
(VIA LE MONDE)
Le président des Etats-Unis et le patron de la Fédération internationale de football (FIFA), dont les intérêts convergent, multiplient les amabilités l’un envers l’autre à l’occasion du tournoi. Ils ont prévu d’assister ensemble à la finale, dimanche, entre le PSG et Chelsea.
On l’a vu rire aux éclats lorsque Donald Trump a clamé son intention de renommer le golfe du Mexique en « golfe d’Amérique ». Seul grand dirigeant sportif présent lors du discours d’investiture du nouveau président des Etats-Unis, le 20 janvier, il a également multiplié les déclarations élogieuses à son égard en marge de la cérémonie, évoquant par exemple l’honneur « unique et magnifique »d’être invité à Washington. Gianni Infantino, le patron de la Fédération internationale de football (FIFA), ne ménage pas ses efforts pour s’attirer les faveurs du locataire de la Maison Blanche, qui le lui rend bien.
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Depuis plusieurs mois, les deux hommes ne cessent d’afficher leur relation cordiale, en rivalisant de compliments appuyés l’un envers l’autre. Quand l’Italo-Suisse loue les mérites de Donald Trump, un « leader » dont « nous avons besoin », ce dernier présente son « ami spécial » comme « un gagnant » et « un homme excellent ».
Symbole de leur bonne entente : le patron de la FIFA et le président des Etats-Unis ont prévu d’assister côte à côte à la finale de la Coupe du monde des clubs entre Chelsea et le PSG, dimanche 13 juillet, au MetLife Stadium, près de New York, pour remettre au vainqueur le trophée de cette compétition, organisée dans onze villes américaines. Cinq jours plus tôt, Gianni Infantino a annoncé l’ouverture d’un bureau de la FIFA dans la Trump Tower, à New York, aux côtés d’Eric Trump, le second fils du président américain.
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« Il y a une vraie “bromance” [une amitié forte entre deux hommes] entre eux, qu’ils mettent ouvertement en scène, constate Jean-Baptiste Guégan, expert en géopolitique du sport et enseignant à Sciences Po Paris. Plus qu’une relation personnelle, c’est d’abord une alliance opportuniste entre des acteurs qui ont des intérêts convergents. »
Le patron du football mondial justifie ce rapprochement stratégique par la perspective de la Coupe du monde masculine, que les Etats-Unis coorganisent avec le Mexique et le Canada, à l’été 2026. « Il est absolument crucial pour le succès d’une Coupe du monde d’avoir une relation étroite avec le président [américain] », a-t-il déclaré le 1er mars en conférence de presse. Six jours plus tard, il était dans le bureau de Donald Trump pour donner le coup d’envoi institutionnel du tournoi planétaire, avec la mise en place d’une task force (un groupe de travail) chargée de son organisation.
Mais ce ne sont pas les seules raisons. « Gianni Infantino sait qu’en s’alliant avec les Etats-Unis, il a un levier pour la suite, notamment pour sa potentielle réélection à la tête de la FIFA », souligne M. Guégan. Elu en 2016, il aura la possibilité de conserver son sceptrejusqu’en 2031, en briguant un troisième et dernier mandat en 2027. Et le patron de l’instance internationale n’a pas oublié que son prédécesseur, Sepp Blatter, a chuté en 2015, après qu’une enquête de la police fédérale (FBI) a mis au jour un vaste système de corruption à la tête de la FIFA, souligne l’expert en géopolitique.