
Crans-Montana : quand la justice trébuche sur les droits des victimes
Nouvelle secousse dans la procédure ouverte après le drame de Crans-Montana. Alors que les familles endeuillées peinent encore à obtenir des réponses, un e-mail envoyé par la police cantonale valaisanne a ravivé la colère et semé le doute sur la neutralité de la justice.
Dans ce message, adressé à plusieurs proches des victimes, figuraient les noms de trois avocats valaisans « recommandés » pour regrouper les plaintes. Une initiative qui soulève un malaise profond : comment les autorités peuvent-elles orienter les plaignants vers des défenseurs, alors même que l’indépendance des parties devrait être sacrée ?
Une proposition qui tombe mal
L’affaire a éclaté quand l’avocat genevois Romain Jordan, déjà mandaté par plusieurs familles, a découvert que ses clients avaient reçu ce courriel. Dans un message adressé à la police cantonale, il fustige une démarche « problématique » et potentiellement « illégale ». Pour lui, si le Ministère public est à l’origine de cette initiative, « la frontière entre accompagnement et ingérence est clairement franchie ».
En coulisses, la question de l’impartialité du parquet valaisan, déjà critiqué après la mise à l’écart des plaignants lors des auditions, revient avec insistance.
Le bâtonnier tempère, mais s’inquiète
Interrogé, le bâtonnier des avocats valaisans, Gonzague Vouilloz, très proche par ailleurs des milieux institutionnels valaisans, tente d’apaiser sans minimiser. « Il s’agit, je crois, d’une maladresse », concède-t-il. Mais l’avocat le rappelle : chaque victime doit pouvoir choisir librement son conseiller juridique. « Je suppose que cette démarche partait d’une bonne intention, celle d’aller vite… mais c’est un peu naïf. »
D’autres avocats sont beaucoup plus virulents et brandissent déjà la nécessité du dépôt d’une plainte et dénonciation pénale contre « inconnus » qui auraient ainsi, le sachant pertinemment, violé le droit de la concurrence.
Le bâtonnier valaisan redoute que cette « erreur » ne laisse une trace durable sur une institution judiciaire déjà sous tension.
La procureure générale reconnaît une « maladresse »
Face à la tournure prise par l’affaire, la procureure générale Béatrice Pilloud reconnaît un faux pas. « C’est très maladroit », admet-elle. Selon elle, la démarche visait simplement à répondre aux familles en quête de conseils juridiques : « Cela partait d’une bonne intention, mais j’ai ordonné d’y mettre fin immédiatement. »
S’étant déjà prononcée sur l’élément intentionnel ou négligent de l’acte réellement commis, la procureure générale s’est déjà mise elle-même hors-jeu sur ce coup.
Les avocats les plus touchés par cet acte policier sont évidemment ceux qui ont toujours été très critiques sur le fonctionnement du ministère public valaisan et qui auraient dus être les premiers à manifester leur indépendance dans une situation si manifeste de conflits d’intérêts marqués. On se retrouve ainsi aujourd’hui dans une situation à l’extrême opposé à celle que doit préconiser un système judiciaire démocratique fondé sur la séparation des pouvoirs.
L’aveu sonne comme un mea culpa tardif, alors que le Ministère public est déjà pointé du doigt pour avoir restreint le droit des plaignants de participer aux auditions au nom de la « célérité ».
Des avocats pris au dépourvu
Les trois avocats mentionnés dans le courriel affirment n’avoir jamais approuvé ni même été informés de cette liste.
Ludivine Détienne, spécialiste du droit pénal, explique avoir simplement fait part de sa disponibilité en cas de besoin : « Je n’étais évidemment pas au courant de l’utilisation de mon nom. »
Même surprise du côté de Basile Couchepin, président du Conseil de la Magistrature : « Je n’ai jamais été informé d’une telle démarche, que je réprouve totalement. »
L’avenir – rapproché pour ceux qui continueront à lire L’1Dex dont l’indépendance absolue par rapport aux pouvoirs institutionnels n’est plus à prouver depuis le 1er mai 2011 – dira si ces réactions sont de circonstance ou totalement vraies.
Vers des plaintes en cascade ?
