
Le Nouvelliste du jour, reprenant le discours de chercheurs émérites, s’inquiète : « Les derniers modèles d’intelligence artificielle (IA) générative ne se contentent plus de suivre les ordres et vont jusqu’à mentir, manigancer ou menacer pour parvenir à leurs fins ». Ainsi ces outils « intelligents » pourraient manipuler ses utilisateurs. Attention danger !
Faut-il s’en inquiéter ? La réponse est à l’évidence affirmative. Toutefois les mensonges, les manigances, les menaces et les manipulations appartiennent essentiellement aux humains desquels il faut aussi se défier ou se méfier.
En 1998, j’ai publié un livre qui eût un franc succcès, « Affaire BCV-Dorsaz. Mensonges & manipulations d’État ». Point d’intelligence artificielle à l’époque, mais des mensonges d’État et des manipulations gouvernementales de haute facture décrits dans cet ouvrage incluant des détails savoureux. Le Matin Dimanche n’avait pas hésité d’éditer de grandes affiches « Hans Wyer a menti » faisant découvrir aux Valaisans que la parole même de conseillers d’État pouvaient être gravement déconsidérée.
Avant même d’avoir songé à utiliser ChatGPT pour couvrir des forfaitures, le conseil communal de Bagnes avait choisi en novembre 2015 de créer des titres faux pour n’avoir pas à répondre de leurs actes illicites dans le champ du droit des constructions et de faire bénéficier de leurs largesses illégales les membres de leur clan, architectes, promoteurs et entrepreneurs.
Par conséquent, si l’IA peut être source de mensonges et de manipulation, cette qualité est aussi inscrite dans l’âme humaine. Les Bagnards le savent même s’ils préfèrent encore adopter la position de l’autruche.
Ce qui est à craindre est la conjonction des forces réunies des mensonges et manipulations de l’homme alliées à ces mêmes qualités développées par l’Intelligence Artificielle. On peut ainsi imaginer sans trop de peine que les auteurs d’actes criminels veuillent utiliser ChatGPT, Perplexity, Gemini, Copilote, Claude ou d’autres IA voisines pour que ces outils s’organisent à halluciner en se fondant sur des dossiers orduriers pour les épargner s’agissant des actes passés. Et, je vous l’assure, on peut imaginer sans peine une décision administrative notifiée après avoir été soumise à la boîte noire de l’IA programmée pour jeter le discrédit sur des justiciables trop encombrants.
Ce que l’on peut espérer aujourd’hui de mieux dans de telles circonstances en Valais est que la procureure générale rendue attentive à l’existence de ces immondices n’hésite pas à utiliser toutes les armes procédurales à sa disposition et ose des interventions musclées pour défendre la société civile qu’elle doit protéger.
L’espoir des malfrats est de se retrouver face à une procureure incompétente ou lâche. La crainte des victimes est de ne recevoir aucun soutien de ceux-là même dont le métier est de les défendre.
Le Verbiergate, né en Valais, devient dans ce nouvel espace sociétal et judiciaire, un terrain de jeu qui peut époustoufler le monde entier.
Point d’exagération dans cette conclusion bien réfléchie.
Les magistrats se croient à l’abri, mais rien n’est plus faux, à moins de penser qu’ils ne sont que les clones de robots.