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Carole Gollut Cuénoud (merci à elle pour toutes ses splendides clichés)

Un incendie. 40 morts. 119 blessés. Une jeunesse atteinte au-delà du supportable. Une émotion internationale. Une société locale déjà fracturée. Et une question : qu’y avait-il de judicieux à entreprendre sans délai sur le plan judiciaire ? Et la réponse à donner à cette question n’est pas simplement ancrée dans les règles dont l’application concrète a souvent sa source dans des sensibilités différentes selon les individus. Dans le cas concret peuvent ou doivent être mises en discussion des sujets brûlants :
1. L’audition des tenanciers à titre de tiers destinés à fournir des renseignements pouvait être évitée et remplacée dès le premier jour par une mise en examen.
2. Les conditions d’une mise en détention préventive, encore refusée au moment où j’écris ces lignes, étaient données ab inition : a) la gravité des conséquences de l’incendie pouvaient dicter déjà en soi cette mesure; b) la protection des exploitants vis-à-vis de tiers courroucés; c) le risque de fuite lié au fait que les prévenus d’aujourd’hui ont la nationalité française et que la France n’extrade pas ses ressortissants; d) le risque indéniable de collusion (entre les deux prévenus, avec les artisans, le personnel de sécurité, les autorités communales, etc.); on ne comprend que cette condition m’ait pas été analysée avec acuité dès le premier instant; e) l’émotion politique et sociale nécessitait une mesure emblématique qui est dans le pouvoir du ministère public qui en use et en abuse dans maints autres dossiers bien moins graves que celui du Constellation Bar Case.
3. Des perquisitions au domicile des prévenus, dans les bureaux de la municipalité et même au siège des compagnies d’assurances et des sociétés d’exploitation devaient être envisagées, de même que dans les service du feu cantonal et communal.
4. La saisie de tous les états comptables des sociétés d’exploitation pour déterminer par exemple si les gérants à titre privé avaient réellement ou non fait des aménagements, des acquisitions ou des rénovations pouvant avoir influencé la situation qui a éclaté le premier janvier.
5. Des perquisitions dans les bureaux de l’administration communale directement par la police sans attendre le transport volontaire d’une partie des pièces administratives par la commune, avec préservation des archives informatiques.
6. Le blocage « prévisionnel » des comptes des prévenus et des sociétés d’exploitation dans un but de préservation des créances compensatrices futures éventuelles en laissant le soin aux parties de s’opposer auprès de l’autorité de recours.
7. Le blocage immédiat de l’indemnité d’assurance, – de deux millions m’a-t-on dit -, lié à la réparation du dommage total subi par le bar.
8. Une autorisation générale immédiate de participation à l’enquête pour toutes les parties civiles.
9. La participation de la vice-présidente et du président de la commune de Crans-Montana eût dû être évitée, dès l’instant où la responssbilité de la corporation publique pouvait être engagée. On ne comprend pas que personne au sein des participants à la conférence de presse initiale n’ait considéré cet élément de nature à provoquer des incompréhensions néfastes.
10. Last but not least, la communication aux familles des victimes du nom de trois avocats en cheville directe ou indirecte avec les institutions est objectivement bien plus qu’une « erreur », c’est une faute symptomatique d’un fonctionnement incestueux des institutions valaisannes.
Et, cerise sur le gâteau, l’Ordre des Avocats Valaisans dans un communiqué à fin préventive requiert de la retenue de ses membres dans leurs déclarations ciblant manifestement Me Sébastien Fanti, un trublion compétent, et le responsable de L’1Dex ciblé depuis des années par des autorités protégeant de très grands coquins qui, si l’état de droit fonctionne aussi dans les célèbres stations touristiques devront être très prochainement mis en examen.
Mais en Valais, au grand dam de nos amis italiens, rien n’est certain sous le soleil.
Merci de parler