Selon nos informations, certains avocats laissés à l’écart de la procédure envisagent désormais de déposer des plaintes et des dénonciations formelles. Ils pointent non seulement une atteinte au libre choix du mandataire, mais aussi une possible violation du secret professionnel et du principe d’égalité de traitement entre défenseurs. Si ces démarches se concrétisent, elles pourraient ouvrir un nouveau front judiciaire — cette fois contre l’institution elle-même. L’1Dex peut l’affirmer : il ne s’agit pas de suppositions mais de décisions déjà prises qui seront concrétisées dès la semaine prochaine.
Une justice sous pression
L’épisode ne tombe pas au meilleur moment. Selon le pénaliste Alain Macaluso, qui n’est pas suivi par tous les juristes sur ce coup, la situation pourrait obliger à reprendre toutes les auditions — une perte de temps qui contredirait précisément la volonté d’aller plus vite.
Entre bonne intention, confusion de rôles et précipitation, un constat s’impose : la machine judiciaire valaisanne semble s’être prise les pieds dans son propre zèle. Aucun lecteur de L’1Dex ne sera surpris par cette constatation surgissant aujourd’hui dans tous les médias valaisans et romands comme si ceux-ci découvraient aujourd’hui à la face du monde la qualité de la justice pénale valaisanne si critiquée par mon ami – et celui de Me Sébastien Fanti reçu ces jours-ci par tous les médias du monde – Le bienheureux Éric Voutaz – qui a choisi de quitter notre monde non sans s’être exprimé jusque dans son testament sur son désespoir à ne pas avoir été entendu par une justice pénale gravement défaillante et protectrice envers des élus et conseils locaux. Le Cas Sembrancher est en mains d’ailleurs, heueuse coïncidence, de la procureure générale qui, déchargée de l’instruction du Constellation Bar Case, pourra ENFIN dresser un acte d’accusation contre des « importants » dont on connaît largement les actes depuis que ceux-ci ont été révélés ici même sans que quiconque ne s’offusque que l’acte d’accusation ne soit pas encore dressé depuis le 4 avril 2020.
Et pendant que les institutions s’expliquent, les familles, elles, attendent toujours justice. Qui va leur dire qu’au rythme appliqué par la justice pénale valaisanne ce n’est pas demain la veille que les responsables, tous prévenus présumés innocents, élus compris, seront jugés sur la place publique.
À moins que les remèdes de cheval mis en avant depuis des années par L’1Dex ne soient appliqués avec force par de vraies autorités.
Post Scriptum :
Il n’y a strictement aucune raison que le visage de l’avocat suisse le plus critique – réellement et non par pure posture – à l’égard de la justice pénale valaisanne ne soit pas reconnu par ceux-là mêmes qui recherchent vraiment un chemin vers une vraie justice.
C’est le lieu de recommander à tous les jeunes confrères et à tous ceux qui sont attirés par la justice pénale de lire en urgence ce magnifique livre de Me Jacques Vergès, Dictionnsaire amoureux de la justice, paru aux éditions Plonger.
À ce stade, le laxisme est un fait, la célérité est une excuse, les interdictions ou non-transparence des auditions sont un abus de pouvoir. Mais je suis en droit de me demander une chose, est-ce que Canal 9 demande les interviews aux fonctionnaires, ou bien ceux de l’État leur propose d’en faire dans le but de pouvoir se justifier sur le critiques négatives qui pleuvent sur les autres médias ?
Maladresses…
Jetant un Blick du drame en confesse
On lui découvre moultes maladresses
De la procureure par le cas dépassée
A la commune non perquisitionnée
Aux suspects causals laissés libres
Décision unanimement hors calibre
Une communication trop lacunaire
Confinant un sentiment à bien plaire
Des plaignants exclus des auditions
Se posant de nombreuses questions
Aux conflits d’intérêt bien mal gérés
Avec trois avocats d’office suggérés
Exigeons des procureurs hors canton
Pourquoi pas procureure démission !
Avec toutes les maladresses commises et causées par la Procureure Générale (Mme Béatrice Pilloud) dès le début de l’instruction , je pense qu’elle devrait sortir par la porte de sortie de secours du Constellation qui malheureusement était fermée !