
Il n’y a pas de hasard. Au moment même où son camarade du parti PLR est emberlificoté dans une procédure spécifique de transparence dans l’affaire des constructions illicites – ne pas oublier de dire merci à Maurice Chevrier ! -, Philippe Nantermod veut accroître l’opacité institutionnelle et empêcher les citoyens à connaître ce qui se trame derrière le dos à leur sujet. En ces temps bagnards troublés par l’impéritie d’un exécutif débordé, il n’est pas bon qu’un conseiller national valaisan PLR tienne la main d’un chef du département des institutions lui-même PLR.
Le Service de l’information de l’État du Valais a eu la délicate attention de contribuer à travestir ce qui s’est RÉELLEMENT passé dans l’affaire des constructions illicites. Il a édicté à l’attention des politiques et de certains hauts fonctionnaires des RÈGLES DE PAROLE, à savoir des éléments de langage que doivent en quelque sorte apprendre ceux qui veulent s’exprimer devant des micros. Pauvres d’eux qui doivent être accompagnés avant d’en sortir des toutes grosses.
Un seul exemple suffira à convaincre un tiers impartial de ce foutage de gueule de très haut vol. Voici donc le tribunal cantonal par sa cour de droit public qui prononce la récusation nécessaire de Maurice Chevrier dans l’une des parties essentielles du Verbiergate pour faute lourde. Mon gars, tu as trop et trop gravement erré, écarte-toi du chemin. Cet épisode en lui-même terrifiant si on l’analysait dans toutes ses aspérités est transformé par le chef des institutions en une simple inadvertance dépourvue d’effets indésirables. En l’espèce, il ne s’agissait pas moins de la démonstration aboutie d’un mensonge éhonté commis par un président dans le but de licencier un employé communal. On perd une clef USB, soit la preuve absolue de ce qui fait l’objet d’une investigation pénale pour esctoquerie, on n’en demande pas une copie, et on considère que tout va pour le mieux sous le soleil d’une petite négligence de rien du tout.
Je comprends que pas mal de monde aujourd’hui puisse se sentir anxieux, tremblotant et même apeuré par les conséquences de leurs actes communs. Alors pourquoi pas tenter le coup d’un petit changement de législation intempestive dans les coursives fréquentées par des amis.
Je crois qu’il convient d’être sérieux. Une vraie démocratie doit fonctionner dans la transparence et non pas dans des aménagements opportuns au bénéfice exclusif des introduits.
J’ai l’impression, non encore documentée, que le nouveau préposé valaisan à la protection des données et la transparence est confronté à la même problématique contre laquelle a toujours voulu lutter Me Sébastien Fanti, le secret des officines.
C’est peut-être cette fraîcheur dans la transparence qu’ont voulu rechercher les électeurs qui ont sanctionné d’anciens présidents au bénéfice de très jeunes, du Bas-Valais jusqu’à … Ayent.
À ces nouveaux gouvernants, un seul conseil : agissez avec fermeté dans la transparence assumée, n’imitez donc point Bagnes et Frédéric Favre.
Illustration :
Cet article est rédigé ce jour dans un bar de Bulle dont la décoration en arrière-gond est garnie de ces sept mémorables personnages appréciant le champagne, les cigares et les secrets.