
(PAR JEAN-CLAUDE PONT ET JEAN ROMAIN)
Messieurs les Conseillers d’Etat,
Nous portons à votre connaissance l’étude que nous venons de réaliser avec Jean Romain, sur le wokisme.
Ce mouvement et ceux de son obédience représentent une dangerosité extrême pour notre société. Le Valais est encore relativement épargné mais les enseignants en formation actuellement dans les universités romandes subissent cette formation de plein fouet.
Il nous a semblé qu’il était indispensable pour votre gouvernance d’avoir connaissance de ces grands (par l’étendue pas par la qualité !) mouvements.
Il nous a aussi semblé être de notre devoir de philosophes – nous avons l’un et l’autre enseigné cette discipline – de faire partager au monde politique, aux médias, aux enseignants, à la population ce que nous avons découvert à l’occasion de cette étude.
Nous la diffusons très largement à partir d’aujourd’hui par courriel (gratuit).
Avec l’expression de nos respectueuses salutations.
Jean-Claude Pont Jean Romain
Jean-Claude Pont
Jean Romain
Mai 2024
L’Occident malade du Wokisme
Une Epopée de la Déraison
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Au monde politique, aux Enseignants, aux Médias, aux Parents, à la Population
Au cours de la dernière décennie sont apparus aux USA des courants de pensée, des mouvements, qui gravitent à des distances variables de cette nébuleuse appelée Wokisme. L’impérialisme qu’ils manifestent, l’esprit guerriers de ses protagonistes, le laxisme du monde politique à leur endroit, la complicité des médias l’ont transformé en quelques années en une machine de guerre, rouleau compresseur balayant dans les universités les disciplines traditionnelles. Le mouvement woke a rapidement colonisé l’ensemble de « l’Anglosphere ». Toujours prête à faire sienne les fantaisies venant d’Outre-Atlantique, la France s’est vautrée dans cette pensée au point que la plupart des facultés de sciences humaines s’y sont noyées corps et biens.
La cité du bout du lac, elle aussi friande des toquades hexagonales n’a eu de cesse que d’emboîter le pas et de livrer sans retenue son alma mater aux nouveaux prophètes du « demain on rase gratis ». Ne voulant pas être en reste sur son rival lémanique, le canton de Vaud se jette lui aussi dans ces eaux troubles et sacrifie pareillement son université aux caprices du temps. Quant au Valais, fidèle à sa devise du « il n’est pas urgent de se presser », il attend, il attend d’autant plus facilement que les vagues venues du Léman n’ont pas encore atteint ses rivages : peu dans la population ont la moindre idée de ce que signifie le mouvement woke. Mais on ne perd rien pour attendre ! Notre jeunesse est en bonne partie aux mains des universités lémaniques. Les professeurs de philosophie et de littérature à venir sortiront de ce moule, et nos enfants seront nourris de ce lait-là, amère boisson ! Le mouvement woke est hostile à toutes les sciences et jusqu’aux mathématiques, mais principalement à la biologie. Partageant la chose avec l’un de ses sous-produits, la Cancel Culture, il estime qu’il faut bazarder la littérature ancienne, viriliste et coloniale, idem pour les philosophes classiques, il estime que l’homme blanc est le grand coupable, que l’hétérosexualité est la cause de tous les maux, que seul le ressenti compte, si une femme blanche a un ressenti de femme noire, elle est une femme noire et autres balivernes de ce genre. C’est le mot puisque pour cette mouvance, seul le genre compte. Ces quelques lignes devraient suffire à mettre en évidence la dangerosité de ce qu’un manque d’attention pourrait faire prendre pour des fantaisies carnavalesques. Qui douterait de ces propos pourrait se rapporter aux pages 18-22 ! C’est pourquoi, nous avons uni nos forces et nos compétences (philosophie, philosophie politique, histoire et philosophie des sciences, sciences) pour donner l’alerte, le temps presse, il est moins une !
Jean-Claude Pont, Dr Math EPFZ, professeur (hon.) Histoire et Philosophie des Sciences, UNIGE.
Jean Romain, professeur de philosophie. Ecrivain. Ancien député et président du Grand Conseil de Genève.
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Wokisme et autres systèmes de pensée nouveaux
Mise en danger de notre société
Jean-Claude Pont et Jean Romain
Mai 2024
« Le monde crève de trop de rationalité, de décisions prises par les ingénieurs. Je préfère des femmes qui jettent des sorts plutôt que des hommes qui construisent des EPR. » (Sandrine Rousseau)1
« En recevant L’Express en exclusivité à New York, John McWhorter2 a tenu à délivrer un message : face aux adeptes du wokisme, qui ont peut-être déjà pris les rênes de l’éducation aux Etats-Unis, la France n’est pas naturellement protégée et doit réagir plus vigoureusement. Sinon, dit-il, ses enfants seront entrainés vers un nouveau monde « insensé », entièrement reconstruit sur l’idée raciale. » (L’Express, publié le 28.12.2021, propos recueillis par Stéphane Trano)
« Il y a pire qu’un vieux con assumé : un jeune con prétentieux qui se croit plus intelligent parce qu’il est né trente ou quarante années après vous. » (Pascal Bruckner)3
« Ainsi se profile le spectre sinistre d’une libération sans fin qui multiplie les interdits. »4
« C’est ce retournement du progressisme en obscurantisme que l’on voudrait étudier ici. »5
Généralités. Introduction
Le mot « woke » est emprunté à la langue afro-américaine dans laquelle il signifie «éveillé ». Venant des USA où le wokisme est apparu dans les universités, il s’est installé en France vers 2020. A l’origine il visait à combattre toutes les injustices, il 1 L. Daussy, « Sandrine Rousseau et le « féminisme inclusif », Charlie Hebdo, 25 août 2021. Cité in Jean-François Braunstein La religion Woke (Grasset, Paris, 2022), p. 14.
2 John McWhorter est un écrivain noir, professeur de linguistique à l’Université de Columbia (New York). Voyez la note 21.
3 Pascal Bruckner, Un coupable presque parfait. La construction du bouc émissaire blanc, Paris, Grasset, 2020, p. 134.
4 Idem., p. 56.
5 Idem., p. 24.
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semblait présenter ainsi un aspect constructif, attentif aux injustices sociales, raciales, etc. Et puis, les points de vue se sont radicalisés. Sont venus prendre place sous cette étiquette et d’une manière adjacente plusieurs mouvements, qui interfèrent les uns avec les autres pour constituer une sorte d’obédience ou de pool. Selon certains auteurs, ces idées auraient leur source dans les travaux de philosophes français des années 1970 et qui nous reviendraient ainsi qu’un boomerang. Les départements de sciences humaines des USA « furent inondés (…) de discours déconstructionnistes de l’Hexagone », la French Theory. « Voilà que l’Amérique nous adresse des philosophies jadis nées en Europe et que nous embrassons aveuglément parce qu’elles sont estampillées made in USA. »6
L’analyse des système et mouvements de pensée fait partie intégrante de notre profession. C’est donc naturellement que notre regard s’est tourné vers ces philosophies qui sont apparues dans cette dernière décennie. En particulier le wokisme et la Cancel Culture. Le récent travail de maturité (2023) sur le wokisme, d’une collégienne genevoise, a renforcé nos convictions sur la dangerosité de ces mouvements pour nos écoles. Une analyse poussée de ces mouvements nous a décidés à alerter nos autorités et les personnes concernées, enseignants, médias, etc. Après tout, c’est le météorologue qui nous alarme sur l’arrivée d’un ouragan, le médecin sur celle d’une épidémie, le militaire pour des menaces aux frontières, pourquoi n’incomberait-il pas aux philosophes d’éclairer et d’alerter la société devant la montée de systèmes de pensée qui sont potentiellement subversifs ?
Au cours de cette dernière décennie sont donc apparus pêle-mêle une foule de mouvements et de tendances, au premier abord sans liens les uns avec les autres : Great Reset, Écriture inclusive, Wokisme, Cancel culture, Appropriation culturelle, Transhumanisme, Antispécisme, etc. avec dans leur sillage des théories dévastatrices, Théorie du genre, Théorie critique de la race, Théorie intersectionnelle, toutes bien propres par certains aspects à déstabiliser les esprits, en particulier ceux des étudiants de tous les degrés. Nés pour la plupart dans des universités américaines, ils ont tôt fait d’envahir l’Europe où ils s’installent gaillardement. Ce que l’on pourrait tenir pour des fantaisies divagatrices d’intellectuels en mal de notoriété et de publicité est en passe de « prendre le lead » dans notre société, pour utiliser une expression bien de circonstance.
Le plus grave aujourd’hui est l’emprise que ces mouvements exercent sur tous les niveaux de la scolarité et des études. Devant des autorités politiques et scolaires plutôt impassibles voire consentantes (voir p. 22), une presse prête à défendre et à cautionner toutes les nouvelles sirènes, ils ont beau jeu. Le mal occupe la scène à la manière d’un cancer : débuts anodins, développements lents et jusqu’à atteindre le point de quasi-non-retour que l’on observe maintenant. Leur dangerosité ne se révèle pas immédiatement. Une montée subreptice, des apparences constructives et
6 Bruckner, pp. 18-19. Voir aussi le livre de Pluckrose et Lindsay cité en bibliographie.
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débonnaires cachent l’envers du décor. On comprend bien que cela ait échappé aux non-spécialistes.
Passé le temps des petits pas, aujourd’hui ensemble ou séparément, ces mouvements envahissent notre quotidien et jusqu’à la petite école. Ils bénéficient d’une vaste diffusion grâce à l’appui que leur apportent les géants du NET comme les GAFAM7.
Il nous incombe à nous, dont c’était le métier, d’exposer et de clarifier ces systèmes de pensée et de les donner à connaître. De prolonger suffisamment cette clarification pour que chacun puisse mesurer par lui-même leur danger si l’on n’y met pas le holà. Nous centrerons notre présentation sur le wokisme, qui fait un peu figure de chef de file dans ce sombre cortège.
Parmi nos sources, deux ouvrages récents : le livre de Pascal Bruckner Un coupable presque parfait. La construction du bouc émissaire blanc (Grasset, Paris 2020) et celui de Jean-François Braunstein La religion Woke (Grasset, Paris, 2022)8. D’une grande utilité aussi la remarquable et courageuse étude d’une jeune collégienne genevoise, travail intitulé « Dans les coulisses de l’éducation Woke », présenté au Collège Calvin en 2023.
Témoignage d’une collégienne. Sur le contexte politique des études au Collège Calvin Commençons par citer des extraits de ce dernier travail. Ils nous permettront de situer le débat, d’en montrer la nécessité. De prendre conscience par la même occasion qu’il est urgent de réagir. La jeune fille cite d’abord des textes officiels qui confèrent un statut politique à son argumentation : « Dans un rapport de la Commission de l’enseignement, de l’éducation, de la culture et du sport chargée d’étudier le projet de loi du Conseil d’État sur l’instruction publique (LIP) (C 1 10) on trouve l’affirmation » il est essentiel que l’école reste le lieu le plus serein possible pour permettre des discussions, ce qui n’est possible que si les enseignants n’affichent pas leurs convictions, quelles qu’elles soient 9 ». On trouve aussi dans la LIP : « toute forme de propagande politique et religieuse est interdite auprès des élèves. »
7 Acronymes des grandes multinationales de la communication Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft.
8 Pascal Bruckner (né en 1948), philosophe, essayiste français. Auteur de très nombreux ouvrages. L’un des maîtres de la pensée française. Jean-François Braunstein (né en 1953). Professeur des universités (émérite). A enseigné à Paris 1 Panthéon Sorbonne. Auteur de plusieurs ouvrages de philosophie, excellent connaisseur du sujet qui nous occupe. Jean Szlamowicz, Les moutons de la pensée, Le Cerf, 2022 – Brice Couturier, OK Millenials, L’Observatoire, 2021.
