Branco c. Attal. Combat au coeur du crépuscule

17 janvier 2024

Franc – Tireur, qui dézingue cette semaine à juste titre les homophobes et les anti-sémites qui, via les réseaux sociaux, cherchent à abattre le nouveau premier ministre de la France Gabriel Attal, assimile à tout le moins de manière implicite Juan Branco à ces immondes personnages. L’assimilation me paraît outrancière dès l’instant où l’on ignore la description de l’ascension de ce jeune homme révélée par l’auteur de Crépuscule. Ce livre vendu à 160’000 exemplaires après avoir été en libre accès sur la toile dessine une ascension de jeunes loups réseauteurs à l’intérieur de l’entre-soi parisien qui fait – franchement énoncé – froid dans le dos. Branco a bien évidemment un lot d’ennemis remarquables, mais aussi des journalistes, des écrivains et des philosophes qui ont été convaincus par sa démonstration :

« C’est ce que j’ai lu de plus accablant, sidérant sur les coulisses de la prise de pouvoir par Macron. » Annie Ernaux, Prix Nobel de littérature

« Crépuscule nous éclaire – c’est son paradoxe – sur la face obscure de ce pouvoir déliquescent. » Denis Robert

« C’est clair, c’est net, c’est précis, c’est très informé. » Michel Onfray

Branco n’y va pas avec le dos de la cuillère. En retour de service, les gens de la Macronie lui réservent des douceurs ineffables : plaintes chez le Bâtonnier, ouvertures d’instructions pénales, incarcération internationale, rumeurs parisiennes de bas étage, censure médiatique et autres joyeusetés formelles ou matérielles qui laissent fortement penser qu’un avocat intelligent, même s’il défend des gilets jaunes et des sans papiers, est à même d’infliger des coups-vérités pouvant faire obstacle aux mensonges cyniques, ces outils indispensables aux hommes de pouvoir.

Branco est un fervent défenseur de Julian Assange. Il sait donc manier avec dextérité l’arme de la transparence et de la véracité des faits qu’il oppose aux tenants de la fielleuse opacité et du mensonge instrumentalisé à des fins de vommunication imagée.

La France est, je le crois, dans un état de guerre informationnelle, marquée par une presse bien peu indépendante, ce qui rend incroyablement dificile une approche rationnelle.

Je ne suis pas sûr que, cette semaine, Franc-Tireur ne soit pas tombée du côté de la face obscure de la raison.

Mais, je l’avoue avec la même intensité, je ne suis pas sûr du contraire.

Attal et Branco connaissent la vérité; celle-ci n’éclora qu’au hasard d’une bourde, d’une indélicatesse ou d’une indiscrétion. Dans l’intervalle triompheront les facéties du pouvoir discrétionnaire et arbitraire.


Extrait du dernier tweet de Jusn Branco (@anatolium)

Que l’on invente des épisodes de harcèlement, de viol, détruise et expose mon intimité, bave sur mon parcours professionnel, m’accuse d’être à l’origine des actes de mes clients, mente sur mes références universitaires, s’indiffère des décisions de justice qui viennent tout cela contredire après des années de mensonge, cela fait partie de l’attendu de la part d’employés de milliardaires qui ont vendu leur plume et leur dignité, et dont la fonction consiste à abattre la vérité.

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

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