Par Jean-François Fournier
Ecrivain-journaliste,
ancien rédacteur en chef du Nouvelliste

Vous m’avez bien lu : je n’ai pas fait de faute d’orthographe. Il ne s’agit pas en effet de se replonger dans le film mythique de Steven Spielberg, avec Tom Hanks, Matt Damon et Vin Diesel. Mais bel et bien de sauver Me Stéphane Riand, et plus précisément son magazine numérique L’1dex.
Je vous épargne le détail fastidieux du combat qui oblige aujourd’hui ce média d’opposition – par rapport au Média Circus : les trois grands valaisans auxquels j’ajoute la RTS, Le Temps et la galaxie Matin – à renoncer à son propre sang, comprenez : ses archives qui témoignent d’un vrai travail et de dénonciations du système souvent pertinentes, même si les propos ont parfois le mauvais goût de faire sortir certaines personnes de leur zone de confort. Pour moi, il n’y a aucune discussion possible : ce simple fait est catastrophique pour la liberté de la presse, et partant, pour notre démocratie citoyenne.
Vous me trouverez peut-être prompt à dégainer ma lame, que dis-je, ma plume, pour défendre un confrère ironique et parfois même caustique, mais force est de constater qu’à force de se taire, notre cher pays où sur-nos-monts-quand-le-soleil-annonce-un-brillant-réveil n’occupe plus une place digne de son histoire dans le classement Liberté de la presse que Reporters sans frontières (RSF) publie chaque année.
Cela ne surprendra personne, la Suisse est dépassée en 2023 par toute la Scandinavie, les Pays-Bas, la Lituanie, L’Estonie, le Portugal, le Liechtenstein et… le Timor Oriental ! Vive nous, donc ! Heureux et preux douzièmes d’un coup de projecteur révélateur de cette gangrène qu’est la loi lorsqu’elle ne protège pas en tout les serviteurs de l’information.
« La liberté de la presse, disait François Mitterrand, présente des inconvénients. Mais moins que l’absence de liberté. » Saluons ici, histoire de ne pas être dupes, cet expert dans l’art de l’empêcher quand il était le sujet pointé par un stylo critique ! Dans la déclaration d’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique en 1776, Thomas Jefferson allait d’ailleurs bien plus loin, qui écrivait : « Notre liberté dépend de la liberté de la presse, et elle ne saurait être limitée sans être perdue. »
Qu’on se le dise : la loi suisse n’est hélas pas un vrai bouclier pour le journalisme d’enquête que L’1dex aime à pratiquer. Nous n’y changerons rien, mais au moins nous faut-il savoir quel est le goût du bâton qui touille les arrières-salles du Parlement et du Tribunal fédéral !
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Le journaliste est pour le jour et la lumière, l’information et l’immatérialité : la liberté de l’âme.
Le politicien dans un système d’institution dictatorial est pour son contraire : l’enfermement de l’âme.
Tant qu’il y aura des lois de confidentialités, il y aura corruption et profits sur la majorité par une minorité équipée d’une minuscule sagesse, du mal1.
L’1Dex montre le mal1, le mal1 maltraite l’index. Le mal1 actuel du Fédéral a un don pour le mensonge (laz en slave).
Les lois ne sont plus utiles pour cette défense.
Mensonge d’état ?
Sept corbeaux perchés sur une corde à linge songent en coeur ! Où est le linge sale ? Le premier au septième : l’as tu volé ? Le septième au premier : « je ne suis pas blanc ! ». Alors celui du milieu s’exclama …
« Celui qui porte le linge sale est encore sous la corde ! »
Mais personne ne vit le tabouret .
Ni la poule …