9 « Rapport de la Commission de l’enseignement, de l’éducation, de la culture et du sport chargée d’étudier le projet de loi du Conseil d’État sur l’instruction publique », Secrétariat du Grand Conseil, PL11470A – sur l’instruction publique (LIP) (C 110), p.56.
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- (p. 6) « Ainsi, si j’ai décidé de me pencher sur cette question, la cause en est d’abord politique. En effet, depuis le cycle, je n’ai pas cessé de constater que des influences politiques s’exerçaient dans les écoles. En effet, dans de nombreux cours, j’avais des professeurs qui, durant des digressions, ne pouvaient s’empêcher de donner leurs avis sur les actualités politiques qu’il y avait à ce moment-là. » 2. (p. 7) « Au collège Calvin, nous avons eu en 2022 une conférence de la part du groupe « bien-vivre et Égalités » dans laquelle il nous a été présenté, sous de nombreux aspects, pour quelles raisons et comment les personnes appartenant aux LGBTQUIA+ ainsi que les femmes subissaient des inégalités innombrables. » 3. (p. 7) « La question de la signification du mouvement woke est devenue de plus en plus importante pour moi lorsqu’une nouvelle fois, je me suis sentie différente de nombreux de mes amis parce que je n’appartenais pas à la communauté LGBT et que je n’étais pas féministe. Je me suis vue, détestée par de nombreuses personnes de mon collège à qui je n’avais même jamais parlé, uniquement car mes idées se dirigeaient plus vers la droite et que cela s’était entendu. » 4. (p. 22) « Ainsi un professeur d’art de la HEAD à Genève a diffusé́ un extrait du film » Temps et adieux » de Lucebert. À la suite de cela, une élève noire s’est plainte que le film était « négrophobe » et n’est plus revenue en cours. Le professeur n’a donc pas validé son semestre et a été convoqué par l’administration pour diffusion d’images racistes.10 Nous comprenons ici que même lorsque des professeurs essaient de faire leur travail en montrant des films « cultes » et importants dans le cursus scolaire de l’élève, ils sont automatiquement freinés et ne sont pas soutenus par leur direction. Sur le même ton, un ex-doyen du collège André Chavanne a reçu un blâme pour s’être opposé à certains changements proposés dans l’enseignement, en particulier, celui de la philosophie. Il ne fallait garder que Platon et y ajouter trois philosophes modernes dont Judith Butler et Donna Haraway. Le problème était que certains de ces textes encourageaient l’inceste et la zoophilie. (…). Il avait d’ailleurs proposé de faire intervenir le professeur Braunstein, que la direction avait alors qualifié de » réactionnaire « . » Ce témoignage d’élève est emblématique à plus d’un titre. Nous l’avons mis en exergue parce qu’il correspond à ce qui se passe dans les classes où la doxa du penser-juste règne. Nombre de discussions, dès lors que l’esprit critique se manifeste trop ostensiblement, se tranforment en accusations de ceux qui non seulement pensent différemment mais encore élèvent simplement des doutes.
10 « Godard, Koltès, ou Tchekhov, personae non gratae », Carpentier Laurent, Tonet Aureliano, Le Temps, article publié le 28.09.2023, https://www.letemps.ch/societe/etudiants-francais-deboulonnent-godard-koltes-tchekhov.
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Théorie du genre « Si ce genre de camelote sémantique suffit au besoin d’égalité, tant mieux » (Pascal Bruckner)11
Toute la pensée woke gravite autour de la Théorie du Genre. C’est donc par elle qu’il faut commencer. Ce genre-là on peut le définir par opposition au sexe, qui est un concept rigide relevant de la biologie – science que le woke réprouve et dont il ne dit que pis et pendre. Ce sexe, on le fixe au moment de la naissance tandis que le genre bénéficie dans la pensée woke d’une fluidité dépendant du ressenti de chacun. On est selon la biologie, disons, de sexe masculin, mais si on se sent femme, alors on est une femme malgré la biologie. Et le tour est joué, un fameux tour ! Cette fluidité offre au genre la possibilité de prendre des formes très diverses comme l’indique par exemple l’acronyme LGBTQ2S+12, sans que l’on puisse trouver à y redire. A noter que cette liste peut être prolongée ad libitum ; par exemple en utilisant la série initiée dans la note 12. Cela aura son importance lorsque la Théorie critique de la Race (voir p. 12) se proposera de prendre en charges toutes les inégalités, sans compter le problème de l’intersectionnalité (voir p. 13).
Comme l’écrit Braunstein (p. 111) : « La binarité sexuelle constatée par la biologie serait simplement le résultat des conceptions sociales et culturelles d’une époque dépassée. » Et p. 109 : « la culture l’emporte sur la nature ». Bruckner (p. 106) commente de son côté : « Chacun devrait choisir ce qu’il veut être et interdire à autrui de le qualifier. (…). Tel est le but de la déconstruction qui n’est au fond que l’aboutissement du narcissisme contemporain (…). »
On a alors pu à bon droit se poser la question de la fluidité raciale. Une théorie qui justifie ou incite au changement de genre, selon la fantaisie ou le besoin de chacun, pourrait l’accepter pour la race. Avoir un ressenti de noire tout en étant blanche, par exemple. En ces matières transcendantales, il semblerait que l’arbitraire soit roi, il n’y a que le premier pas qui coûte. La question n’est pas seulement académique, le cas s’est présenté, que nous conte Brice Couturier (France culture, 2 octobre 2020, 12h08). Une personne s’étant toute sa vie engagée dans le combat Afro-Américain, s’était déclarée noire du fait de son ressenti. Mal lui en a pris ! L’affaire a déclenché un tollé, elle a été traitée de raciste. Mais le wokisme va plus loin. Niant le sexe, il nie aussi le corps qui finit par disparaître, et avec lui l’apparence extérieure. Sans apparence physique, comment désigner ce qui reste de l’individu, par quel pronom le représenter. C’est l’apparition
11 Bruckner, p. 103. 12 Acronyme qui signifie Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Transgenres, en Questionnement et Bispirituels. Pascal Bruckner signale (p. 105) que Facebook propose une application avec 58 options « semi-fille, demi-garçon, a-romantique, etc.»
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du iel13. Au terme il reste des consciences. Une conséquence cocasse concerne la façon d’attacher au nouveau-né quelque chose qui en puisse signer sa venue au monde. Il faudra dorénavant remplacer la référence au sexe du nouveau-né par l’expression « sexe assigné à la naissance ». « Ce terme » d’assignation » veut faire croire qu’il y a là un choix social, une décision arbitraire et non une simple observation.»14 (Braunstein, p. 132). Et, p. 103 : « Pour cette théorie seul existe le genre, la conscience que l’on a d’être un homme ou une femme ou n’importe quoi entre les deux. Si vous avez l’audace de rappeler l’existence du corps, vous serez considéré comme un transphobe15 et stigmatisé comme tel. » Selon Amnesty International, «Une personne transgenre, ou trans, est une personne dont l’expression de genre et/ou l’identité de genre s’écarte des attentes traditionnelles reposant sur le sexe assigné à la naissance. Toutes les personnes transgenres ne se reconnaissent pas dans le système binaire homme/femme. » La théorie du transgenre permet donc de changer de sexe ou de genre à volonté. On est en présence de ce que le wokisme met au centre de sa pensée : « la fluidité des genres », une sorte « d’idéal d’émancipation universelle » (Braunstein p. 104) Ces études sont aujourd’hui d’une manière ou d’une autre présentes dans nombre d’universités ou de système scolaires.
Woke. Fiche signalétique
Nous donnons ci-après quelques caractéristiques du mouvement woke, une sorte de portrait-robot.
- La notion d’identité est à la base de la pensée woke. C’est autour d’elle que s’articule son combat pour venir en aide aux opprimés qu’elle a en vue (Noirs, Gays, etc.). Comme le disent parfois ses militants, ils sont des guerriers de la justice sociale. Pour rétablir l’équité, il faut selon eux se référer à la couleur de la peau. Mais la condition est de défavoriser le Blanc, qui bénéficie de déjà tant d’avantages. Ces identités s’inscrivent dans la théorie du genre.
- Pour le woke, ne comptent ni l’apparence physique ni le corps. La conscience et le ressenti habitent seuls le bâtiment.
- La prétention de créer un monde nouveau, ab ovo, après avoir liquidé le nôtre. Si on laisse faire, c’est assuré et ce sera rapide, c’est d’ailleurs en bonne voie ! De là cette volonté de réécrire l’histoire. Gommer le passé avec l’ambition de décharger nos consciences de ce dont nos ancêtres sont responsables. 13 (Néologisme) (LGBT) « Pronom de la troisième personne du singulier permettant de désigner les personnes sans distinction de genre. Il sert notamment à désigner une personne ne s’inscrivant pas dans la binarité de genre masculin/féminin, ou dont le genre n’est pas connu. » (Internet). Une jolie histoire à propos du « iel ». Une doctoresse de nos amies expliquait à sa patiente un problème autour du hiele, une partie du poumon. La patiente a demandé pourquoi on disait « hiele » et pas il !
14 De là les abréviations que l’on voit surgir AMAB (assigned male at birth) ou AFAB. 15Transphobe : qui est hostile aux personnes transsexuelles ou transgenres.
dehttps://www.amnesty.fr/focus/transgenre#:~:text=Une%20personne%20transgenre.
8 - La quasi-obsession de débusquer tout ce qui s’oppose à la doxa, débusquer et punir. De là, la formule name and shame.
- La fabrication d’une légitimité. Ayant infiltré les profondeurs des milieux universitaires16, d’où ils sont d’ailleurs issus, les wokes se sentent habilités à se parer du label scientifique, avec des affirmations du type : « la science dit … ». Ainsi ses militants sont-ils diplômés en « études genre», « études postcoloniales », « études sur la race »17. – Méthodes musclées à l’encontre des opposants, menaces, dénonciations sur les réseaux sociaux, censure. Braunstein (pp. 71-72) nous rapporte quelques exemples de désinvitations de chercheurs prestigieux appelés à donner une conférence à Genève ou à Paris, ou d’un conférencier qui n’a pu parler que sous protection policière. – Un rejet drastique et définitif de la Science (telle qu’elle est conçue ordinairement, c’est-à-dire la science millénaire). – Pour colorer le tout, un manque d’humour quasi-endémique.
Wokisme et Fragilité
« Lorsque vous entendez cette phrase désormais omniprésente « Je trouve cela offensant » vous savez qu’on vous demande de vous taire. » (Claire Fox)
« Je souffre donc je suis : Portrait de la victime en héros. » (Pascal Bruckner)18
Les mouvements dont nous parlons prennent vraisemblablement racine dans des processus psychologico-sociétaux qu’il vaut la peine de mettre au jour. L’histoire récente du racisme ou celle de la décolonisation, notamment, nous enseignent que le statut de victime procure des privilèges. Seul le mâle blanc hétérosexuel ne peut pas jouir de ce statut du fait de son passé dominant et dominateur, des crimes de ses ancêtres, de sa naissance (dans le cas où il serait un raciste systémique, voir p. 12) Qu’à cela ne tienne ! Il suffit pour obtenir cette noblesse nouvelle de s’accuser de crimes dont nous ne sommes pas responsables, de nous agenouiller devant des gens d’autres races (dans le sens du terme tel qu’on l’entend dans la CRT), de leur laver les pieds, de se livrer à des confessions publiques, de s’autoflageller, de s’autodénoncer etc., toutes choses qui se pratiquent dans les milieux wokes.
Dans un récent entretien avec Mathieu Bock-Côté (Cnews, 3 avril 2024), Pascal Bruckner déclare que dans les pays occidentaux le citoyen cherche à se faire passer pour une victime. Il serait la victime paradoxale même des crimes de ses ancêtres. Bruckner assimile cette classe à une nouvelle aristocratie. Il s’agit d’un processus de
16 Ainsi pour prendre un exemple, l’Université de Lausanne s’est-elle dotée d’une professeure en études genres. Pascal Bruckner qui le signale (p. 53), nous rapporte ce propos d’elle sur le rire masculin : « le rire masculin est « un plaisir de l’entre-soi masculin et blanc » qui conforte les complices dans le domaine patriarcal. » L’université de Genève met au concours un poste de MER en littérature post-coloniale anglophone.
