que Gianni Infantino et ses sbires m’imposent dans le but d’engranger des milliards de dollars et de valoriser le développement international et diplomatique du Qatar.
Je ne souhaite pas à tous ceux qui comme moi aiment beaucoup ce jeu une bonne coupe du monde. Au contraire, je la voudrai(s) marquée du sceau de l’infamie, parsemée d’actions diverses qui mettraient en lumière ces dérives assassines auxquelles se sont complus depuis des décennies ces hauts cadres – immoraux – de la FIFA et ces dirigeants des États les plus voyous de la planète.
Ce que doit faire un juste en temps troublés lui appartient et nous devons à tout le moins nous abstenir de juger ces actes marqués du souci non pas de refuser de cautionner une situation inadmissible, mais de la combattre les armes à la main.
Mon rêve de footeux serait que le Danemark devienne champion du monde car l’équipe de ce pays fut la première, la seule peut-être, à s’insurger ou à tenter de le faire contre cet innommable auquel Didier Deschamps « participe sans cautionner ».