Samantha Besson, ma lubie estivale

12 juillet 2025


Une lubie estivale foudroyante m’a saisi, lire le Précis de Droit international public de Samantha Besson.

Étudiant à l’Université de Genève en faculté de droit après des études en sciences économiques et industrielles j’avais beaucoup apprécié les cours en droit international public du Professeur Condorelli. J’avais toutefois buté sur cette énigme consubstantielle au droit de la guerre : à quoi bon un respect des Conventions de Genève dès l’instant où la guerre est issue de la haine qui provoque des actions si inhumaines que songer à faire application du droit que j’assimilais alors à tort à la justice relevait à mes yeux de la facétie fantaisiste. J’ai donc quitté ce domaine que je jugeais bien trop paradoxale.

Néanmoins m’avançant dans la lecture de ce pavé de 873 pages paru chez Stämpfli Éditions, je ressens le même intérêt qui était le mien à vingt, c’est passionnant, même si l’époque ne paraît guère propice à considérer que ce champ naturel, positiviste ou sociologique soit d’un quelconque intérêt puisque Poutine, Trump, les Mollahs ou Bibi le foulent au pied avec une déconsidération telle pour le droit international que l’on devine qu’à l’ordre de la loi succède le temps de la force et du n’importe quoi. Mais Samantha me passionne presqu’à l’insu de mon plein gré.

Et j’ose aujourd’hui cette incartade dans le champ du droit international parce que j’y découvre par le hasard d’une lecture très attentive une pépite méchamment facétieuse que je veux partager.

Dans le chapitres traitant des sujets de droit international public, la Professeure Besson, qui enseigne aussi au Collège de France s’intéresse brièvement au statut des sujets « quasi-étatiques », soit des sujets de droit international public en émergence, – oui, en émergence -. L’identité de ces sujets affirme l’auteure est floue et dynamique.

Floue et dynamique.

Et ce qui m’a fait sourire c’est l’exemple choisi par Samantha. Appartiennent donc à cette catégorie émergente la paire floue et  dynamique constituée simultanément par la Palestine … et le Saint-Siège.

Si le Saint-Siège n’est qu’un sujet flou, ce qui me paraît peu compatible avec la réalité religieuse nette du Vatican, et dynamique, contradictoire avec l’esprit statique du Vatican, et qu’il n’a pas progressé au sein de l’ONU, on pressent que le Hamas et Israël, c’est autre chose, donc effectivement des entités très floues, – pour des motifs différents -,  et d’un dynamisme guerrier inquiétant pratiquant leurs « rites » en terre sémite.

Ces deux quasi sujets de droit international n’ayant pas de forces armées à leur disposition pourraient donc se précipiter ensemble chez le secrétaire général des Nations Unies et requérir que la qualité pleine et entière de sujets de droit international leur soit reconnue dans un même élan pour la paix.

Ce vœu pourrait vain et pieux tant l’ONU a été un lieu de désagrégation morale et juridique ces derniers temps. Je peux ainsi persévérer dans la lecture de cet ouvrage et ne pas m’inquiéter trop de ces longueurs administratives inscrites dans un paragraphe qui aura laissé aussi indifférent certains étudiants que l’ont été les membres du conseil de sécurité à l’égard des enfants et des malades bombardés à Gaza.

Est-ce là un élément de la reproduction sociale des élites actives en droit international ? Je poserai prochainement cette question à un ambassadeur !

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

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