17 Braunstein, p. 55. 18 Titre de l’un de ses livres. Grasset, Essai, Mars 2024.
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victimisation. Cependant il existe de bonnes et de mauvaises victimes. Sont réputées « fausses » les victimes qui se retrouvent dans le monde blanc, chrétien, âgée et masculines. Aucun apitoiement pour elles.
Plusieurs questions se posent, à la fois sur l’origine de ce soudain besoin de créer une telle classe et sur le souhait d’y appartenir ? Ces questions de psychologie sociale ont reçu diverses réponses.
Jonhatan Haid. La théorie de Jonhatan Haidt (né en 1961) publiée tout récemment19 nous semble rendre parfaitement compte de la situation. Il étudie le problème de la montée de ce qu’il appelle des « épidémies mentales » dans la jeunesse du monde anglophone.20 Nous ne nous attarderons pas sur ces études, cela nous conduirait loin de notre objectif. Haidt part de ce qu’il appelle « le rapide déclin de la santé mentale de la jeunesse » et ce qui a « déclenché la vague d’anxiété et de dépression autour de 2012. » Son extension quasi-simultanée à tous les pays de « l’Anglosphère » et à nombre de pays européens montre que le phénomène ne saurait être dû au hasard. C’est le signe que quelque chose ne tourne pas rond.21 De là un problème d’étiologie pour la psychologie sociale. Haidt nous propose une analyse serrée de ces causes, une dizaine qui selon lui sont à l’origine de ces phénomènes ; le tout assorti de quelques recommandations à l’intention des parents. Ces causes relèvent toutes selon lui du mode d’éducation dispensé par les parents de la génération 1955-1975 ainsi que du contexte social. Pour caractériser les générations Y et Z Haidt se sert de deux expressions clés : Déclin de l’enfant ludique et L’enfance téléphonique. Nous dirons pour notre part que les générations Y et Z ont été élevées dans de la soie. Mais évitons les généralisations hâtives, nombre de nos jeunes gens ont surmonté ces conditions initiales potentiellement défavorables. Peut-être est-ce là l’effet d’un milieu social et familial relativement plus solide, apanage des petites régions ? » Nous partageons totalement cette remarque profonde de Haidt : «C’est pourquoi nous avons fini par surprotéger les enfants dans le monde réel et par les sous-protéger dans le monde virtuel. »
19 Professeur à la Stern School of Business de l’Université de New York, J.Haidt a publié The Anxious Generation: How the Great Rewiring of Childhood is Causing an Epidemic of Mental Illness, mars 2024. On en trouve une brève présentation générale dans jonathanhaidt.com (https://jonathanhaidt.com.)
Un remarquable ouvrage que tout parent et tout enseignant devraient lire.
20 Extrait des courbes que Haidt propose. Pourcentage de l’augmentation des prévalences par items depuis 2010 : Anxiété 134% ; Dépression 106% ; Trouble de l’attention 72 % ; Anorexie 100 % ; Addiction aux drogues 33 % ; Schizophrénie 67 % ; sans compter les suicides ou les automutilations. Ces études portent sur ce qu’on appelle la génération Z (nés après 1995), «la plus durement touchée », bien que la génération des milléniaux (nés entre 1981-1995, aussi appelée Y) n’ait pas été totalement épargnée. 21 Haidt utilise ici la jolie métaphore, bien connue, des « canaris dans les mines de charbon ». Dans les mines de charbon, les mineurs emportaient avec eux des canaris dont la mort leur annonçait un taux de monoxyde de carbone élevé.
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Claire Fox. Les questions évoquées dans le travail de Haidt de 2024 préoccupent les milieux anglo-saxons de la psychologie sociale depuis une décennie. Parmi les pionniers, Claire Fox, membre de la Chambre des Lords (GB), écrivaine. Elle a fait date avec son livre de 2016 I find that Offensive [Je trouve cela offensant]. Le néologisme « snowflakes »22 qu’elle crée pour désigner les jeunes de la génération Y s’est rapidement naturalisé et constitue un bon relai, facilite la percée conceptuelle.
Voici quelques signes qui marquent le syndrome du flocon de neige. Si l’on a tendance à se vexer ou à se sentir offensé rapidement. Si l’on a tendance à mettre fin au débat (ou fuir la discussion) dès que notre interlocuteur a une opinion qui diverge de la nôtre. Si l’on a tendance à la comparaison et à l’autoflagellation. Dans son plaidoyer, Claire Fox met en cause des systèmes éducatifs protecteurs, une éducation feutrée à l’abri des difficultés de la vie réelle, précautions pour éviter à l’individu les tracas et les aléas du quotidien par lesquels on devient adulte. On y trouve déjà ce que nous avons relevé chez Haidt. Ces safe spaces où les jeunes, dans une ambiance ouatée, se requinquent lorsque par exemple ils ne supportent pas « un orateur dont ils désapprouvent les idées mais qu’ils ne sont pas parvenus à faire désinviter. » Ou les multiples exemples du type (Bruckner, pp. 130-131) « Il ne faut pas que des textes ou des images réveillent chez les étudiants une souffrance latente. (…). Les étudiants les plus fragiles devraient être assis près de la porte afin de sortir plus facilement s’ils sont confrontés à un écrit ou à une illustration délicate. » On pourrait aussi parler de ces cellules psychologiques dont on abuse de notre temps. Braunstein illustre cela (p. 99) par l’exemple du tsunami dans l’océan indien où les survivants, au grand étonnement et dam des psychologues venus à leur rescousse, n’en faisaient aucun cas ; il ajoutait : « Il faut dire que cette tendance à l’apitoiement est l’objet d’une véritable industrie dans notre société (…). » Déclaration corroborée par cette constatation (p. 98) : il y a plus de thérapeutes aux USA que de dentistes ou de pharmaciens.
Dans son livre, Claire Fox rapporte des histoires qui l’amènent à des conclusions inquiétantes pour la démocratie, en particulier pour la liberté d’expression. Elle émet aussi des hypothèses intéressantes pour rendre compte du contexte dans lequel s’est développée la génération « flocon de neige ». L’ensemble des forces enveloppées dans ces hypothèses a produit des individus vulnérables, faibles, incapables de gérer leur destin et enclins au narcissisme.
Les wokes contre la science
C’est progressivement, successivement que l’ensemble des disciplines des sciences dites dures sont placées au banc des accusés par les wokes. Le centre de gravité de ces accusations réside dans leur passé. On leur reproche d’être nées dans des périodes racistes, sanglantes, antiféministes sous la domination et de la main de 22 « Flocons de de neige ». Le dictionnaire Collins utilise ce terme pour « les jeunes adultes des années 2010, considérés comme moins résilients et plus enclins à s’offusquer que les générations précédentes. »
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l’homme blanc, qui a détruit les cultures indigènes. Lui aussi est au centre des attaques wokistes. Un exemple caricatural à ce propos, cité par Braunstein (p. 221). Selon les wokes, on ne peut plus parler des lois de Newton (mort en 1727), on doit dire les trois lois fondamentales de la physique. Parce que Newton est blanc et que « la nouvelle idéologie appelle à « décentrer la blanchité » et à « décoloniser les programmes ». » Dans le même ordre d’idées, dans le monde occidental, nombre de statues de scientifiques de premier plan sont déboulonnées, nombre de rues débaptisées.23 Mais au-delà des sciences (en elles-mêmes), c’est contre les conditions de possibilité mêmes de la pensée occidentale, contre les assises sur lesquelles elle repose que les idéologies dont nous parlons s’élèvent. L’universalisme, postulé implicitement dans les prémisses des démarches de la pensée rationnelle est une condition sine qua non pour leur validité. Pour la pensée woke, il n’y a pas d’homme universel. Dans le même sac on jette pèle mêle la raison, la rationalité, l’objectivité. En relativisant « rationalité », « objectivité » et en les rapportant au groupe identitaire de référence, l’idéologie woke enlève toute pertinence à la manière de penser qui est au fondement de la pensée rationnelle. La notion de rationalité (231) serait ainsi genrée, la raison serait mâle ou féminine. Toutes ces notions sont « racistes », « virilistes », « colonialistes », en un mot « blanches ».
Pour ces idéologies, la théorie de la connaissance (l’épistémologie) doit se diversifier. Il s’agit de « dégenrer », de « démasculiniser », de « déblanchir » la science, de là toute une théorie d’épistémologies nouvelles ; il n’y a de connaissance que d’un « certain point de vue ». On assiste ainsi à un foisonnement d’épistémologies24. Un exemple qui concerne la Nouvelle Zélande (Braunstein, p. 224). En 2021, « le très Woke gouvernement de la Nouvelle Zélande » exige que le savoir autochtone maori soit placé à égalité avec la science occidentale, que les mythes soient tenus «comme des connaissances scientifiques à l’égal de la science occidentale. » Aujourd’hui, dans les facultés de lettres et de sciences humaines, les recherches sur les mouvements dont on parle ici occupent le terrain. Le totalitarisme qu’on y voit à l’oeuvre s’observe en particulier dans la manière avec laquelle les militants du mouvement woke ou de ses obédiences traitent leurs opposants : dénonciation sur les réseaux sociaux, mort sociale, etc. Avec une mise en accusation de la culture et de la science occidentales. Devant le danger de tels débordements, des cris d’alarme sont lancés. Ainsi celui de A.I Krylov (2021), cité par Braunstein (p. 218) : « Notre avenir est en jeu. En tant que
23 Le sort du buste de Carl Vogt, qui ornait l’entrée de l’Uni Bastions à Genève est en suspens. Déplacé pour l’instant pour faciliter des travaux, dit-on, on peut s’interroger sur le sort qui lui est réservé. Ce mouvement, lié au mouvement woke par affinité de pensée, se nomme «Cancel Culture ». Des gens très sérieux et par ailleurs tout à fait bien colloquent gravement autour de la question. 24 Braunstein (p. 234) en cite quelques-unes : « féministe », « queer », «postcoloniale», «critique de la race ».
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communauté [scientifique] nous sommes confrontés à un choix important. Nous pouvons succomber à l’idéologie d’extrême gauche et passer le reste de notre vie à chasser les fantômes et les sorcières, à réécrire l’histoire, à politiser la science, à redéfinir les éléments du langage et à faire de l’enseignement STIM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques) une farce (…) », ou bien nous défendre. Écoutons encore Braunstein citant I. Jablonka (p. 67), qui nous indique assez clairement les projets du wokisme : « Il faut être capable de se défaire de l’éducation qu’on a reçue, des réflexes qu’on a acquis, de l’idéologie de genre qu’on s’est forgée, de l’atmosphère de tolérance qui nous entoure jusqu’à renoncer à être ce que l’on a toujours été. »
La théorie critique de la race (Critical Race Theory, CRT)
« Est-ce du courage que de retomber dans les travers qu’on prétend dénoncer (…). »25
« C’est dans les démocraties occidentales où les droits des minorités sont les mieux respectés que l’on proteste le plus contre la violation des libertés fondamentales. »26
On l’a compris, désireux pour ne pas dire avides de corriger toutes les inégalités, les wokes sont antiracistes. Mais, par un détournement inattendu, ils ont développé une autre forme d’antiracisme lequel enveloppe un nouveau … racisme, un racisme nouvelle génération, aussi nommé racialisme27. Ce tour de passe-passe est développé dans la «Théorie critique de la race ». Un mode de pensée qui, du point de vue de la dangerosité, ne le cède en rien au racisme classique. Il s’agit de restaurer, sous d’autres cieux, un « racisme » dont la base est de nouveau la couleur de la peau et dont la cible et le coupable privilégiés, le « bouc émissaire »28, est l’homme blanc. Comme le note Braunstein (p. 159) : « (…) » être aveugle à la couleur « , serait la forme contemporaine la plus répandue et la plus grave du racisme.» Selon cette théorie il faut toujours considérer et traiter les humains différemment en fonction de leur race. Ce racisme porte sur un privilège des Blancs élevé à la puissance infinie, un privilège dont ils ne seraient pas conscients. Il est en effet systémique puisque selon la doxa woke il afflige le Blanc dès sa naissance et celui-ci il ne peut pas lutter contre celui-là.
