Etat du Valais, ministère public, procureur général. La Berezina

7 mars 2023

La démission du procureur général, enfin actée, mais à une date bien trop éloignée, disent les esprits éclairés, soit au 31 décembre 2023, va entraîner des réactions en cascade.

La première est celle d’un très haut cadre de l’administration cantonale qui ne craint pas de faire savoir sa position directement à L’1Dex. Les messages sont éloquents :

Un avocat sédunois, ayant accès aux officines de la Rue des Vergers, siège du ministère public cantonal du Valais et régional de Sion, utilise le terme de Bérézina comme métaphore adéquate pour décrire la situation générale.

D’aucuns soutiennent que cette situation a été créée par la lâcheté des députés et qu’elle est aujourd’hui impossible à résoudre

Dans les coulisses, on évoque la possibilité de prescriptions pénales en cascade dans des dossiers très importants, dont celui de Hess Bey, celui aussi d’un avocat-notaire et d’un promoteur immobilier, dans lequel est impliquée à titre de partie civile la banque CIC, représentée par une grande étude d’avocats genevois, dans d’autres affaires graves et multiples dont les enquêtes n’ont pas été suivies avec le sérieux qui aurait dû être de mise.

Le départ simultané de trois procureurs du ministère public central, le procureur général, la procureure-adjointe et le procureur Greter, en charge du dossier des constructions illicites de Verbier (les lésés espèrent la prochaine sortie d’un acte d’accusation qui serait communiqué à un tribunal de district), engendrera la nécessité du transfert de dossiers à de nouveaux magistrats enlisés avant de commencer leurs tâches dans des imbroglios procéduraux déjà légendaires.

Le corollaire de cette Bérézina sans nom est la possibilité réelle de mise en cause ultérieure de la responsabilité de l’Etat du Valais, coupable de n’avoir rien entrepris de sérieux auparavant à travers les années à l’égard du ministère public central et du procureur général.

Un autre avocat sédunois se réjouit déjà d’entendre les députés s’exprimer lorsqu’ils seront confrontés à des actions en responsabilité dirigées contre l’Etat du Valais. Le président de la Commission de Justice du Grand Conseil et les membres de cette commission seront aux premières loges.

Les procureurs eux-mêmes, envers lesquels, de manière générale, la COJU et le Conseil de la Magistrature ont été si bienveillants, pourraient devoir affronter une procédure pénale pour entrave à l’action pénale. Un magistrat argovien est confronté à une telle procédure pour avoir laisser prescrire trop facilement une procédure pénale !

Les parties civiles auxquelles seront notifiées des décisions de classement du fait de l’existence de la prescription pénale n’accepteront pas sans réagir ce laxisme innommable, qui ne favorise généralement que les grands coquins.

Chacun est libre de répondre à cette question : pourquoi l’autorité de surveillance du parquet n’a pas agi jadis ?

L’1Dex, très actif dans ses critiques contre le ministère public cantonal depuis sa création le premier mai 2011, s’autorise à se gratifier d’une très bonne note, qui peut mériter des gens de bonne fois qu’ils s’abonnent en cliquant ici pour manifester un vrai soutien (un don n’est pas interdit).

 

Post Scriptum : ce qu’il faudrait faire aujourd’hui, c’est de désigner un procureur général ad hoc sans délai qui pourrait poser en toute liberté et indépendance toutes les questions qui fâchent à l’actuel procureur général et pour mener dès ce jour la réorganisation des structures humaines et juridiques du ministère public cantonal.

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

9 thoughts on “Etat du Valais, ministère public, procureur général. La Berezina”
  1. Au fait les dossiers verbier,sembrancher ect ect seront mis aux archives sans suite , Bravo les autoritès de copinage!!!!!! Aucune transparence dans les dossiers,bref
    ——-SERVEZ -VOUS ——–
    Il y a asser de bisounours pour payer !!!!

      1. On dira ceci : les députés de la COJU et tous les députés qui unanimes ont choisi ce procureur général et les 60 députés qui ont renouvelé leur confiance. La vérité, c’est que la plupart des citoyens se désintéressent à un très haut degré du fonctionnement du ministère public, car ils croient que la procédure pénale est réservée exclusivement aux coquins et aux méchants.

  2. That’s faster than I thought it will be nos so fat as yesterday ! It seems like some words swords even the « Greater » ! Well done with that last question Mr. Hero ! Why did this autority absolutly nothing for so long ?

    Perhaps, and giving a Leonardo’s quote, it’s because:

    Nothing strengthens authority so much as silence.

    Every established authority by any politic is not to protect the people, but to protect interests of a certain political class.

    Open your eyes, it’s time to wash all of them from the corrupted castle and bring back a smiling Justice in the Valley !

    https://youtu.be/31sdDWlg3ak

  3. Les parties civiles portent plainte !!! (!?!?) Eh bien bravo, chères parties civiles !

    (Ah non ! moi j’dis: Ce n’est même pas.. qu’on est « jamais SI BIEN servi que par soi-même.. dans ce canton… c’est que.. on n’est « jamais SERVI (TOUT COURT) que par soi-même »…

    Et alors, Parties civiles.. FAÎTES le travail… et proposez-le ensuite, à une autorité quelconque… pour signature (acceptation / condamnation).

  4. Le meilleur outil de cette caste, la prescription….
    Bon, il faut juste de la part du prévenu, de la patience ou sa mort naturelle…

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