État du Valais et Verbier. Aucune enquête interne

18 juillet 2025


Le scandale des constructions illicites de Val de Bagnes est l’affaire politico-judiciaire la plus honteuse de l’histoire contemporaine du Valais. Pourtant aucune enquête interne n’a jamais été déclenchée au sein de l’administration cantonale par l’ancien chef du département des institutions et par l’ancien chef du département des finances. Pour quiconque connaît ce dont il s’agit cela s’apparente à une démission et à la disparition de l’État de droit.

Pourtant les objets pouvant déclencher de vraies question portant sur des dysfonctionnements majeurs de fonctionnaires de l’État ou de la commune sont légion :

a) pourquoi le SAIC, particulièrement son chef Maurice Chevrier s’est-il abstenu de toute intervention efficace alors même que tous les éléments étaient en sa possession depuis longtemps ?

b) pourquoi ce même chef du SAIC a-t-il pendant des années refuser de se récuser alors même que le tribunal cantonal réprouvant son attitude aura qualifié son comportement de fausse lourde ?

c) comment se fait-il qu’encore aujourd’hui le conseil d’État ne veuille pas produire en faveur de la principale victime des documents officiels pourtant exigés de la commission cantonale de la transparence ?

d) comment se fait-il que le gouvernement cantonal craigne des représailles s’il produit ces documents ?

e) comment se fait-il qu’aucune action en restitution des gains illicites n’ait été introduite, ni que ce point n’ait été contrôlé ?

f) comment se fait-il qu’une faute lourde commise par le Chef du SAIC n’ait entraîné aucune sanction ?

g) comment se fait-il que le conseil d’État ait choisi de lambiner à ce point et d’oser affirmer plus tard que l’affaire des constructions illicites alors même qu’il savait l’intensité des infractions commises ?

h) Constatant les carences très graves de l’ancien procureur général, pourquoi le Conseil d’État est-il demeuré sans voix ?

i) Comment se fait-il que des fonctionnaires cantonaux se sont déplacés à Verbier, ont constaté des irrégularités et ont pondu des rapports sans effet sérieux ?

j) Comment se fait-il que toutes les mises en garde successives et répétées de la principale victime et de son mandataire dont restées lettrés mortes et que les autorités politiques ont refusé d’être confrontées à leurs arguments ?

k) comment se fait-il qu’à ce jour aucune infraction pénale n’ait été constatée par un jugement exécutoire ?

l) comment se fait-il qu’une autorité communale ait inventé l’existence de fausses condamnations pénales prononcées contre la victime dans le but de lui refuser une juste indemnisation et qu’aucune suite sérieuse n’ait été donnée à ces nouveaux actes illicites ?

Dans un État de droit ne privilégiant pas les hors-la-loi fortunés, il y a bien longtemps que le Grand-Conseil eût nommé une commission d’enquête extraordinaire sur l’affaire des constructions illicites de Bagnes que le Conseil d’État et le procureur savent depuis le 19 juillet 2016 être étroitement liée au licenciement de l’Ours du Châble.

Comme l’énoncé parfaitement le journaliste qui a révélé le 21 août 2015 l’affaire des constructions illicites, une telle attitude est indigne, injuste et insupportable.

Comment tous ces gens-là peuvent-ils se regarder le matin dans leur miroir sans défaillir de honte ? Telle est la question que j’ai posée perdonnellement à l’ancien juge cantonal Jean-Claude Lugon en 1992 dans le cadre de l’affaire BCV-Dorsaz truffée de mensonges et de manipulations d’État.

Rien n’a changé, bien au contraire.

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

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