25 Bruckner op. cité, p. 219.
26 Idem., p. 24.
27 Racialisme désigne une doctrine qui affirme l’existence de races humains différentiées et non pas une espèce humaine unique. Ces races impliqueraient des différences en matière d’aptitudes mentales, physiques, de comportements, de moeurs. https://www.toupie.org/Dictionnaire/Racialisme.htm#:~:text=Définition%20de%20racialisme%20et%20racialiste&text=Le%20néologisme%20racialisme%20désigne%20une,%2C%20de%20comportements%2C%20de%20moeurs.
28 Bruckner, p. 173.
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Cette « blanchité » le charge d’une culpabilité sans limite. Pour employer un terme du langage philosophique, sa culpabilité est sui generis. Ces antiracistes nouvelle mode affirment donc que les races existent et que l’on doit en tenir compte dans l’évaluation des situations sociales. L’une des conséquences de cette position doctrinale est que « l’histoire occidentale a toujours été raciste et que cela invalide l’ensemble de ses productions culturelles, scientifiques, artistiques ou techniques qui sont désormais toutes racistes, et par ailleurs virilistes. »29 De là une nouvelle discipline, les Whiteness studies. Nous terminons ce paragraphe par une fine observation de Pascal Bruckner (p. 173): « On peut aussi pointer dans le masochisme occidental une forme subtile d’orgueil : le dénigrement de soi dissimule à peine une glorification détournée. Le mal ne peut venir que de nous, le mépris affiché de notre culture est encore un moyen de rester supérieurs à tous les autres. Nous demeurons les propriétaires exclusifs de la barbarie et en dénions toute présence chez les autres. »
Intersectionnalité
« L’intersectionnalité ou intersectionnalisme est une notion employée en sociologie et en réflexion politique, qui désigne la situation de personnes subissant simultanément plusieurs formes de stratification, domination ou de discrimination dans une société. » (Wikipédia)
Dans la pensée woke, l’intersectionnalité permet de cumuler en un seul cas des discriminations appartenant à diverses catégories sociales, sexe, race, couleur de la peau, etc. L’idée est apparue à l’occasion de procès aux USA qui n’ont pas abouti du fait de l’origine diverse des discriminations.30 Braunstein qui présente cette question cite une remarquable expérience de pensée inventée par Crenshaw (p. 198) et qui illustre bien le propos. Il résume par cette phrase : « L’expérience des femmes noires ne peut pas se réduire à celle des hommes noirs ou des femmes blanches. » Elle est celle des femmes cumulée avec celle des noirs. La pensée intersectionnelle est multidimensionnelle, étant à deux dimensions dans l’exemple précédent. En fait l’homme blanc hétérosexuel est le coupable intersectionnel par excellence.31
Le racialisme anti-Blancs
Ce racialisme nouvelle génération, qui vise à la discrimination des Blancs eu égard aux privilèges systémiques dont ils ont profité, impose la connaissance de ce qui fait l’identité de la blanchité. Pour ensuite procéder à une destruction séquentielle des items. Braunstein en donne des exemples (p. 187), parmi lesquels : individualisme farouche, famille nucléaire, méthode scientifique, le progrès est toujours meilleur,
29 Braunstein, p. 165. C’est nous qui soulignons.
30 La notion d’intersectionnalité est due à Kimberlé Crenshaw, qui était professeure de droit à l’Université Columbia, dans des travaux qu’elle a publiés en 1989 et 1991. Une notion devenue centrale dans la problématique qui nous occupe.
31 Bruckner, p. 43.
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primauté de la culture occidentale de tradition judéo-chrétienne, esprit de compétition, respect des horaires, pensée rationnelle, etc. D’associer ces particularités exclusivement à la blanchité laisse entendre que les autres groupes identitaires, notamment les Noirs en seraient dépourvus. Ni ponctuels, ni rationnels, ni esprit de compétition, ni confiance dans les progrès, ni méthode scientifique, en somme une sacrée gifle pour les Noirs en particulier. Ne dirait-on pas là une rechute dans le racisme traditionnel, ce que certains n’ont pas manqué de dénoncer ?
John Whoter
La trahison dont parle John Whoter a été profondément ressentie aux USA32. Whoter est un noir, un chercheur prestigieux, professeur de linguistique et de civilisation américaine à Columbia University (New York), l’une des plus célèbres du pays, auteur d’un best-seller, il est l’un des rares auteurs à avoir osé s’opposer au wokisme, à la troisième vague antiraciste et à la Cancel culture. L’ouvrage a été démoli par une partie de la presse libérale du pays. Il écrit que ce livre « est né durant l’été 2020 » face à «la folie des gens voulant défenestrer ceux qui ne pensaient pas comme eux. » A l’occasion de sa rencontre avec L’Express, Whoter a tenu à nous faire cette mise en garde, à méditer soigneusement33 : « face aux adeptes du wokisme, qui ont peut-être déjà pris les rênes de l’éducation aux Etats-Unis, la France n’est pas naturellement protégée et doit réagir plus vigoureusement. Sinon, dit-il, ses enfants seront entrainés vers un nouveau monde « insensé », entièrement reconstruit sur l’idée raciale. »
Glenn Loury
Dans le même ordre d’idée, on peut citer un autre chercheur noir, Glenn Loury, une légende vivante aux USA. Il est professeur à la Brown University, elle aussi prestigieuse. Il est considéré « comme le père d’une génération d’intellectuels noirs aujourd’hui en première ligne contre le wokisme. »34 Malgré une immense popularité, il a vu ses propos « effacés des grands médias d’obédience libérale. »
Critique du Blanc. Autoflagellation
Dans l’état pathologique de notre société marqué par une atrophie des valeurs ordinaires, il faut un coupable. L’Occident, en particulier l’homme blanc d’âge mûr, coche toutes les cases. D’autant qu’il s’autoflagelle avec délices. Il reconnait ses crimes et implore le pardon dans des scènes déshonorantes, qui font florès aux USA aujourd’hui. La coupe amère des opprobres qui l’accablent pour des crimes commis par ses ancêtres, voire depuis l’origine des temps du fait de son racisme systémique, semble douce à son palais blasé. Étant entendu que selon la théorie critique de la race
32 Le livre de John McWhorter Woke Racism, How a New Religion Has Betrayed Black America (Portfolio) (Le racisme woke. Comment une nouvelle religion a trahi l’Amérique noire).
33 McWhoter a été reçu par le journal L’Express (propos recueillis par Stéphane Trano, 28.12.2021). D’où est tirée la citation. Voir aussi l’épigraphe, p.1.
34 Loury a lui aussi été reçu par L’express (21.02.2022). Stéphane Trano a recueilli ses propos.
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il est le seul à être dans le coup, les autres races étant blanchies ipso facto, si l’on peut dire. Disons d’abord ce qui est reproché aux Blancs (Bruckner, pp. 167-168, citant Pierre Tevanian) : « Les Blancs sont malades d’une maladie qui s’appelle le racisme et qui les affecte tous sur des modes différents même lorsqu’ils ne sont pas racistes. » « Être blanc c’est être élevé dans cette double imposture : le bénéfice d’un privilège et la dénégation de ce privilège. » « Le Blanc, son crime est d’être. » Braunstein écrit (p. 65) dans le même ordre d’idée: « Le « privilège blanc » semble alors être l’équivalent d’une sorte de péché originel. »
Disons ensuite l’attitude du Blanc aux USA face à ces critiques. Bruckner (pp. 172-173) en propose quelques exemples qui sont emblématiques. Cela va de l’autoflagellation, le sanglot de l’homme blanc, à la confession publique : – Les classes aisées blanches qui maudissent leur blanchité. – A Denver, ces femmes blanches progressistes qui payent jusqu’à 2500 dollars pour apprendre « le temps d’un repas, à quel point elles sont racistes malgré elles, sous le patronage d’une hôtesse noire et riche qui se délecte de les humilier (…). » – Le cas de cette actrice (p. 179) qui a tweeté en 2019 : « Je suis désolée d’être née blanche et privilégiée. Cela me dégoûte. J’ai tellement honte. » – Voir aussi le cas de l’Université d’Evergreen que je cite plus loin. – (p. 21) « Elle a déjà en partie réussi [à les persuader de leur nocivité foncière] en Europe occidentale, où l’on tente d’inculquer aux individus le déshonneur d’être ce qu’ils sont. Une vaste entreprise de rééducation est en marche, à l’université, dans les médias, qui demande à ceux qu’on appelle les « Blancs » de se renier. » (p. 28) « Ce qui est absolument nouveau c’est que ce sont des « Blancs » en Europe et aux Etats-Unis, en général appartenant aux classes aisées, qui maudissent, dénoncent » l’insupportable blanchité de notre culture » (…). »
On peut raisonnablement poser cette question à la Cancel Culture : faudra-t-il réécrire toutes les grandes oeuvres littéraires sous prétexte qu’il y est question de meurtres, de viols, de « nègres » ? Faut-il évaluer les oeuvres à partir de normes fixées par l’arbitraire d’une société, proclamées dans un temps infiniment cours de son histoire – une décennie ? Dans cet ordre d’idées, Bruckner cite encore des oeuvres comme Le petit chaperon rouge ou Les trois petits cochons, qui célèbrent un animal impur dans l’Islam. Il rappelle à cette occasion que les maisons d’éditions anglo-saxonnes engagent des sensitivy readers qui fonctionnent comme des « démineurs éditoriaux ». Des exemples empruntés à Braunstein : (p. 69) « On voit ainsi les obéissants professeurs de l’université d’Evergreen confesser la liste de leurs privilèges devant des animateurs noirs (…). » (p. 64) « outre la génuflexion, les wokes se livrent à d’autres rituels de contrition, comme le lavement des pieds de militants noirs. » (p. 61) « les jeunes militants blancs de Black lives Matter font l’aveu public de leurs péchés et demandent pardon aux Noirs pour leur oppression. »
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L’entretien de René Chiche35, avec l’Association SOS Education sur l’écriture inclusive nous servira de conclusion à cette rubrique.
A l’origine un groupe qui s’intéresse à tout ce qui nous vient des USA, s’inscrit dans un mouvement plus vaste, partie de l’iceberg qui nous amène à priver nos enfants de ce dont ils ont eux-mêmes bénéficié. L’école devient perméable à toutes les influences de l’extérieur. Ces influences extérieures se sont traduites notamment par la suppression en France de la classe de philosophie, remplacée en classe terminale sous le règne du ministre Blanquer par l’attelage « Humanité. Littérature. Philosophie». De quoi est-il question ? Essentiellement de théorie du genre, d’intersectionnalité, etc.
Ecriture inclusive
Tous les travailleurs, tous les salariés, tous ceux qui doivent se battre pour élever leur famille, tout ce que l’Europe compte de pauvres, de laissés pour compte aprécieront ces judicieux efforts de clarification et de simplification36. « Je m’adresse à toustes celleux qui sont intéressé·e·s à rencontrer cellui qui les représente. » (Exemple emprunté à Google, « Ecriture inclusive ».)
