Verbiergate. Au pays des samouraïs (I). Savoir ne rien voir

24 août 2025

 

A. SAVOIR NE RIEN VOIR

 

Ma fille Jade est au pays des samouraïs. Depuis le Japon, elle partagera avec nous à travers ses photographies, et qui sait quelques textes et chroniques personnels, ses impressions.

Dans le même temps et pour la même période, me suis-je dit à moi-même, je vais partager avec elle et avec vous quelques situations du Verbiergate qui vous convaincront qu’un Ours du Châble a traversé en terre bagnarde et valaisanne des aventures aussi captivantes et étranges que peuvent être celles des vacanciers de Verbier en terre nippone. Et celle que j’introduis dans la toute première partie de ce périple dit à quel point au pays des fonctionnaires on peut tricher sans vergogne.

Or donc voici Gabriel Luisier confronté à une décision de licenciement qu’il croit avoir été prise dans un premier temps en 2016. À la suite d’une révélation hasardeuse, il décide d’initier sans le soutien d’un avocat un recours contre une décision de refus de reconsidération prise par la commune de Bagnes.

Le recours est adressé au Conseil d’État. Cette écriture parvient à la chancellerie qui le communique pour traitement au service des affaires intérieures et communales de l’État du Valais qui doit préparer un projet de décision à l’attention du Conseil d’État.

Le résultat négatif de la procédure ne surprendra personne en 2025.

En 2018, l’Ours, ébahi par ce qu’il venait d’apprendre et qui sera conté plus tard, s’en va consulter le dossier chez le chef du service des affaires intérieures et communales de l’État du Valais. Son nom que tout le monde connaît sera ici caché et conservé au frais pour la suite de ces aventures. Que constate Gabriel Luisier en prenant connaissance du dossier qui lui est remis personnellement par l’Évolénard ?

Je laisse poindre un instant un léger suspense pour dans l’intervalle vous indiquer que cet élément procédural formel est choisi comme ouverture à cette chronique intime japonaise parce que Gabriel Luisier a été – et est toujours – légitimement ébahi par ce qu’il a vu. À ses yeux, un serviteur de l’état de droit ne peut pas faire pire. Je vous avoue que selon moi il se trompe comme le démontrera les jours suivants la suite de mon feuilleton.

Bon, je ne vais pas vous faire languir plus longtemps. Qu’a vu dans ce dossier fondant la décision du conseil d’État Gabriel Luisier ? Ou plutôt que n’a-t-il point vu ?

Dans ce dossier déposé devant lui ne figurait pas dans la documentation la propre décision communale de refus de reconsidération.

Ainsi le Service des affaires intérieures et communales de l’État du Valais a proposé au conseil d’État de rejeter le recours de Luisier sans avoir disposé du contenu de la décision du conseil communal !

On devine déjà que des serviteurs de l’État savent le cas échéant faire fi de leurs devoirs pour défendre cette chose qui se situe hors de l’état de droit : la commune de Bagnes.

Personnellement, j’appelle ça, se faire hara-kiri.

 

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

2 thoughts on “Verbiergate. Au pays des samouraïs (I). Savoir ne rien voir”
  1. C’est sous le soleil de Skopje, non pas qu’il lui appartienne plus qu’à Tokyo ou à Sion, que je compulse ce nouveau feuilleton lettré. Et je me demande si nous auront le droit à quelques photos de tsuki-no-wa-kuma pour lier les deux histoires. Mais qu’est-ce donc ? Google vous donnera une image, alors que son traducteur vous étonnera dans son incapacité à traduire le mot tout en vous faisant sourire, car n’est-ce pas le chemin qu’empruntent les lanceurs d’alerte en Valais.

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