Etat du Valais, justice pénale. Une prise en charge dégradée pour les justiciables

2 décembre 2022

L’Express, dans sa rubrique « Science & Santé », titre dans son carnet de bord : « A l’hôpital, une prise en charge dégradée pour 60 % des usagers ». L’article est signé par un médecin renommé, chef du service d’infectiologie de l’hôpital Tenon à Paris. Le constat est unanime, la situation va continuer à se détériorer sans une réforme profonde, de même que la « perte de chance », centrale en matière de responsabilité hospitalière.

La bonne nouvelle pour l’hôpital français est que le constat – morbide – émane de ceux-là mêmes qui oeuvrent chaque jour à l’intérieur de l’institution. On peut oser croire à une amélioration.

En Valais, dans le champ de la justice, le constat est identique mutatis mutandis, sauf que le Grand Chef de la justice pénale, le procureur général Nicolas Dubuis, considère grosso modo que tout va bien dans le meilleur des mondes possibles.

Dans le rapport annuel 2021 du ministère public cantonal, rédigé sous la responsabilité du procureur général lui-même, il est mentionné qu’il n’y a pas de dysfonctionnements, « bien au contraire ». En somme, contrairement aux constats faits par les médecins français dans l’espace hospitalier de ce pays voisin, le procureur général considère que tout fonctionne bien. Nicolas Dubuis a donc un regard diamétralement opposé à celui qui se dégage notamment de tous les articles de L’1Dex depuis le 1er mai 2011.

Le rapport du Conseil de la Magistrature, pourtant d’une clémence administrative curieuse, va largement dans le sens des observations émises à L’1Dex depuis des années (et nous verrons bientôt à quel point tout déraille à la Rue des Vergers). Ainsi, dit ce rapport, la situation est si préoccupante que se dégage un risque certain pour les justiciables. En France, les malades sont pris en charge de manière déficiente; en Valais, les justiciables subissent de plein fouet le risque lié aux carences graves du management des ressources humaines.

Ce qui a de pire est le fait que le procureur général, avant même les investigations opérées par le Conseil de la Magistrature, a tenté de restreindre la parole de ceux qui devaient être entendus en rendant attentifs les auditionnés au risque qu’ils prenaient s’ils franchissaient le sacro saint précipice du secret procédural de fonction. Ceux qui ne voulaient pas y voir une sorte de menace ou de contrainte sur les personnes entendues devraient alors expliquer les raisons de cette missive du procureur général, à moins de penser que celui-ci, en vertueux instituteur d’élèves incompétents, eût voulu éviter que certaines de ses ouailles révélassent des secrets qu’il eût voulu cacher à des personnes extérieures à ses offices [Le mot « officines » eût peut-être été plus approprié, qui sait].

Dans le rapport du Conseil de la Magistrature, on voit aussi que la répartition inégalitaire des dossiers a pu entraîner de graves inégalités pour les justiciables eux-mêmes. Mais là encore on passe comme chat sur braise sur des questions qui dérangent.

Le climat est si détérioré que les demandes de supérieurs hiérarchiques sont même ignorées par les subordonnés !

Plus grave encore, il est reproché à des procureurs de ne pas soutenir l’accusation ou/et de ne pas instruire certaines causes. Que dirait-on de chirurgiens qui refuseraient d’opérer ou de fermer les plaies après une intervention ?

On affirme également que ces procureurs principaux, – on parle ici du procureur général et du procureur général adjoint -, ne veulent pas s’occuper des affaires importantes. Mais franchement ! Que dirait-on de chirurgiens en chef qui ne prendraient en charge que les opérations chirurgicales les plus simples et les moins risquées alors même qu’ils bénéficient des rémunérations les plus élevées ?

Dans certaines situations, le procureur général lui-même s’est déclaré impuissant à rétablir la situation. Alors quoi ! On accepte de laisser les choses en l’état ? Mais de qui se moque-t-on ? Peut-être en premier lieu des avocats et de leurs clients qui tentent de se dépêtrer des mauvais pièges qu’on veut leur tendre !

Les lecteurs de L’1Dex le savent depuis longtemps. La seule mesure appropriée à prendre est celle de mettre à la tête du ministère public cantonal des personnes, hommes ou femmes, qui ont la vocation de servir, qui veulent travailler, qui sont courageux et qui ne craignent pas de parler en pleine transparence. Voilà des qualités qui ne sont pas réunies à la Rue des Vergers.

Mais les autres institutions, dégageant en corner en invoquant par exemple la séparation des pouvoirs, laissent pourrir la situation, croyant qu’il est suffisant de dire à leurs interlocuteurs ébahis que la situation n’est pas si grave que ça.

Les patients, eux, en France, meurent sur les tables d’interventions chirurgicales ou avant même d’y accéder.

Amen.

Bonjour à tous ceux qui n’acceptent pas la situation et qui oseront s’abonner à L’1Dex.

 

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

3 thoughts on “Etat du Valais, justice pénale. Une prise en charge dégradée pour les justiciables”
  1. Personne n’a jamais pensé de remplacer certaines commissions ou conseil, voir des membres du Ministère Public par une IA ( intelligence artificielle ) qui elle saurait lire, comprendre et appliquer les diverses lois qui sont supposées régir le fonctionnement de la justice et la bonne marche de l’Etat dans sa globalité ?
    L’IA étant reconnue supérieure à l’IH ( intelligence humaine ) il serait de bon ton d’y penser.

  2. Le suicide des droits des valaisans ; valaisannes en marche ! La firme d une secte ; d une tete encore pendante ce fige dans un orgasme de stupre mental sans vergogne … ?
    / association de malfrats CP css . inconnus ?
    Un fallot dans la nuit vigie avertit ! Nul n est sense ignorer le droit . Tout une question d ici oblige ?

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