L’écriture inclusive introduite progressivement au cours de la dernière décennie a été une sentinelle avancée dans le cortège des mouvements que nous examinons ici. Elle a été comme le piton que l’alpiniste plante dans la paroi pour assurer et permettre sa progression. Nous avons choisi de la placer plus loin, eu égard à la moindre virulence qu’elle affiche. On peut la définir ainsi : « Le langage inclusif en français est un ensemble de moyens linguistiques qui sont mobilisés dans la langue française pour représenter expressément dans un discours tant les hommes que les femmes, voire les personnes non binaires. » (Wikipédia) La stupéfaction que l’on peut éprouver à la lecture de la phrase citée en épigraphe à cet alinéa n’y fait rien, c’est bien la réalité d’aujourd’hui : cette écriture est préconisée notamment par nombre d’instances officielles, y compris les universités ou l’Otan. Elle figure par exemple sur le site Hes.so. Ci-après un extrait des recommandations en guise de justification pour l’introduction de cette écriture : « Être sensible à l’androcentrisme37 et le combattre par des mesures très accessibles, gratuites et impactantes. » « Tenter de rééquilibrer l’Histoire ». Pour peu que l’on ait pris connaissance des pages qui précèdent, on reconnaîtra ici le souffle des mouvements dont nous traitons dans le présent article. 35 « L’écriture inclusive envahit nos écoles », YouTube. SOS Education, 26 mars 2021. René Chiche était vice-président du syndicat de l’Éducation nationale Action et Démocratie et siégeait au Conseil supérieur de l’Éducation.
36 Cette scansion concerne à parts égales les femmes. Nous aurions pu tout aussi bien écrire ça au féminin. Quand il n’est pas nécessaire de changer, alors il est nécessaire de ne pas changer, disait-on. 37 (Larousse) « Système ou attitude qui place l’homme au centre de l’univers et qui considère que toute chose se rapporte à lui. »
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Un autre exemple emblématique nous est proposé par un document officiel du Canton de Neuchâtel38. Nous en présentons des courts extraits (l’article compte quatre pages). Dans la rubrique « Formes neutres ou épicènes », on nous suggère des formulations neutres pour éliminer les connotations masculines. Ainsi : Chaque (plutôt que « tout » ou « tous »), « Les personnes de nationalité suisse » (plutôt que « les Suisses »), « La main d’oeuvre» (plutôt que « les ouvriers ». On nous précise pour nous rassurer : « Une liste comprenant la déclinaison au féminin et au masculin de 2000 noms de métiers professions, etc. » « En cas de double désignation », on recommande de mentionner le féminin avant le masculin », probablement pour des questions d’égalité. Il faudrait peut-être constituer un comité théodule pour trancher la question et en expliquer les raisons. Une autre rubrique concerne spécifiquement la double désignation. Le conseil générique est : « Le ou la juge est nommé sans délai. » Tiens, ici c’est avec le masculin qu’on accorde, comme au vieux temps ! Tiret ou barre oblique, that is the question ! Suit toute une ligne de consignes dont voici la première : « Au singulier : Racine du mot + suffixe masculin + tiret + suffixe féminin. » « Au pluriel : Racine du mot + suffixe masculin + tiret + suffixe féminin + marque du pluriel ». Exemple : les étudiant-e-s admis-e-s. » Encore un conseil, toujours extrait du document de Neuchâtel : « Par exemple, lorsqu’il apparaît trop compliqué de rédiger un formulaire de façon épicène, il pourra être établi en deux versions, l’une destinée aux femmes et l’autre aux hommes. » Comme ça on gagne du temps ! Et on économise du papier ! La langue française n’est-elle pas suffisamment complexe pour encore y ajouter ? Nous ne résistons pas au plaisir de vous offrir un extrait d’un pastiche du « Corbeau et le Renard » de Jean de La Fontaine en écriture inclusive39 :
« Li corbe.au.lle et li Renard.e. (extrait) Maître.sse Corbe.au.lle sur un arbre perché Tenait en son bec un fromage Maître.sse Renard.e par l’odeur alléché.e Ellui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur/Madame di Corbeau.lle Que vous êtes joli.e! que vous me semblez be.au.lle. »
38 « Département de l’emploi et de la cohésion sociale. Office de la politique familiale et de l’égalité. »
39 Didier Vincent, « La fable de La Fontaine revisitée à la manière de », overblog, publié le 27 Août 2017, (Avant d’être un article, c’était un twitte), [en ligne],
http://www.vincentdidier.net/2017/10/ecriture- inclusive.html L’exemple est cité dans le travail de notre collégienne, p. 24.
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Les féminismes
« De toute façon les femmes ont tellement de souffrances en retard depuis des millénaires qu’aucune injustice présente ne pourrait éponger cette dette (…). Etre victime, pour une femme, est un statut social, presque ontologique.»40
Les mouvements que nous avons évoqués ici constituent un ensemble présentant une certaine cohérence. Une passerelle assure cette cohérence, la volonté de détruire notre monde et l’illusion d’en produire un meilleur, de l’ordre du « demain on rase gratis». On pourrait ajouter qu’une utopie partagée cimente l’attelage. Certains des mouvements féministes dont il va être question s’inscrivent assez naturellement dans cette configuration. On distingue dans l’histoire plusieurs vagues de féminismes. Les deux premières étaient liées à de justes revendications et ont approximativement atteint leurs objectifs principaux : droit de vote, égalité des salaires, accession à des fonctions élevées, à des professions jusque-là réservées aux hommes, etc. Disons que c’est là le féminisme classique, j’ajouterai : et raisonnable.41 Mais le combat s’est poursuivi jusqu’à la radicalisation de la dernière décennie, le postféminisme comme on l’appelle. Cette radicalisation, les débordements qu’elle propose, les absurdités qu’elle véhicule, les fariboles qui fleurissent ses actions se transfèrent mutatis mutandis aux mouvements que nous avons décrits précédemment. Il est vrai que quels que soient par ailleurs les acquis des premières vagues de féminisme, la pression ne devait pas faiblir, d’autres poches de résistance subsistaient encore. Mais toutes relevant de l’autorité de la raison. Avec la vague du postféminisme, on bascule sur une autre catégorie mentale. L’étape ultime de la libération pour la femme, on va la chercher dans les espaces éthérés de la folle du logis : l’hétérosexualité – soit la forme la plus habituelle de la sexualité pour les foules qui se sont agitées au long des siècles sur notre planète – ne serait pas l’expression d’une réalité biologique mais « une norme imposée à tous par l’ordre social»42. On admettra qu’il s’agirait là d’une révolution à côté de laquelle celle de Copernic ferait pâle figure. Le postféminisme concentre ainsi ses batteries sur l’hétérosexualité qui serait, avec l’homme blanc, à l’origine de tous les maux dont souffrent et ont souffert les femmes. Quelques citations ne seront pas de trop pour illustrer ce basculement. Bruckner (p. 135) citant un passage d’un festival féministe (Paris, 2019) : une proposition de « sortir de l’hétérosexualité (…) pierre angulaire de la construction du patriarcat » ; il commentait : « selon l’idéologie en cours la binarité des morphologies
40 Bruckner, p. 37.
41 Ouvrant par hasard un vieux livre (L. Secrétan, Charles Secrétan, sa vie et son oeuvre, Lausanne, Payot, 1911, p. 305), nous tombons sur ce passage, particulièrement éclairant ici. Lettre du 10 novembre 1855 de Félix Bovet à propos d’un cours de Secrétan : « C’est admirable. Aujourd’hui du reste, vous n’auriez pu entrer, car il y avait huis clos. Les dames étaient exclues. (…) une leçon d’un charme indicible sur la famille, le mariage, l’amour, etc. »
42 Bruckner, p. 143.
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sexuelles était construite socialement et non pas donnée. » Ou encore : « On parle beaucoup de genre mais moins de la production des morphologies, des hormones ou du génome qui sont également conditionnés par des politiques de contrainte des mouvements ou de l’alimentation des femmes qui produisent au fur et à mesure des années une binarisation des corps. Les corps ne sont pas une donnée mais des archives du sexisme et du patriarcat. »43, « c’est par le biais de l’hétérosexualité qu’a été restructurée la domination coloniale et raciste avec un contexte très français. »
Autre jugement sur la sexualité féminine vue par le postféminisme : « Une femme ne désire jamais, on lui impose ce qu’elle croit désirer » ; « la femme dans le rapport sexuel est un espace envahi, un territoire littéralement occupé même s’il n’y pas eu de résistance (…). » « Si l’on en croit les néoféministes, aucune femme ne consent jamais, elle capitule de guerre lasse. »44
Nous sommes nombreux à nous interroger sur la succession d’événements qui ont permis cette révolution voulant que l’on en arrive à opposer les sexes les uns aux autres, voire à prôner la ségrégation45. Et qu’il se trouve des gens, apparemment raisonnables, qui puissent en arriver là. A nous interroger sur ce fait, comme le note Bruckner (pp. 26-27), que tout en bas de la hiérarchie seraient « les parias, la lie de la terre, le mâle blanc hétérosexuel occidental. Au sommet la femme noire ou arabe ou indienne, lesbienne ou queer, nouvelle reine de l’univers. »
Ecoféminisme
Dans le cortège des spectres extravagants qui constituent la longue liste dont nous avons parlé (note 12), l’écoféminisme. Il s’agit d’un mouvement relativement ancien (les années 70). Il se fonde sur une prétendue analogie entre l’exploitation de la nature et celle des femmes par les hommes. Le responsable en fin de compte étant le patriarcat. Un mouvement qui s’est gonflé au fil des années par le vent des autres mouvements dont nous avons traité ici. Les quelques citations suivantes d’Anne-Line Gandon46, Françoise d’Eaubonne et Shulamith Firestone47 nous fixeront sur les standards de la pensées écoféministe. « Comme la nature, les femmes sont des externalités économiques, c’est-à-dire que le système économique les exploite, mais sans rétribution. La main-d’oeuvre féminine n’est pas payée ou est sous-payée, et le travail de femme au foyer qui rend chacune responsable de l’éducation des enfants ne l’est pas non plus. Le travail des femmes est invisible. Pour ce qui est de la nature, elle fournit toute la matière première
43 Bruckner pp. 135-136. Cité à partir de Julien Drouar et Tamar, Les inrockuptibles, 20 septembre 2019.
44 Idem., p. 45.
45 Cette ségrégation ne pertube pas trop les catholiques de notre génération. Dans notre jeune temps, à l’église, les femmes occupaient les bancs de gauche. C’était le bon temps ! 46 Anne-Line Gandon, « L’écoféminisme : une pensée féministe de la nature et de la société», Recherches féministes, 31 août 2019.
47 Françoise d’Eaubonne, Le féminisme, Paris, Éditions A. Moreau, 1979.
Shulamith Firestone, The Dialetic of Sex, Londres, The Women’s Press, 1979. Citées par Gandon.
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nécessaire à l’activité de l’être humain sans qu’il n’ait jamais eu à en payer le coût écologique. »
C’est Françoise d’Eaubonne qui a créé le néologisme « écoféminisme ». Elle écrit (pp. 353-354) : « Oui l’addition va être lourde, dans un monde sexiste où l’homme s’était réduit et identifié au Masculin destructeur pour laisser à la femme le Féminin conservateur, il avait cru investir dans la création des techniques ses forces d’agressivité et de destruction […] Les valeurs du féminin, si longtemps bafouées, puisque attribuées au sexe inférieur demeurent les dernières chances de survivance de l’homme lui-même. » Et la maternité n’est qu’une fonction sociale
Revenons à Gandon, qui nous cite ce texte de Firestone de 1979, mais repris tel quel en 2009, soit bien avant les débordements wokistes. On est là au coeur du catéchisme de toute cette pensée : « L’inégalité des sexes est principalement due à l’enfantement qui est à la charge des femmes : une technologie reproductive efficace pourrait donc être la solution aux inégalités hommes/femmes. » Gandon interprète la pensée de Firestone : « l’utérus artificiel est la solution pour rendre les hommes et les femmes égaux. Là où la nature a échoué, la technologie peut réussir. » On gardera en mémoire l’affiche du Planing familial français qui présentait un homme au ventre rond, dont la légende disait : « On sait que des hommes aussi peuvent être enceints. » Quant à la science, elle n’est qu’un instrument de domination.
