UN JUGE VIOLE UNE STAGIAIRE ET ÉCHAPPE À LA PRISON

5 novembre 2025

Un juge viole sa stagiaire… et échappe à la prison : la Suisse sous le choc

Le jugement a fait l’effet d’un séisme judiciaire. Le Tribunal des Grisons a reconnu coupable l’un de ses propres magistrats d’avoir violé une jeune stagiaire en novembre 2024 — mais l’a condamné à 28 mois de prison avec sursis, lui évitant ainsi une seule journée derrière les barreaux.

L’affaire, révélée dans un jugement de 139 pages, soulève une onde d’indignation à travers tout le pays. Les faits sont glaçants : lors du viol, l’homme aurait lancé à la victime cette phrase sidérante —

« Tu trembles sûrement parce que ça t’a plu. »

Un verdict « incompréhensible »

Malgré des éléments accablants et la reconnaissance explicite des violences, le tribunal a estimé que certaines circonstances atténuantes justifiaient une peine sans exécution ferme. Une décision que même des juristes chevronnés jugent incompréhensible, faute de fondement clair dans la motivation du jugement.

« On ne comprend pas comment un viol reconnu peut se solder par un simple sursis », s’indigne une avocate citée par Blick. Le verdict est d’autant plus dérangeant qu’il concerne un homme de justice, censé incarner la rigueur morale et le respect du droit.

Une victime livrée à elle-même

La jeune femme, stagiaire à l’époque des faits, a témoigné d’un climat de terreur psychologique et de domination. Craignant pour son avenir professionnel, elle n’a pas osé dénoncer immédiatement les faits. Ce n’est qu’après plusieurs mois qu’elle a déposé plainte, soutenue par un réseau d’amies.

Une justice à deux vitesses ?

La clémence de la peine ravive un sentiment d’impunité dans les sphères judiciaires. Comment la justice peut-elle être crédible lorsqu’elle protège l’un des siens ? Le Blick rappelle que le juge grison a été suspendu, mais reste en liberté — sans qu’aucune mesure disciplinaire ferme n’ait encore été annoncée.

L’opinion publique, elle, ne décolère pas. Sur les réseaux sociaux, les réactions fusent : « Si c’était un ouvrier, il serait en prison depuis longtemps. »

Une question brûlante

Ce jugement pose une question plus large : le viol est-il jugé différemment lorsqu’il est commis par un juge ?

À lire le verdict, la réponse semble tristement évidente.

 

Référence :

Le Blick, le 31 octobre 2025, p. 5

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

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