Le mot « cimetière » a changé de sens au fil des siècles principalement à cause de l’évolution des pratiques funéraires, des croyances et du contexte social. À l’origine, il vient du grec « koimêtêrion », qui signifie « dortoir », car les premiers chrétiens considéraient la mort comme un sommeil en attendant la résurrection. Ce terme était alors utilisé pour désigner les lieux de repos des défunts, généralement proches des églises.
Avec le temps, l’usage du mot s’est élargi. Au Moyen Âge, on utilisait aussi le mot « aître » pour désigner les espaces d’inhumation attenants aux églises. Mais à partir du XVIIIe siècle, pour des raisons d’hygiène et de développement urbain, les cimetières ont été déplacés en dehors des villes et sont devenus des espaces publics distincts des lieux de culte. Plus tard, la laïcisation a renforcé cette évolution en ouvrant les cimetières à tous, quelle que soit la religion.
Aujourd’hui, le mot « cimetière » désigne tout lieu où l’on enterre les morts, et son sens s’est même élargi à d’autres domaines, comme dans l’expression « cimetière de voitures ». Ce changement de sens reflète l’adaptation du mot aux transformations des sociétés et à la manière dont elles envisagent la mort et la mémoire.