Une question de cohérence. On est contre la science et la technique qui remontent à des ancêtres tout « nimbés » de crimes de toutes sortes. Et en même temps, dans le changement de genre, on met en oeuvre, pour y parvenir, les techniques les plus élaborées de la science et de la technologie modernes, dans lesquelles la physique intervient massivement. La chimie est elle aussi présente massivement, les produits pharmaceutiques ne viennent ni du néant ni des incantations chamaniques, mais de cette chimie honnie dans les mouvements qui tiennent le haut du pavé aujourd’hui. On ne doit pas vouer aux gémonies ce dont on n’a pas l’usage et se servir allègrement de ce qui rend possible ses fantasmes, alors que les uns et les autres ont un passé dans un monde que l’on veut détruire.
Nouvelles normes sexuelles
« Une étreinte en morse … un amant révocable! » (Bruckner, p. 58)
« L’immense ombre du Droit se dresse désormais entre les amants.» (Bruckner, p. 156)
Le contrôle de l’état sur l’exercice de la sexualité dans les établissements d’enseignement aux USA n’a pas attendu l’avènement du wokisme pour se manifester. Bruckner, que nous suivons ici (pp. 57-60), nous en livre quelques exemples, savoureux s’ils ne signaient pas un déclin. Ainsi dans l’Antioch University48 (USA), on note l’existence d’une sorte de règlement sexuel, l’acte devant si possible être précédé
48 Université privée, qui se signale par l’existence en son sein de deux facultés, l’une pour les hommes, l’autre pour les femmes.
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d’un contrat écrit entre les partenaires. Une idée reprise dans le pays sous différentes variantes. L’approbation contractuelle ne pouvait servir qu’une fois et était révocable ou modifiable en cours d’exercice. Comme l’écrit malicieusement Bruckner (p. 59) : «On imagine l’état d’anxiété où cet arbitraire place l’amant révocable. »49
Mais le meilleur est à venir : « Vous devez obtenir le consentement à chaque étape du processus. Si vous voulez lui enlever son corsage, vous devez le lui demander, si vous voulez lui toucher les seins, vous devez le lui demander. » Et d’ajouter, « C’est une sorte d’étreinte en morse qui était proposée ici. »
Enseignement. Ecoles
(Braunstein, pp. 106-107) « Ils [les adversaires de la théorie du genre] ne se sont pas rendu compte que les partisans du genre ont poursuivi leur marche dans le système scolaire français, notamment par l’intermédiaire des enseignements d' »éducation à la sexualité », souvent confiés au Planing familial, désormais association militante pro-trans (…). Quant aux syndicats d’enseignants, comme Sud-Éducation, ou aux associations de parents, ils sont également convertis à la religion du genre. » Il est évident que les enseignements primaires et secondaires sont au centre de la cible. Ainsi a-t-on vu passer, dans une directive du ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, des instructions rendant attentif le personnel enseignant à informer très tôt les enfants de ce qu’ils pourront plus tard envisager un changement de genre. Une discipline qui subit de plein fouet les idées nouvelles est celle de l’histoire avec les scories de la Cancel Culture et sa déconstruction de l’histoire en vue d’une réécriture. Mais pas que. Les langues anciennes et la philosophie sont aussi dans le collimateur et la littérature n’est pas en reste. Et jusqu’aux mathématiques avec un enseignement « équitable » des mathématiques (« démanteler le racisme dans l’enseignement des mathématiques »). Dans les dates annoncées par ces prophéties, il ne manque que le mois ! On lit dans https://equitablemath.org/ : « Depuis des décennies, les écoles américaines tentent, sans succès, de combler les écarts de résultats en mathématiques entre les élèves blancs et les élèves de couleur. Au rythme actuel, en Californie, les élèves latino-américains ne répondront pas tous aux normes de mathématiques avant 2080, et les élèves noirs ne répondront pas aux normes des mathématiques avant 2097. Ce n’est pas parce que les mathématiques sont discriminatoires en fonction de la race (…). C’est parce que nous donnons aux élèves de couleur et aux élèves issus de familles à faibles revenus l’accès le plus limité à des ressources essentielles. » (Traduction DeepL) Comme par hasard, ces instructions sont contemporaines de la montée du wokisme. L’organisation pour des mathématiques équitables est supportée par la Fondation Bill et Melinda Gates. Les commentaires sont intéressants. Braunstein (p. 215) en a relevés quelques-uns que nous reprenons ici. L’objectif est de « démanteler le racisme dans l’enseignement des mathématiques », « la culture de la suprématie blanche
49 Nous soulignons.
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apparaît dans la salle de classe lorsque l’accent est mis sur l’obtention de la « bonne » réponse », « le concept même des mathématiques purement objectives et sans équivoque est faux ». S. Klainerman50, dans un entretien au titre révélateur, écrit que les racistes sont ceux qui pensent que « les enfants des minorités ne sont pas capables de faire des mathématiques ou de trouver des « bonnes réponses ». »
Politique à l’école : Nouveau témoignage de notre collégienne
Nous donnons ci-après le témoignage de la jeune collégienne dont il était question plus haut. « J’ai personnellement fait l’expérience et vécu la cancel culture avec l’un de mes professeurs. Nous avions lu en classe un extrait d’un auteur qui employait régulièrement le mot « nègre », (ce qui était normal pour son époque). Après la lecture, le professeur nous a dit qu’il ne trouvait pas cela normal et qu’il vaudrait mieux présenter le même texte, mais avec une traduction différente et politiquement correcte. Autrement dit, effacer le mot heurtant, bien qu’il soit initialement écrit de la sorte. Cependant, la cancel culture ne s’arrête pas là. En effet, il n’y a plus lieu de diffuser certains films, car eux aussi, seraient accusés d’être sexistes, de faire du male Gaze, d’être raciste ou non inclusif. » (p. 22) « Les wokes, en tant que bons prosélytes, préconisent également dans leur enseignement de faire le plus d’activités « hors-cadre » possible afin de sensibiliser toujours plus les jeunes. Les directions d’établissements scolaires, qui ne peuvent en général rien faire contre les décisions qui proviennent d’au-dessus, se voient contraintes d’organiser des conférences, de faire venir des intervenants ou encore d’organiser des journées à thème afin de promouvoir inclusion et toutes autres idées progressistes, telles que le réchauffement climatique (uniquement lorsque l’homme est placé comme seul responsable du phénomène).
» Le collège Calvin n’en fait évidemment pas exception. En effet, au cours des trois ans que j’ai déjà passés, j’ai pu assister à plusieurs conférences qui portaient sur l’inclusion et le féminisme pour la plupart. Ainsi, durant l’année 2021-2022, une réunion du groupe « bien-vivre Egalité » a pris place sur nos heures de cours. Inutile de préciser que cette réunion n’avait rien de facultatif puisque nous étions tenus d’y aller, et ce même si nous n’avions pas cours à ces horaires-là. Le sujet principal portait sur l’importance de l’inclusion et le fait que nous vivons dans une société patriarcale.
» Plus tard, une pétition a tourné au sein des élèves afin de remplacer 8 heures de cours par 8 heures de conférences sur le consentement. Ainsi, en 2023, deux heures de mes cours de français ont été remplacées et substituées par cette conférence. Une nouvelle fois cependant, le sujet n’était pas tant le consentement. Cette séance aurait tout aussi pu bien se nommer : « Les hommes, ces oppresseurs ». Ayant interrogé 50 S. Kleinerman, «There is no such thing as « White » Math » ». Entretien avec Bari Weiss sur Substack, 1er mars 2021. Cité par Braunstein, p. 216.
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d’autres élèves dans d’autres collèges, mes doutes se sont confirmés ; eux aussi sont empreints à de multiples réunions forcées ou à des journées à thème LGBT. » (p. 25)
« En effet lorsque ce ne sont pas des réunions forcées, ce sont des sujets aux thèmes wokes que nous abordons en cours. Ainsi, il n’est plus rare de devoir disserter sur ce genre de propos. Si ce ne sont pas des sujets «wokes » à proprement parler, ce sont des sujets axés sur les idéologies de gauche. Pour ma part, mon cours de géographie de 3e année était axé sur le désastre du capitalisme et plaçait les Occidentaux comme «oppresseurs » des pays pauvres. Au collège de Saussure, il était question de travaux notés portant directement sur une réunion à thème écologique et réchauffement climatique, là encore les «climatosceptiques» n’avaient pas leur mot à dire puisqu’il s’agissait encore de placer l’Homme en tant que seul responsable, (réunion obligatoire qui prit place à 18 heures). Par ailleurs, de plus en plus de professeurs croient bon de devoir donner leur avis politique à tout vent et de juger leurs élèves en fonction de leurs idées. Cette année, des remarques telles que « Ne soyez jamais de droite!» faisaient amplement partie du programme. En 10e année du cycle d’orientation, ma professeure d’allemand avait mot pour mot comparé le président Donald Trump à Hitler. Pour clôturer cette sous-section, je terminerai par la meilleure phrase qui m’a personnellement été adressée durant mon année de 3e par un professeur qui connaissait mes idées : «le sujet portera sur les droits humains, je doute donc que cela vous intéresse». (p. 26)
La Ville. L’État. La Confédération. Lobbies idéologiques51
- Réactions d’enseignants devant l’offensive de la ville et de l’État genevois en faveur du wokisme et Cie
En 2019, le DIP genevois diffuse aux maîtres du CO une brochure intitulée « Du sexisme ordinaire aux violences sexuelles : repérer pour agir. » Pour en faciliter l’introduction, le CEC André-Chavannes prie Caroline Dayer (UNIGE) et Delphine Roux de la Fédération LGBTQI de présenter une conférence, ce qu’elles font le 19 mars. L’objectif est de faire entrer dans l’école la mouvance LGBTQI ». « Lors de cette conférence, les maîtres ont reçu une bibliographie sélective liée à la thématique LGBTQI. On les invite à intégrer ces références, autant que faire se peut, dans les programmes de cours de nombreuses disciplines.52»
L’un des enseignants de philosophie et doyen – Christian Macherel – procède à une lecture attentive des ouvrages des trois auteures indiquées : Butler, Preciado, Dorlin. Suite à quoi il adresse un message au Directeur général du Secondaire II, message dont voici un extrait : « Le résultat de ma recherche s’avère consternant et accablant. Ce constat est partagé par mes collègues du groupe de philosophie et par d’autres. Les extraits de textes que je cite donnent une idée de la radicalité de ces auteures, qui
51 Les informations de cette section proviennent d’une lettre adressée par un professeur de philosophie du CEC concerné au Directeur général de l’enseignement genevois (19 mars 2019) et des commentaires de cet enseignant.
52 Dans ce paragraphe, c »est nous qui soulignons.
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appartiennent au courant queer, pro-sexe et intersectionnel du post-féminisme actuel. Il aurait été possible de citer bien d’autres extraits du même acabit. »
L’auteur du message pose ensuite quelques questions à la Direction générale du Secondaire II. Dont celles-ci :
« Que penser de la caution académique et du soutien du DIP donnés à cette pensée délirante et nihiliste, qu’on nous demande d’intégrer à nos cours ? »
« Quelle légitimité pouvons-nous accorder dans le champ de la philosophie à des auteures qui, à part Dorlin, ne sont pas des philosophes ? »
« La lutte indispensable contre le sexisme ordinaire et les violences sexuelles passe-t-elle obligatoirement par la promotion d’une radicalité LGBTQI politisée et hétérophobe, dont certaines thèses (Butler sur l’inceste et la pédophilie, Dorlin sur la violence légitime) sont pénalement condamnables ? »
L’auteur de la lettre ajoute encore ce commentaire : « Mais il est étonnant que les théories post-féministes les plus absurdes et les plus agressives puissent nous être proposées sans discernement comme outils pédagogiques. A moins que le prosélytisme LGBTQI n’ait réussi à utiliser l’école inclusive genevoise comme un cheval de Troie… ce dont il faudrait nous ôter l’idée.»
