Etat du Valais, détention. La double négation grammaticale
31 mars 2023
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Un homme est condamné à vingt-et-un mois d’emprisonnement. Il purge sa peine, mais reste en prison étant astreint à des mesures thérapeutiques limitées dans le réel à quelque 25 entretiens annuels assez brefs avec une jeune et jolie psychologue. Les paroles du prisonnier à sa « thérapeute » portent sur la nourriture, l’activité à l’intérieur de la prison, sur ses échanges avec ses proches et sur sa nouvelle passion, le bois. Rien de plus, rien de moins. Le brave homme n’a pas même à prendre régulièrement des médicaments.
Après sept ans de loyaux services à l’intérieur de la prison, la question se pose peut-être de savoir s’il peut être libéré. Ou pas. La commission cantonale sur la dangerosité, sans avoir jamais entendu l’homme, propose une réponse négative, confirmée, – naturellement –, par l’office cantonal, perroquet attentif de la dominance éclairée.
Un juge, plusieurs juges, sont saisis.
En substance, et brièvement énoncé, le refus est ainsi exprimé :
« il n’est pas possible de prévoir qu’il ne commettra pas de nouvelles infractions … ».
Le casier judiciaire de ce justiciable était vierge jusqu’à sa condamnation. Mais tout cela n’importe guère, puisqu’il « il n’est pas possible de prévoir qu’il ne commettra pas de nouvelles infractions ».
Les rhétoriciens n’ont guère eu de peine à saisir la subtilité de la double négation : « il n’est pas possible de prévoir qu’il ne commettra pas de nouvelles infractions ». Ne pas … suivi de … ne pas.
La logique mathématique et aristotélicienne nous a appris à transformer le « moins moins » en plus. Osons donc la même phrase en mode non négatif. Cela donne ceci :
« il est impossible de prévoir qu’il commettra une nouvelle infraction ».
Je conclus ainsi … calmement : ce condamné, qui a purgé toute sa peine, astreint à des mesures thérapeutiques langagières et « orales », doit être maintenu – à vie ? – en cellule au motif qu’il est impossible de prévoir qu’il commettra une nouvelle infraction.
La simple possibilité – imaginaire – d’infraction est ainsi source de détention éternelle.
Et que l’on cesse, cher lecteur, d’imaginer que ce criminel a assassiné son épouse, violé sa fille, escroqué le Crédit Suisse ou est l’émule de Pablo Escobar.
Il a imité les voyous du 93, il a incendié trois voitures.
Et Le Nouvelliste, sous la plume de Gilles Berreau (toujours lui), le classe dans la catégorie des quérulents :
Chers Lecteurs, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais, pour moi, un homme qui effectue 21 mois de prison, 5 ans supplémentaires de détention « thérapeutique », qui est confronté à la rhétorique de la double négation, qui obtient en prison des évaluations remarquables et maximales (5 sur 5) en productivité, attitude, fiabilité, qualité du travail et motivation, qui demande poliment sa mise en liberté, n’est pas un quérulent, c’est un homme qui demande justice.
Mouais… il devait pas être bien riche.. le « pauvre » gars !!
Et parce que sinon, de la double négation, on serait passà à la double affirmation: Et soit: « Il est absolument certain, que le (riche) condamné… ne commettra plus jamais aucun délit. »
(ndt (et soit, « note du Tribunal NB). Et pour ne pas dire.. qu’il n’en a même JAMAIS commis.. qu’il a donc été condamné par erreur… et qu’il faut donc le dédommager.)
Mouais.. le bénéfice du doute ne profite qu’aux riches, c’est bien connu. (Euuuuh non pardon… L’IMMMPUNITE.. ne profite qu’aux riches… sorry)
Et le meurtrier de Chippis ?
L’était connu avant de tuer ?
Mouais… il devait pas être bien riche.. le « pauvre » gars !!
Et parce que sinon, de la double négation, on serait passà à la double affirmation: Et soit: « Il est absolument certain, que le (riche) condamné… ne commettra plus jamais aucun délit. »
(ndt (et soit, « note du Tribunal NB). Et pour ne pas dire.. qu’il n’en a même JAMAIS commis.. qu’il a donc été condamné par erreur… et qu’il faut donc le dédommager.)
Mouais.. le bénéfice du doute ne profite qu’aux riches, c’est bien connu. (Euuuuh non pardon… L’IMMMPUNITE.. ne profite qu’aux riches… sorry)