Fier d’être Suisse dans ce foot si moche dans lequel se vautre la France gagnante

7 juillet 2024

Giresse, Tigana, Platini, Trésor, Bossis, Battiston, Amoros et les autres ont fait rêver. Du foot champagne, des émotions, de la joie dans le jeu. Séville 1982 reste dans les mémoires, la France a été éliminée mais est rentrée à jamais dans l’histoire du football.

La France de Dédé, elle, c’est moche, sans invention, dépourvue d’imagination, craintive, rugueuse, prudente, anesthésiante, franchement peu ragoûtantr. Mais ça gagne sans jouer.

La superstar Mbappé est si mauvaise que L’Équipe en vient même à évoquer l’impunité dont il bénéficie. Griezmann est menacé, n’étant capable ni de scorer, ni de dribbler, ni d’être le catalyseur et meneur de jeu de l’Équipe de France. Kolo Muani, dit Riolo, a les pieds carrés.

Quant à Dédé, après cette qualification bien moche, il est tout heureux. Le contrat est rempli et cette qualification pour le dernier carré repousse aux calendes grecques les discussions sur l’avenir du sélectionneur, comme le dit Le Monde. Après des années d’union, les contrariétés irritent plus vite que lors des débuts et elles sont nombreuses depuis le premier match de ce tournoi remporté contre l’Autriche (1-0). Le jeu pratiqué par les Bleus n’est pas de nature à enthousiasmer les foules et le match contre le Portugal n’a pas réglé cette question. Pour la première fois depuis soixante ans, l’équipe de France vient d’enchaîner un sixième match sans marquer elle-même le moindre but dans le jeu.

Les joueurs semblent faire bloc derrière le sélectionneur. « Sur le jeu de l’équipe de France, c’est comme ça. On joue comme ça, on est en demi-finale et ceux qui ne sont pas contents, ce n’est pas mon problème », assume Ousmane Dembélé, quand Aurélien Tchouaméni affirme que « mérité ou pas, l’important c’est de gagner ».

Les amoureux d’un foot joyeux, alléchant, bigarré, espéreront que l’Espagne puisse donner une vraie leçon de football à la France de Dédé. Mais l’assurance tout risque issue du quintet défensif composé notamment d’un excellent gardien, Maignan, bien meilleur que Lloris, donne peu de crédit à cet espoir même si Nico, Lamine et Olmo n’hésiteront pas à exploiter les minces failles d’une défense de fer, cette alliée irréprochable de ce jeu moche à la française qui permet, assure-t-on, de soulever les trophées.

Pourtant, aujourd’hui, en fan de foot, ici en Suisse, on préfère, et de loin, Akandji, Xhaka, Embolo et Ndoye, à Saliba, Kanté, Dembelé et Mbappé.

Résumé, ça donne ça : aux Français, le foot pour les moches, aux Suisses, la fierté d’avoir donné une leçon de football aux Italiens et d’avoir rivalisé avec Kane, Folden, Bellingham et Saka.

Le foot de la Suisse, c’est la vie. Le foot de France, dans cet Euro 2024, c’est la galère mortifère de l’ennui le plus remarquable.

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

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