Dans un second document, l’auteur nous livre ses impressions de lecture des ouvrages concernés. J’en donne un pot-pourri, l’expression étant choisie à dessein.
a) Paul Beatriz Preciado
« J’invite tous les corps à faire la grève de l’utérus. Affirmons-nous en tant que citoyennes entières et non plus comme utérus reproductifs. Par l’abstinence et l’homosexualité, mais aussi par la masturbation, la sodomie, le fétichisme, la coprophagie, la zoophilie et l’avortement. Ne laissons pas pénétrer dans nos vagins une seule goutte de sperme… »53
« Il sera possible d’implanter une multitude d’organes sexuels sur un corps, un pénis avec un clitoris ou aucun des deux, ou un troisième bras à la place du pénis, ou un clitoris sur le plexus solaire, ou une oreille érotisée consacrée au plaisir sexo-auditif.»54
« La forme et la fonction de nos organes ainsi appelés sexuels sont le résultat d’accords passés entre la communauté scientifique nord-américaine de l’époque de la guerre froide désirant maintenir les privilèges du patriarcat et l’organisation sociale de la reproduction hétérosexuelle. »55
b) Judith Butler
« Je pense effectivement que certaines formes d’inceste ne sont pas traumatiques et qu’elles prennent un caractère traumatique par la conscience de la honte sociale
53 Tribune dans Libération, 18 janvier 2014, texte repris dans Un appartement sur Uranus, Grasset, 2019.
54 Idem., p. 258.
55 Idem., p. 286.
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qu’elles produisent. Bien que l’inceste soit considéré comme un écart à la norme, c’est une pratique qui globalement soutient la famille en tant qu’institution patriarcale. »56
« Les faits prétendument naturels du sexe que nous impose la biologie sont en fait au service d’intérêts politiques et sociaux. »57
« Rien ne nous autorise à penser que les genres sont au nombre de deux. Il y a une infinité de genres sur lesquels il est possible de surfer, en toute ‘genderfluidity’. … Le langage jouit du pouvoir de créer ce qui est socialement réel, à travers les actes locutoires des sujets parlants. »58 - Genève. Deniers publics au service des extravagances contemporaines
Mon deuxième exemple, que je tiens pour hautement significatif, concerne une activité proposée aux jeunes Genevois durant une dizaine de jours. Du Vendredi 1er mars au Dimanche 10 mars, sous le label « scolaires », en collaboration avec le DIP, des ateliers sont organisés à l’intention « des classes du cycle et secondaire ». Le titre général est « Genre & Climat Même combat ». Dans la liste des « Partenaires » on trouve, non sans quelque surprise, l’emblème de l’Université de Genève. Ce qui nous interpellera d’abord c’est le curieux attelage entre ces deux objets que rien ne rapproche pour ne pas dire que tout sépare « Genre et Climat ». Il est intéressant de se poser la question du pourquoi de ce choix. Nous risquons une hypothèse. Il s’agit d’un attelage stratégique, chacun profitant de l’image de l’autre. C’est l’aveugle et le paralytique ou le mariage de la carpe et du lapin. Ah oui, nous ne savions pas, le genre peut avoir une incidence sur le réchauffement climatique, comme c’est curieux ! Est-ce que si on réglait le problème du genre le climat ne se réchaufferait plus et plein de choses pareilles ? La liste du programme avec les thèmes abordés donne l’eau à la bouche. Qu’on lise plutôt ! Film autour « des enjeux, d’écologie décoloniale dans une perspective féministe ». « Atelier pour réfléchir aux notions d’écoféminisme et de masculinités ». Enregistrement du podcast « Les couilles sur la table », avec une activiste écologiste. « Écoféminisme décolonial ». « Sur les enjeux d’inégalités et de protection de l’environnement dans le monde agricole ». On peut se demander s’il n’eût pas été préférable d’utiliser cet argent, et surtout ce temps, à des activités liées à la vraie vie : découvrir la flore et la faune, s’initier à la géopolitique dont on parle quotidiennement, s’initier à quelque secret d’astronomie et mille autres choses. On peut aussi se demander ce que pourraient penser ceux qui triment tous les jours pour arriver au bout du mois, s’ils apprenaient que leur argent, péniblement gagné, était employé à l’étude du sexe des anges.
56 Défaire le genre, p. 221-222, Amsterdam, 2016.
57 Ces corps qui comptent, Amsterdam, 2018, p. 62.
58 Trouble dans le genre, La Découverte, 1999, p. 22.
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Le programme de l’association Oxfam.org travaille en faveur de l’égalité femmes-hommes, projet plus que louable, que nous supportons sans réserve. A condition de ne pas tout mélanger et d’inventer n’importe quoi pour faire passer l’idée. Par exemple. « Les changements climatiques ont par ailleurs un impact important sur l’alourdissement de la charge de travail domestique non-rémunéré. » Ou encore : «Elles [les femmes] ont également plus de difficultés à s’adapter aux conséquences des changements climatiques (mobilité géographique, sociale, adaptation de l’habitat ou de l’alimentation…). »
3.Suppression de la fête des mères dans l’école genevoise59
L’école de Lully (Genève) a décidé de supprimer la fête des mères. A cet effet, le directeur a adressé un courrier aux parents : « Au vu de la mouvance actuelle traitant de l’inclusion des genres et de l’égalité femme/homme », il a été décidé « de ne plus fêter exclusivement les mamans durant le mois de mai, mais, de manière plus globale, les gens qu’on aime ». Devant la tempête qui a suivi, le DIP s’est désolidarisé de cette démarche et a demandé à la direction de l’école de revenir sur sa décision.
Épisode en soi comique par la stupidité crasse qui en est à l’origine. Sinon qu’il est le révélateur d’un état d’esprit plus que préoccupant. Le fait qu’une direction d’école – chez qui on pourrait supposer un brin de bon sens – en arrive à une pareille extrémité est un très bon indicateur sur le degré d’intoxication dans lequel se trouve le milieu scolaire dans la cité de Calvin. C’est en somme le canari dans la mine (voir note 21).
L’affaire a fait grand bruit et nous en proposerons des compléments dans les réflexions finales.
La Confédération. Le Fonds national Suisse
Le Fonds national suisse consacre chaque année plus d’un milliard de francs à la recherche scientifique. Parmi les projets soutenus, il y a aussi des choses bizarres. Voici des exemples extraits de la Sonntagszeitung, 14 janvier 2024.
- La « blanchité » dans l’oeuvre de Friedrich Dürrenmatt 209’905 Fr.
- Les cachets du Levant méridional : un prisme à multiples facettes pour l’étude des histoires entrelacées dans une perspective sous-disciplinaire. 2’699’142 Fr.
- Une géographie numérique des sexualités marginalisées au Kirgistan 165’300 Fr.
- Résistance féministe à l’accès des personnes trans aux espaces réservés aux femmes aux États-Unis et en Grande-Bretagne. 854’678 Fr.
- Rabab et Rebec – Etude et reconstruction d’instruments à cordes frottées de la fin du Moyen Âge et du début de la Renaissance. 479’505 Fr.
- Féminisation des hommes et égalité des droits 518’346 Fr.
- Études littéraires végan : une histoire textuelle américaine, 1776-1900. 438’209 Fr.
59 Source. Jérôme Faas, 20min.ch, 19 avril 2024.
27 - La nourriture comme matériau dans les travaux artistiques installatifs et participatifs-performatifs – Documentation. Analyse. Réception. 536’917 Fr.
- Le son des arbres : rendre audibles les processus écophysiologiques. 206’705 Fr.
Nos conseillers nationaux et aux états, le conseil fédéral lui-même ont-ils connaissance d’une telle dilapidation de l’argent public ?
Université
« What’s Happened To The University? A sociological exploration of its infantilisation. » (Frank Furedi)60
Nous l’avons dit, le mouvement woke est apparu dans les universités américaines. Il y a fait souche et il y fonctionne à l’image d’une religion. Les études le concernant constituent aujourd’hui l’essentiel de l’activité universitaire dans le domaine des sciences humaines. « L’héritage pré-woke devait être totalement réécrit faut expurger la culture et les universités de toutes les traces de privilège blanc ou masculin pour repartir de zéro et reconstruire une nouvelle culture vierge de toute oppression. »61 Cette implantation universitaire confère au mouvement un certificat d’honorabilité et une autorité que l’on peut qualifier de tyrannique. L’Université d’Evergreen, complètement aux mains du mouvement, en est un exemple. N’importe quel amateur de galéjades se délecte de leur slogan : « Arrêtez de raisonner, la logique, c’est raciste!» On y peut observer des activités indignes d’une haute école, des professeurs se confessant de leurs privilèges de blancs, devant un aréopage de militants noirs. Jean-François Braunstein (p. 257) porte un jugement sévère sur l’état de l’université française, touchée de plein fouet par le mouvement Woke : « Les facultés de sciences humaines ne semblent plus réformables de l’intérieur : le contrôle par les pairs ne fonctionne plus. Les universités ne remplissent plus leur fonction (…). Elles sont aujourd’hui acharnées à détruire notre héritage, à faire reculer la science et à former des militants peu cultivés et dogmatiques. (…). En attendant, il conviendrait au moins que les politiques s’engagent à protéger les libertés académiques, sérieusement en danger, notamment en garantissant la liberté de paroles des universitaires « dissidents ». »
Les interpénétrations entre tous les mouvements évoqués ici, à la fois se complètent et se retrouvent dans un but commun, se débarrasser du vieux monde pour en construire un nouveau. La structure de ce dernier telle qu’on peut se l’imaginer à partir des échantillons figurant dans les pages précédentes pourrait être celle d’un Titanic civilisationnel.
60 Frank Furedi, What’s Happened To The University? A sociological exploration of its infantilisation, Published October 11, 2016 by Routledge.
61 Braunstein, p. 80.
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Pendant que nous jouons à la marelle, assistant benoîtement au monde qui se développe sous nos yeux, qui progresse un peu partout, les autres, montés sur nos épaules, sachant profiter de cette science que nous avons si bien construite et à laquelle on mène la vie dure, les autres donc rattrapent leur retard, alors que nous, nous trayons des mouches avec des gants de boxe. Puissent nos autorités s’inspirer du courage de notre jeune collégienne, qui a osé braver ses camarades et l’institution, pour faire entendre sa voix, qui est aussi celle de la raison.
En guise de conclusion
Lisons l’éditorial qu’Arthur Grosjean a confié aux soins du Journal 24 Heures62 : « Au début, le wokisme faisait sourire. Cet appel à « être éveillé » à toutes les discriminations, pas forcément réelles mais aussi celles ressenties par un individu, passait pour une nouvelle mode à la sauce américaine qui allait se calmer. Erreur, cela a plutôt tendance à s’aggraver. Vous portez des dreadlocks et vous êtes Blanc ? Grave appropriation culturelle. Vous considérez qu’un transsexuel ne devrait pas participer à une compétition sportive réservée aux femmes en raison d’un avantage biologique ? Vous êtes transphobe. Vous considérez qu’il ne faut pas forcément déboulonner des statues de personnages historiques célèbres qui ont cautionné de près ou de loin l’esclavage ? Vous êtes raciste. »
Et Mathieu Bock-Côté63 dans Le Figaro (18 et 19 mai 2024) à propos de la dernière Eurovision : « Que cherche-t-on à nous imposer avec un tel spectacle ? Quelle esthétique cherche à s’emparer ainsi des esprits et de l’imaginaire collectif ? (…) Le non-binaire se dérobe à la masculinité et à la féminité et revendique un flou identitaire qui serait l’autre nom d’un monde des possibles infiniment renouvelés. Mais ce flou se prend pourtant pour une nouvelle norme (…) à la manière d’une nouvelle tribu identitaire conquérante qui veut inverser le sens entre la norme et la marge. (…) De l’adulation d’une prostituée de fin de carrière entourée de jeunes éphèbes aux hommes en bas résille, sans oublier la présentation positive d’une orgie dans une pièce souillée (…), l’Eurovision ne célébrait pas libertinage ou le droit de chacun d’aimer ou d’embrasser qui il souhaite, mais une forme de débauche provocatrice et fière d’elle-même. (…). Le wokisme enlaidit ceux qui s’y convertissent. Il tire l’homme vers l’abîme. (…) Devant cela, le bon bourgeois, qui ne veut surtout pas avoir l’air dépassé, veut croire que la société qui prend forme devant lui n’est que la forme avancée de la société libérale. »
62 Arthur Grosjean, Editorial au journal 24 Heures, 30 mars 2023.
63 Mathieu Bock-Côté est un spécialiste de sociologie politique. On lui doit notamment Le multiculturalisme comme religion politique (Le Cerf, 2016), et L’empire du politiquement correct (Le Cerf, 2019), qui sont rapidement devenus des classiques de la discipline.
