City, PSG, Juve. Le foot est-il donc pourri jusqu’à la moëlle ?
8 février 2023
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Après la Juventus, puni avec bienveillance pour ses frasques financières en Italie, après le PSG en France, poursuivi pour « travail dissimulé », après le Qatar 2022 et des pratiques de corruption pour l’acquisition de la CM 2022, voici venu le temps de Manchester City accusé d’avoir enfreint une centaine de règles du fair-play financier du championnat anglais.
Et comme le placarde le Daily Star, il y a un «coup de blues» qui règne sur Manchester. «City craint le scandale de la Premier League car elle a dit qu’elle avait un dossier plus solide que celui de l’UEFA», qui avait épargné le club il y a quelques années. Et hier matin, ça fait les gros titres de la presse du pays comme le Daily Express qui met aussi la pression sur les dirigeants mancuniens. Le Daily Mirror indique tout de même qu’il y a «peu de chances de voir Pep Guardiola quitter le navire alors que le club tente de laver son nom». Mais le Manchester Evening News n’est pas dupe et rapporte que «City va devoir se battre pour survivre» car la Premier League est déterminée dans cette affaire. En tous cas, The Guardian rapporte que l’ancien agent de Yaya Touré «nie les paiements secrets de City», comme cela a été évoqué pour Roberto Mancini. Mais qui, sérieusement, peu penser qu’aucune des 115 infractions retenues à ce stade n’a été réalisée !
L’enquête a duré plus de quatre ans, dans le plus grand des secrets, et les choses viennent d’être révélées. Depuis plus de dix ans, les Citizens auraient gonflé la valeur de leur contrat de sponsoring, auraient enfreint les règles sur les transferts des joueurs mineurs ou auraient apporté des informations financières tronquées, notamment en ce qui concerne le contrat de Roberto Mancini entre 2010 et 2013. Sur ce cas précis, l’enquête révèle que le coach italien aurait reçu une partie de sa rémunération via le club émirati Al Jazira SC afin que son salaire, à l’époque estimé à 9 millions d’euros, ne soit pas pleinement déclaré dans les comptes de Manchester City.
Le club risque de très lourdes sanctions, allant d’un retrait de points sur la saison en cours ou la suivante, une relégation administrative, voire carrément une exclusion des championnats britanniques ainsi que de très lourdes amendes financières. Pire, City ne pourra pas faire appel, s’il venait à être sanctionné, devant le Tribunal arbitral du sport de Lausanne, comme il l’avait fait, par le passé, après les sanctions portées contre lui par l’UEFA pour non-respect du fair-play financier. De même, il n’existe aucune prescription en Angleterre, contrairement au règlement de l’Instance de contrôle financier des clubs (ICFC), en Europe, qui prévoit une période de reporting de trois ans maximum au moment de l’investigation.
Personne n’imaginera que Chelsea, Barcelone, Real Madrid, Manchester United, Marseille, Naples, l’Inter et tant d’autres clubs, d’ici et d’ailleurs, FC Sion y compris, sont innocents et respecteraient toutes les règles édictées par ceux qui font semblant de vouloir assainir le football professionnel.
On en vient inéluctablement à penser que la gestion du football professionnel au niveau mondial passerait effectivement par la création d’une Super League européenne, pouvant reprendre les lois de la NBA aux Etats-Unis pour le basketball.
Le chaos criminel régissant aujourd’hui le football atteint les sommets de l’indécence que les derniers transferts réalisés par le club londonien de Chelsea à l’intersaison, incluant l’acquisition de Enzo Fernandez, le milieu Argentin, ne sauraient dissiper. Pas plus que les pratiques Noël Le Graet et de la FFF en matière de gestion des ressources humaines.
Les joueurs eux-mêmes ont franchi toutes les lignes rouges imaginables, à l’exemple de Dany Alves, la star brésilienne du Camp Nou, ou de Benjamin Mendy, même innocenté partiellement par un tribunal londonien.
Et laissons passer, par charité citoyenne, les fraudes fiscales massives commises par les plus riches footballeurs de la planète, Cristiano Ronaldo, Lionel Messi et quelques autres, si bien conseillés par des charmants fiscalistes, agents de joueurs, courtiers fiduciaires et autres spécialistes de trusts ou de sociétés off-shores.
L’argent, bien ou mal acquis, semble attiser des débordements illicites qui vont enchanter bientôt des scénaristes de Neflix, d’Amazon ou de Disney, à la recherche d’autres profits honnêtes.
La justice espagnole n’a pas eu le courage d’emprisonner Cristiano, a été bienveillante avec Neymar et cherche à se débarrasser de la patate Dany Alvès. Mais on s’interroge : ne conviendrait-il pas aujourd’hui de passer à l’étage supérieur et de sanctionner vraiment, – mais vraiment de vraiment -, ces tricheurs impénitents.
#MeToo a provoqué la chute de Weinstein, devenu symbole affligeant du harcèlement sexuel. Manchester City, le team du meilleur entraîneur du monde, Pep Guardiola, pourrait entrer dans l’histoire du foot mondial par une porte bien moins honorable que celle qui mène à la Champions’ League.
Pep, c’est peut-être le moment d’être un leader et de renoncer à des millions de livres en un geste courageux, non ?
Post Scriptum : oui, oui, tout ça est bien triste pour notre star Akandji … mais sent si bon pour Infantino qui a sur organiser la plus belle Coupe du Monde de tous les temps, non ?
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