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En marge : deux réflexions sur la déconstruction de la culture
Les longues analyses qui précèdent ont suscité en nous des réflexions plus générales sur les thèmes présentés ici. C’est d’abord « le cas de la fête des mères », qui nous a paru révélateur de la portée destructrice des mouvements qui gravitent autour du wokisme. Il nous donne une bonne image des chamboulements où peuvent conduire les dérapages de ces mouvements. C’est ensuite ce que nous nommerons « la structure de l’inversion », qui est une sorte de dénominateur commun entre les structures des différents mouvements / tendances rencontrés dans cette étude.
Ces deux sujets s’entrecroisent et s’engrènent l’un l’autre comme des tuiles.
L’imposture conceptuelle
Ce qui n’était naguère qu’une théorie fumeuse et passablement vide de sens est devenu rapidement le discours de nos élites ! La vague woke ne s’arrête pas aux portes de nos facultés universitaires, elle est présente dans les médias, les communes, les parlements, les réseaux sociaux, l’enseignement. Une ère de grande déraison collective nous submerge, et il faut saluer les deux décisions prises récemment par Mme Anne Hiltpold, ministre genevoise de l’enseignement.
Décisions ? A l’école primaire de Lully d’abord le directeur, appuyé par son équipe, a voulu supprimer la Fête des mères pour la remplacer par une problématique « fête des gens qu’on aime ». A l’école primaire Karl-Vogt ensuite, la Fapse (Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation de l’Université de Genève) a voulu – à la faveur d’une recherche – faire remplir un questionnaire aux parents des élèves de 5 à 9 ans leur demandant de répondre sur le ressenti de genre de leur enfant, ainsi que sur le « sexe de votre enfant à la naissance », ce qui peut laisser supposer que le sexe a peut-être changé entre-temps. A deux reprises, la ministre Hiltpold a dit « stop » : il faut une école qui transmette le savoir et non pas une école qui milite. On salue la clarté du message.
Mais qu’y a-t-il derrière ces deux tentatives avortées ? On veut déconstruire des « mythes » et on serait ainsi sur le point d’assurer la libération ultime de l’être humain : d’une part en se libérant du carcan insupportable de la reconnaissance du rôle de la mère ; d’autre part en s’affranchissant du corps pour ne conserver que l’opportunité de choisir soi-même son sexe en fonction de son ressenti. Les deux essais manqués ont en commun la structure première du wokisme : faire de la marginalité le centre. En effet, il existe des élèves qui n’ont pas de mère et dont il faut tenir compte ; il existe aussi des personnes qui ne se reconnaissent pas dans le corps qu’elles ont à la naissance. Voilà des minorités qui évidemment sont respectables, mais il n’y a aucune raison de les mettre au centre de l’action. Or il existe une raison pour le wokisme qui affiche une deuxième caractéristique : transformer les minorités en victimes. Et c’est efficace dans une société de flagellants ! De défenseurs des droits de chacun, les
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woke se transforment en accusateurs publics, en prétendus penseurs dont la principale ficelle est de se lancer dans des indignations surjouées. Et dupes de se laisser prendre.
Mais ces deux expériences sont cependant différentes. En répétant à l’infini que le statut maternel est un statut parmi d’autres tout aussi importants, en psalmodiant que ce serait Pétain qui l’a introduit en France (regressus ad hiltlerum classique) donc que cette fête est moralement suspecte, on cherche à établir un consensus au bout duquel on finirait par admettre que « les gens qu’on aime » sont magnifiques du seul fait qu’on les aime. Et cette idéologie du soupçon s’appuie sur un vocabulaire accusatoire, passablement alambiqué d’ailleurs, dont le martèlement fait croire à un savoir.
La théorie du genre, imaginée par Judith Butler, est plus pernicieuse. Comme bouclier, les tenants de cette théorie assurent partout qu’elle n’existe pas, mensonge calculé qui se marie à merveille avec leur conception que le corps n’existe pas comme déterminant et que le sexe est l’objet d’un ressenti, d’un choix personnel. L’être humain est pure conscience, et ce qui compte c’est cette conscience d’être homme, femme ou n’importe quoi des deux. Dès l’enfance, on peut choisir son sexe, il suffit de le déclarer clairement pour que cela soit reconnu, par l’école, par la société, par les divers mouvements qui non seulement défendent les minorités (parfaitement respectables par ailleurs) mais encore promeuvent cette vision. Cette fraude scientifique est un vrai scandale, pour s’en garantir toutefois leur mot clef est « inclusif », qui permet de faire passer toute contestation, voire toute discussion, pour de l’exclusion.
Une solution pour contrer l’avènement de l’homme nouveau ? Dire non… et combattre tous les promoteurs de cette imposture sectaire. Mme Hiltpold l’a fait.
Inversion
Il existe de nombreuses caractéristiques du déclin d’une société, et le magistral ouvrage de Julien Freund, « La Décadence », 1984, analyse ce qui advient à toutes les sociétés dans l’histoire. Le livre de Freund n’est pas un travail universitaire, trop libre pour une thèse, trop dense pour un essai, trop vaste pour un brûlot ; c’est l’oeuvre d’un polygraphe, curieux et philosophe.
Un des symptômes auquel nous avons affaire ici est l’inversion. Si vous faites l’hypothèse que notre monde européen est en décadence (ce qui ne signifie pas qu’il soit triste ni tragique, et il peut même être drôle) et que vous vous efforcez de repérer partout où surgit la structure de l’inversion, alors ce qui semblait à première vue parfaitement ridicule acquiert une certaine logique. Par bien des aspects le wokisme fonctionne sur le motif de l’inversion : le haut devient le bas ; le faux devient le vrai ; le masculin, féminin ; le bourreau devient victime ; l’anecdotique, l’essentiel ; la folie, la raison ; le fictif, le réel ; l’ignorance, le savoir ; le sexe biologique, le genre affirmé ; la liberté, la contrainte idiote ; la culture, la vacuité ; l’idéologie, le fruit de la recherche désintéressée ; la censure, la liberté de parole ; le mâle porte un enfant ; les censeurs crient à la censure, etc.
La transgression des règles n’est évidemment pas en elle-même signe de déclin, mais c’est le fait d’élever au rang de vertu certaines attitudes ostentatoires qui l’est : le
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vice devient vertu. En fait c’est le passage des valeurs que telle civilisation tenait pour constructrices vers les mêmes valeurs inversées devenues destructrices. Et il faut beaucoup plus d’énergie pour tenter de redresser ce qui s’inverse que de forcer le pli dans le sens de l’inversion. Ce phénomène de transformation ne saute pas aux yeux au premier abord parce que le phénomène woke, où il apparaît, suscite souvent un haussement d’épaules.
En effet, on oppose deux arguments à l’idée de déclin, qui s’articulent comme des tables gigognes : d’une part, il s’agirait de petites babioles imbéciles et anecdotiques comme celles de Dame Sandrine Rousseau, qui tomberont rapidement dans l’oubli ; d’autre part, c’est une mode que cette déconstruction, une mode passagère. Faisons donc comme le roseau de la fable qui se redresse lorsque le vent est tombé.
Bibliographie brève
Mathieu Bock-Côté, L’empire du politiquement correct, Le Cerf, 2019. Jean-François Braunstein, La philosophie devenue folle, Grasset, 2018. Voir également la vidéo de sa conférence « Les dangers du wokisme » sur https://www.youtube.com/watch?v=pfurKxVTvfc
Pascal Bruckner, Un coupable presque parfait. La construction du bouc émissaire blanc, Grasset, 2020.
Judith Butler, Trouble dans le genre, La Découverte, 1999. Yvan Jablonka, Des hommes justes, Le Seuil, 2019. Claire Fox, I find that offensive, Biteback Publishing, 2018. Frank Furedi, What’s Happened To The University? A sociological exploration of its infantilisation, Published October 11, 2016 by Routledge. Catherine MacKinnon, Towards a Feminist Theory of the State, Harvard UP, 1989.
Yasha Mounk, Le Piège de l’identité. Comment une idée progressiste est devenue une idéologie délétère, trad. B. Peylet, L’Observatoire, 2023, (titre original: The Identity trap: A Story of Ideas and Power in Our Time, Penguin Press, 2023). Mounk est professeur à l’université Johns-Hopkins et professeur distingué à Sciences Po Paris). J. Pluckrose et J. Lindsay, Le triomphe des impostures intellectuelles. Comment les théories sur l’identité, le genre, la race gangrènent l’université et nuisent à la société, Beziers, H & O, 2021.
John Stoltenberg, Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité, éditions Syllepse, 2013
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Table des matières
Hors texte 1
Généralités. Introduction 2
Témoignage d’une collégienne. Sur le contexte politique des études au Collège Calvin 4
Théorie du genre 6
Woke. Fiche signalétique 7
Wokisme et Fragilité 8
Jonhatan Haid Claire Fox.
Les wokes contre la science 10
La théorie critique de la race (Critical Race Theory, CRT) 12
Intersectionnalité 13
Le racialisme anti-Blancs 13
John Whoter
Glenn Loury
Critique du Blanc. Autoflagellation 14
Ecriture inclusive 16
Les féminismes 18
Ecoféminisme 19
Nouvelles normes sexuelles 20
Enseignement. Ecoles 21
Politique à l’école : Nouveau témoignage de notre collégienne 22
La Ville. L’État. La Confédération. Lobbies idéologiques 23
- Réactions d’enseignants devant l’offensive de la ville et de l’État genevois en faveur du wokisme et Cie
a) Paul Beatriz Preciado
b) Judith Butler - Genève. Deniers publics au service des extravagances contemporaines
- Suppression de la fête des mères dans l’école genevoise
La Confédération. Le Fonds national Suisse 26
Université 27
33
En guise de conclusion 28
En marge : deux réflexions sur la déconstruction de la culture
L’imposture conceptuelle 28
Inversion 30
Bibliographie brève 30
Je propose d’ailleurs la dénomination « ul » plutôt que « iel » au sujet des non-binaires, « iel » étant à mon humble avis à trop forte connotation féminine (en effet dans « iel » on entend surtout le « elle »).
Ce « ul » représente bien mieux que « iel » la non-binarité entre le « il » et le « elle » selon moi.
Ainsi, en classe, lorsqu’une personne non-binaire sera absente à l’appel de professeur, qui s’inquiétant aura posé la question « mais où est-ul? », le malheureux ne pourra que répondre « zut, il manque ul ».
Je précise à l’avance que je respecte tout à fait que quelqu’un puisse ne pas se sentir dans le « bon » corps et qu’il s’agit ici uniquement d’un peu d’humour teinté d’ironie face à toutes ces dérives sémantiques de l’écriture inclusiv-e-ée-ées 😉
Je n’ai pas encore lu le texte ci-dessus.
Mais ma réponse est beaucoup plus courte 🙂
Agenda 2030 avec sa « durabilité » et surtout sa norme ESG intimement liée au wokisme.
J’ai écrit à la BCV et BCVs pour leurs assemblées générales sur le sujet.
La présidente de la BCV m’a très bien compris, contrairement au responsable communication de la BCVs 🙂
Mon conseil, lisez le livre « Les nouvelles religions » d’Aldo Sterone
ISBN :979-8375950693
Pouvez-vous m’envoyer le texte de Jean-Claude Pont et de Jean Romain , à l’adresse pierre.carnal@bluewin.ch. Je sens que je vais me régaler. Merci d’avance
Pierre Carnal , enseignant du secondaire II à la retraite
Bonjour, Auriez-vous l’amabilté de me transmettre le texte de l’étude de Pont et Romain ?
Remerciements et salutations